Polémique: le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc accusé de Pink Washing lors de la journée mondiale contre l'homophobie

Pour la journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie, le maire de Toulouse a illuminé le Capitole aux couleurs du drapeau arc-en-ciel et apporté son soutien à la communauté LGBT. La déclaration fait polémique. Jean-Luc Moudenc a participé à la Manif pour tous en 2013.

Malgré son soutien affiché aux LGBT, la participation de Jean-Luc Moudenc à la Manif pour tous, il y a sept ans, ne passe toujours pas chez de nombreux membres de la communauté.
Malgré son soutien affiché aux LGBT, la participation de Jean-Luc Moudenc à la Manif pour tous, il y a sept ans, ne passe toujours pas chez de nombreux membres de la communauté. © Michel Viala - MaxPPP et Photo profil Facebook de Jean-Luc Moudenc.

"Retournement de veste". "Imposteur". "Pinkwhasing". Sous la vidéo publiée, lundi 17 mai pour la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, sur le compte tweeter du maire de Toulouse, les réactions sont vives. Parfois à la limite de l'insulte. Jean-Luc Moudenc y apporte pourtant son "soutien à la communauté" afin de "lutter contre l'homophobie en particulier mais aussi contre l'ensemble des préjugés et des violences".

Mais l'élu Les Républicains n'arrive pas à se défaire d'une image vieille de sept ans, maintenant. Celle où celui qui n'était pas encore maire de la ville rose, mais député, défile au premier rang de la Manif pour tous, le 5 mai 2013. Une participation "personnelle" au cours de laquelle Jean-Luc Moudenc se serait battu "contre la méthode" et "non sur le fond" du débat concernant le mariage pour tous, certifient alors ses proches

"Ni oubli ni pardon"

Une fois arrivé au Capitole, quelques mois plus tard, le nouveau maire tentera de renouer le dialogue avec communauté homosexuelle de Toulouse, comme le rapportait France 3 Occitanie dans cet article : 

Des attaques dont s'offusque Fella Allal, conseillère municipale déléguée en charge de la lutte contre les discriminations : "Ceux qui s'indignent aujourd'hui du positionnement de Jean-Luc Moudenc dénonceraient son silence s'il avait choisi de se taire, répond l'élue. Chercher des polémiques à l'occasion d'une journée comme le 17 mai, c'est tenter d'évincer le vrai sujet qui n'est autre que la lutte contre les discriminations. Tout cela n’est qu’une agitation de collectifs extrémistes.(...) Chacun sait que Jean-Luc Moudenc assume son positionnement d’il y a bientôt 10 ans.  Signe qu’il refusait déjà l’inégalité de droits, il s’était d'ailleurs prononcé, à l'époque, pour un dispositif équivalent au mariage en matière de droits patrimoniaux, tout en maintenant cette institution elle-même aux couples hétérosexuels."

Ils sont pourtant beaucoup à dénoncer cette participation de Jean-Luc Moudenc lors de cette mobilisation en 2013, comme le montre les nombreux tweets publiés à l'encontre de l'édile toulousain, ce 17 mai, en réaction à son message.

Une figure de la Manif pour tous comme adjoint

"Il y a les paroles de Jean-Luc Moudenc mais on attend toujours les actes, dénonce Thom, militant d'Act-Up Sud-Ouest. Je n'oublie pas qu'il a manifesté aux côtés de la droite la plus réactionnaire qui soit, aux côtés également des catholiques intégristes. Aujourd'hui, il essaie de faire bonne figure alors qu'il s'affiche avec des homophobes. En 2013, suite à ces manifestations il y a eu une augmentation de 70% des violences anti-LGBT. Cela a eu énormément de conséquences sur le suicide des jeunes homosexuels ou sur la lutte contre le sida."  

A ceci s'ajoute la nomination au poste d'adjoint à la mairie de Jean-Baptiste De Scoraille, figure toulousaine de la Manif, mais aussi des propos homophobes d'un collaborateur du groupe de l'ancienne majorité municipale à l'encontre du candidat d'Archipel Citoyen, Antoine Maurice, lors des dernières élections municipales. 

"Jean-Luc Moudenc est souvent dans une forme de dualité dans sa politique, estime Antoine Maurice (EELV). Son positionnement sur l'homophobie en est une illustration. Il communique sur la lutte contre l'homophobie mais il une action municipale à minima sur ce sujet."

Un manque de soutien ressentit notamment dans la baisse globale des subventions municipales de 25% aux assocations toulousaines qui a notamment accéléré la disparition de certaines structures.

Des reproches balayés par Fella Allal : "A Toulouse, aucun incident n'a été déploré lors de la célébration des mariages. Le soutien aux associations a toujours été renouvelé et une relation de travail confiante et constante s’est construite. Des permanences sont organisées à l'Espace Diversités et des campagnes anti-discrimination ont régulièrement été menées par la Mairie. Le travail avec les acteurs constructifs est fructueux."

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