#SciencesPorcs : à l'IEP de Toulouse, "Pourquoi Juliette, n'a pas pris contact avec nous ? C'est un vrai aveu d'échec"

Depuis la création du hashtag SciencesPorcs, les témoignages de violences sexuelles commises au sein des IEP se multiplient. Face à ce phénomène d'ampleur, celui de Toulouse vient de créer une cellule d'écoute pour les victimes ou témoins de ces actes. 

Les locaux de Sciences Po Toulouse rue des Puits creuses
Les locaux de Sciences Po Toulouse rue des Puits creuses

Le témoignage de Juliette, étudiante à Sciences Po Toulouse et violée en 2018 par un de ses camarades de promotion a permis à des dizaines d'autres victimes de sortir de leur silence. Sur la toile leur témoignages sont devenus viraux grâce au hashtag #SciencesPorcs. 

"Pourquoi Juliette, n'a pas jugé bon de prendre contact avec nous ? C'est un vrai aveu d'échec. Juliette c'est l'arbre qui cache la forêt", regrette Adeline Moog, professeur et chargée de communication à l'IEP de Toulouse. 

Depuis 3 ans, il existait pourtant un dispositif permettant aux étudiant(e)s victimes ou témoins d'abus sexuels de les signaler. Il n'a jamais été utilisé par les élèves. 

Une boite vocale pour recevoir des messages anonymes 

Suite à l'affaire de Juliette et face à l'ampleur du phénomène #SciencesPorcs, Sciences Po Toulouse vient de lancer en début de semaine une cellule d'écoute complètement repensée.  

Désormais, une boite vocale peut accueillir les messages anonymes des étudiants. Personne ne répond à l'autre bout du téléphone. L'objectif : laisser la parole se libérer. 

"Les étudiants ont la possibilité de laisser leurs coordonnées ou non, de décliner leur identité ou non", explique Adeline Moog.  

A la tête de cette nouvelle cellule d'écoute, Christine Mennesson, sociologue spécialiste des questions de genre. 

Je connaissais bien l'ampleur des violences faites aux femmes mais j'ai été interpellée par la gravité des faits et le caractère massif de ce phénomène

Christine Mennesson, sociologue et professeur à l'IEP de Toulouse

 

Une nouvelle adresse mail associée à la ligne téléphonique est également en service depuis quelques jours, avec pour seul interlocutrice Christine Mennesson. 

"Avant, c'était un homme qui gérait l'adresse électronique du dispositif d'écoute, c'était une erreur, les étudiantes n'étaient pas en confiance", estime la sociologue. 

Sociologue mais pas psychologue. Christine Mennesson et la petite équipe qu'elle a regroupée autour vont recevoir une formation pour assurer l'écoute, l'accompagnement et l'orientation des victimes. 

Des étudiants formés pour sensibilisés leurs camarades 

Reste maintenant à s'assurer que la cellule soit cette fois utilisée par les élèves de l'IEP de Toulouse. Pour cela, dès la fin de cette semaine, l'ensemble des étudiants et des personnels recevront une communication les informant de ce nouveau dispositif d'aide. 

Des étudiants vont être également formés pour réaliser un travail d'information et de sensibilisation auprès de leurs camarades.  

"Mais tout cela n'aura de sens que si parallèlement nous mettons en place une politique de prévention auprès de nos élèves pour lutter contre ces violences sexuelles", conclut la responsable de la cellule d'écoute. 

Cellule d'écoute IEP Toulouse

Vous pouvez écrire, anonymement ou non, à l’adresse : ecoute-violences@sciencespo-toulouse.fr

Vous pouvez aussi laisser un message, anonymement ou non, sur la boîte vocale au 05 61 11 18 61 
La chargée de mission lutte contre les violences et les propos discriminatoires vous contactera si vous indiquez vos coordonnées

La cellule d’écoute a un devoir de confidentialité pour protéger les personnes victimes ou témoins de faits signalés.

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