Négociations salariales sur orbite à Airbus Defence and Space Toulouse

A l’occasion des Négociations Annuelles Obligatoires, les revendications salariales s’expriment. D’autant que l’entreprise se porte bien même en temps de crise économique. L’action des syndicats en revanche diverge.

Piquet de grève ce matin devant l'un des deux sites toulousains d'Airbus Defence and Space
Piquet de grève ce matin devant l'un des deux sites toulousains d'Airbus Defence and Space © DR

Piquets de grève pour la CGT (3ème syndicat maison), « dialogue social » pour la CFE-CGC (syndicat majoritaire). En pleine négociations salariales annuelles, les techniques de revendication fluctuent chez le personnel du fabricant de satellites.

Pour le troisième jour consécutif, la CGT a pris l’option de débrayer et manifeste ce vendredi matin sur le rond-point à l’entrée de l’usine. « On nous propose 1,5 % d’augmentation annuelle. Ça ne couvre même pas l’inflation » s’indigne David Norroy.

Nos résultats ont contribué à sauver le groupe Airbus

David Norroy, représentant vie sociale CGT

Et le Représentant de la Vie Sociale CGT de rajouter que « nos résultats ont contribué à sauver le groupe Airbus. La direction évoque la crise du Covid mais on a plus de 16 satellites provisionnés pour les années à venir et nos carnets de commande n’ont jamais été autant remplis ».

Côté service communication, on qualifie le mouvement de « grève préventive », "de bonne guerre" en période de Négociations Annuelles Obligatoires. « Elles sont sur le point de se finaliser » nous assure-t-on. « Les équipes ont dû se réorganiser mais aucun blocage de production n’est à relever ».

Quel impact sur la production ?

Ce n’est pas l’avis de la CGT. « Pas besoin d’être nombreux pour bloquer la production » assure José Paté. « Demain, c’est le 1er mai, donc en tout, il y aura eu trois jours et demi de planning perdus » annonce le délégué syndical. « Opérateurs, ouvrier, techniciens, nous sommes une quarantaine en grève sur les 150 qui travaillent en salle blanche (NDR : où sont assemblées les satellites) ».

Au-delà des Négociations Annuelles Obligatoires, les syndicats dénoncent des salaires trop bas en production. « Certains gagnent moins de 1800 euros par mois » affirme David Norroy. « Nous demandons une augmentation mensuelle de 100 euros brut » explique le syndicaliste CGT.

On note une augmentation de salariés qui se font débaucher 

Thierry Prefol, délégué syndical central CFE-CGC

Le problème est également soulevé par la CFE-CGC. « Il n’y a eu aucune mesure spéciale pour les jeunes ces dernières années. Nous sommes en train de l’obtenir » rassure Thierry Prefol. « Mais en attendant, c’est vrai qu’on note une augmentation de salariés qui se font débaucher » reconnaît le délégué syndical central.

De son côté la CGT dénonce des conditions de travail qui se dégradent. « Nous avons des outils informatiques complexes pour des activités très simples. Ça rajouté au stress et aux horaires décalés, les arrêts maladie se multiplient » décrit José Paté.

Reprise des négociations mardi

Le syndicat majoritaire a lui aussi constaté ce problème et a lancé un sondage auquel ont répondu 650 salariés sur les 4000 des deux sites toulousains. LA CFE-CGC demande qu’ «un plan d’action soit mis en place pour faire évoluer les outils informatiques ». « Mais de là à se mettre en arrêt maladie » tempère Thierry Prefol.

Le délégué syndical central CFE-CGC a demandé avec Force Ouvrière un rendez-vous à la direction. « L’enveloppe globale des NAO a effectivement du mal à évoluer » reconnaît-il. Une nouvelle réunion de négociation est prévue mardi prochain. Les salariés grévistes ont prévu de reprendre leur mouvement ce jour-là.

 

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