Meurtre de Jérémy Roze à Toulouse : Hicham Ouakki à nouveau devant la cour d’assises de Haute-Garonne

La cour d’assises de Haute-Garonne examine cette semaine l’affaire qui a coûté la vie à un jeune étudiant en pharmacie. Jérémy Roze, tué en février 2011 à Toulouse. L’un des meurtriers présumés Hicham Ouakki est à nouveau jugé. 

Hicham Ouakki
Hicham Ouakki © V.Desplanche

Qui était Hicham Ouakki et qui est-il aujourd’hui ? La cour d’assises de Haute-Garonne examinait ce mardi sa personnalité, son profil psychologique.

Incarcéré depuis plus de dix ans pour le meurtre de Jérémy Roze, cet homme nie toujours avoir porté le coup de couteau qui a tué l’étudiant en pharmacie. C’était en février 2011 dans le quartier Saint-Michel à Toulouse. Jérémy Roze rentre d’une soirée avec des amis vers deux, trois heures du matin. Il est agressé par deux hommes. L’un d’eux le blesse mortellement avec un couteau.

Courtois, coopérant, respectueux

Driss Arab et Hicham Ouakki se sont toujours accusés l’un l’autre d’être le meurtrier. Condamné par deux fois à la perpétuité, Hicham Ouaki, grâce à un pourvoi en cassation, est jugé à nouveau par la cour d’assises de Haute-Garonne.  

L’enquêtrice de personnalité l’a rencontré il y a dix ans entre mai et juin 2011, quelques mois après les faits. Elle décrit un jeune homme (il a alors 18 ans) à la fois coopérant, courtois, respectueux, bavard et volubile. Très attaché à sa mère il a du mal à parler de son père décédé quand il avait quatorze ans. Un décès qui semble avoir accentué ses difficultés scolaires et ses actes délinquants. L’enquêtrice parle de quelqu’un qui avait besoin de se lier à l’autre et en recherche de cadre pour le sécuriser et le contenir.

"Vous mettez au centre des problèmes d’Hicham le décès de son père mais il avait des problèmes avant," dit l’avocat général.

-"Il vous a dit que l’année 2004, l’année de ses onze ans, il commet son premier vol ; il vous dit aussi, c’est l’année où j’ai eu ma première moto !"

-"Oui, reconnaît l’enquêtrice, c’était un peu l’enfant roi, il avait une place particulière auprès de son père avec parfois de la jalousie de la part de ses sœurs et le décès du père est venu aggraver les passages à l’acte et les comportements inadaptés".

Un expert psychologue et un expert psychiatre ont rencontré l’accusé à la prison de Seysses en février 2021.

La sincérité de l'accusé mise en doute

"J’ai un homme en face de moi tout à fait différent de celui que j’ai vu en 2011 à la prison de Tarbes," dit Alain Penin, le psychologue. "Un homme coopératif, disposé, aimable, qui s’exprime toujours aussi clairement ; celui que j’avais examiné en 2011 était méfiant, sensible à la trahison, particulièrement nerveux si l’on s’en prend à sa famille. Il évoque assez spontanément des regrets, parle des difficultés qu’il a rencontrées dans son évolution et reconnait ne s’être jamais adapté dans les structures socio-judiciaires. Il critique désormais son comportement, en disant qu’il était con et révolté il y a dix ans. Il sait qu’il mérite une peine mais il a le sentiment de ne pas mériter la perpétuité".

Tout au long de l’examen de personnalité, l’avocat général et les avocats de la partie civile semblent mettre en doute la sincérité de l’accusé. Maître De Caunes évoque l’habileté d’Hicham Ouakki et s’interroge sur ses regrets.

Il nie être l'auteur du coup de couteau

-"Il a dit, souligne l’avocat, c’est lâche, on a fait du mal à une famille qui a perdu un enfant, c’est bizarre non ? 

-"Je ne sais pas", répond l’expert psychiatre qui a également rencontré Hicham Ouaki en février dernier, "je vois ça comme quelqu’un qui nie être l’auteur du coup de couteau, cela ne me choque pas".

Demain mercredi la cour examinera les faits. Hicham Ouakki sera confronté à Driss Arab. Le verdict est attendu vendredi.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société