LGV Toulouse-Paris : le président du Conseil Economique Social d'Occitanie propose de faire payer les entreprises

Jean-Louis Chauzy, président du Conseil Economique Social et Environnemental Régional d'Occitanie. / © Thierry Villeger / FTV
Jean-Louis Chauzy, président du Conseil Economique Social et Environnemental Régional d'Occitanie. / © Thierry Villeger / FTV

Jean-Louis Chauzy, président du Conseil Economique Social et Environnemental Régional d'Occitanie et d'Eurosud Team, l'a annoncé ce mardi lors d'une conférence de presse : il y aura une Ligne Grande Vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse avant 2030 grâce au financement des entreprises.

Par Nathalie Fournis

Désenclaver le Sud-ouest de la France par une ligne à grande vitesse et relier les réseaux du Nord de l'Europe aux réseaux du Sud : un projet engagé il y a quarante ans et qui pourrait trouver son épilogue avant la fin 2030.
Selon Jean-Louis Chauzy, président du Conseil Economique Social et Environnemental Régional d'Occitanie, le chantier de la liaison à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse débutera en 2022.
 

La loi LOM (loi d'orientation des mobilités) promulguée  le 24 décembre 2019, donne de nouvelles compétences aux collectivités territoriales pour organiser de grands travaux structurants en ayant recours à l'emprunt.

Lors d'une interview, Jean-Louis Chauzy se félicite de cette oportunité offerte aux collectivités territoriales d'enclencher le projet de la LGV.

Depuis 25 ans de débats sur les grandes infrastructures en France, on a avec cette loi et pour la première fois, le modèle financier qui permettra de réaliser la LGV.

Les entreprises vont devoir payer

"L'Etat est riche de plus de 2 milliards de dettes et les collectivités n'ont plus les moyens de tout financer", constate Jean-Louis Chauzy, "alors la nouveauté, sur le modèle de financement du Grand Paris express, c'est de faire payer une taxe 100% dédiée au remboursement de l'emprunt, aux entreprises qui s'implanteront sur les zones d'activités de l'itinéraire du tracé de la LGV et qui bénéficieront de ses effets positifs."

"Le montant de cette taxe couvrira 60 % du budget global de la ligne, ça sécurise", annonce le président, "mais il faudra quand même trouver 7,5 milliards d'euros".

Les entreprises de son assemblée auraient donné leur feu vert, ainsi que les 13 chambres du réseau consulaire pour créer la première société de projets. 
"Il faudra bien sûr négocier en amont entre les régions, les grandes métropoles concernées et les entrepreneurs pour fixer le montant de cette taxe et limiter sa zone géographique."

2 ans pour être prêts

L'Assemblée nationale a voté en juin 2019 un amendement du gouvernement prévoyant la création de sociétés de projets de financement qui permettra aux collectivités d'organiser le financement et la réalisation des futurs travaux.

"On est fatigué par 25 ans de débats", dit Jean-Louis Chauzy, "la loi dit que par ordonnance signée par le président de la République, on a 24 mois à partir de décembre 2019 pour créer la société de projets, régler le problème de taxes et le périmètre géographique du contenu de cette taxe".

Avant 2030, probablement 2029, nous aurons une LGV à Matabiau pour aller à Paris en 3 heures 10.

Une aide nécessaire de l'Etat et de L'Europe

Les deux régions et les deux métropoles seront ensemble à Bercy pour négocier le financement. Une troisième étape sera peut-être requise : aller chercher à Bruxelles le co-financement nécessaire au bouclage du budget.
La LGV est un axe européen d'interconnexion et serait éligible à un financement d'environ 10% du budget global, soit près de 800 millions d'euros.

La présidente de la région Occitanie, Carole Delga est moins optimiste quant au feu vert de l'Etat. Depuis 2 ans et demi le projet est bloqué.

Voyez le reportage de Stéphanie Bousquet et Thierry Villeger :
 
LGV : Toulouse-Paris en 2029 en moins de 3 heures ? Possible selon le président du conseil économique social

Sur le même sujet

Les + Lus