Opération ratissage des “algues” vertes au Port-Saint-Sauveur à Toulouse

Port-Saint-Sauveur à Toulouse, on pourrait presque se croire en Bretagne. / © Michel Labonne / MaxPPP
Port-Saint-Sauveur à Toulouse, on pourrait presque se croire en Bretagne. / © Michel Labonne / MaxPPP

Une opération de nettoyage du Canal du Midi a débuté côté Port-Saint-Sauveur. Avec le réchauffement des eaux, les plantes vertes aquatiques se multiplient rapidement et dérange la navigation de plaisance.

Par Pascale Conte

Sur les côtes du littoral Atlantique, ce type d'opération de nettoyage d'algues vertes est classique avant la période estivale. A Toulouse, c'est un peu moins fréquent. Pourtant chaque année, avec le réchauffement des eaux, les canaux ou la Garonne sont tapissés de plantes vertes aquatiques envahissantes qui colonisent les rives. Depuis hier et jusqu'à fin juillet une entreprise locale spécialisée va ratisser manuellement les abords du Canal du Midi, du côté du Port-Saint-Sauveur.

Des algues mais pas seulement


Mais attention, il ne s'agit pas de la même espèce botanique d'algues vertes que sur les plages océanes. Les responsables aquatique sont des plantes aquatiques et pas seulement des algues. Elles ont pour jolis noms : Ceratophyllum ou d'autres algues Chloroque ou encore des macrophytes aquatiques. Elles ne possèdent pas de racine et il est courant de la voir et s'agrippent aux bateaux et péniches. Le Cornifle submergé (Ceratophyllum sp.)est une plante à fleurs flottante du canal, faiblement enracinée dans le sol et fleurit à la surface de petites fleurs blanches.

En ce qui concerne les algues ce sont des algues vertes filamentauses qui prolifèrent naturellement à des endroits bien ensoleillés, en eau plutôt dormante et d'une bonne température (plus de 10°). Elles se développent d'autant plus facilement que le milieu est riche en azote, phosphore et silice entre autres.

L'avis de Boris Presseq, botaniste au Muséum de Toulouse


"La richesse en azote du milieu aquatique à Toulouse provient pour l'essentiel des activités humaines diverses autour et sur le canal. Même chose pour le phosphore qui est issu des nombreux phosphates que nous rejetons. Les orages et pluies de ces derniers mois ont largement lessivés les sols aux abords immédiats du canal et ont emporté dans l'eau : excréments de chiens et pigeons, oxydes d'azote des gaz d'échappement et nitrates de l'eau de pluie elle-même.Tout est donc réuni en ce moment au Port-Saint-Sauveur pour que les algues continuent de proliférer. Inutile donc de trouver une solution chimique qui déséquilibrerait encore davantage le milieu. Seule solution à court terme : attendre le refroidissement de l'eau avec l'hiver et pour le long terme, enherber les berges (nues à ces endroits car elles facilitent le ruissellement) puis les boiser pour ombrager l'eau. 
Ces algues ne sont pas sales, elles font bien sur partie de la biodiversité et leur prolifération est très saisonnière
".

Un désherbage manuel


L'arrachage de ces plantes vertes aquatiques est délicat car s'il est mal fait les spores de la plante se libèrent dans les eaux et multiplient l'espèce. Dans certains cas, elles peuvent bloquer les hélices et endommager le moteur des bateaux ou péniches. Voies Navigables de France et les professionnels de la batellerie comme le Réseau Fluvial Toulousain dénoncent chaque année cette prolifération et sont satisfaits de cette opération "eau douce propre". Elles vont terminer leur vie au compost. Plus préoccupant pour les défenseurs de l'environnement, les déchets (mégots, bouteilles, plastiques divers...) d'origine humaine dévastent les berges et les rives de la Garonne ou du Canal du Midi.

Sandrine Mörch et Jack Levé se sont rendus sur place :

DMCloud:86235
Les algues retirées du Port-Saint-Sauveur




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