Témoignage. "Ça ne me ressemblait pas de me laisser aller" : après une dépression, il se lance pour défi d'escalader le Mont-Blanc en 24 heures

Publié le Écrit par Christine Ravier

Après avoir fait faillite pendant le COVID, Arnaud Girbal s'est lancé un défi de taille pour remonter la pente : partir de chez lui, de Villaudric (Haute-Garonne), à pied, pour réaliser ensuite l'ascension du Mont-Blanc en 24 heures.

Cet entrepreneur de 31 ans est passé par des moments difficiles. Après une faillite due à la crise COVID, il a décidé de reprendre les rênes et de se lancer un défi hors normes. Il est parti de son domicile en Haute-Garonne, ce mercredi 17 avril au matin, avec le Mont-Blanc dans le viseur. Il compte en faire l'ascension en 24 heures. Entretien d'avant départ.

France 3 : Pourquoi ce défi ? Qu'est-ce qui vous motive ?

Arnaud Girbal : Il y a quelques années, j'avais une entreprise de commercialisation de compléments alimentaires et j'ai fait faillite à cause du COVID. J'ai été en dépression pendant plusieurs mois et ça ne me ressemblait pas d'être comme ça. J'ai eu besoin du coup de me rebooster sur quelque chose, de me relancer des défis parce que, comme je suis ancien militaire, j'ai déjà connu des difficultés.

Du coup, je me suis lancé ce défi de faire ce parcours Villaudric-Le Mont-Blanc (comptez 600 kilomètres) en respectant des barèmes, soit 50 kilomètres par jour, puis gravir le Mont-Blanc en 24 heures. Mais c'est aussi pour montrer à mon fils qu'il ne faut jamais abandonner et que, malgré les difficultés, il faut toujours avancer.

France 3 : Pourquoi le Mont-Blanc ?

Arnaud Girbal : J'ai été alpiniste pendant plus de 10 ans. J'étais chasseur alpin au 7e BCA en tant que combattant, du coup j'étais chef d'équipe en haute montagne donc ça reste ma discipline. Ce sera ma première fois en haut du Mont-Blanc, mais j'ai fait beaucoup de 4000m quand j'étais chasseur alpin dont l'Aiguille Verte. C'est une application spécialisée dans les randonnées, les treks, qui va me guider.

France 3 : Dans quel état d'esprit vous êtes ?

Arnaud Girbal : Je suis très motivé parce que ça va faire un an et demi que je me prépare pour ça à un rythme de 5 à 6 heures par jour, donc ça commence à tirer. Tout le long de ma prépa, j'avais une motivation, c'était retrouver les sensations de quand j'étais à l'armée ou même avant. J'ai toujours été dans le dépassement de soi.

Je suis motivé comme jamais surtout par rapport à mon fils de 4 ans et demi. Il comprendra plus tard, mais c'est important. C'est quelque chose qui ne me ressemblait pas de me laisser aller, de ne plus faire de sport, de ne plus avoir aucune motivation. Je ne voyais pas où aller, mais de me remettre un défi, me remettre dans la difficulté dans quelque chose que j'aime, m'a rendu ma détermination.

France 3 : Vous partez combien de temps ?

Arnaud Girbal : A la base, je devais partir sur un ravitaillement tous les deux jours car j'ai un ami à moi qui est vidéaste et qui va faire un film sur moi et l'ascension du Mont-Blanc à mes côtés. Là, il est en train de faire un reportage d'une semaine dans l'Ariège donc je pars sur une autonomie d'une semaine.

Après j'aurai un sac plus léger pour pouvoir courir. Pour l'instant, je pars sur 17-18 jours mais dès que j'aurai un sac allégé, ça ira plus vite. Dans tous les cas, ce sera 50 kilomètres par jour. Après, il y a une acclimatation au Mont-Blanc qui dure entre 3 et 5 jours. Ce sera l'Aiguille du Midi où on va passer quelques nuits, mais on va aussi faire quelques sommets aux alentours. L'important, c'est de réussir cette acclimatation pour éviter les œdèmes pulmonaires, le mal des montagnes.

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