Toulouse : 70 emplois supprimés dans une filiale de Presstalis, pas de journaux dans les kiosques depuis la mi-mai

Le tribunal de commerce de Paris a prononcé le 15 mai dernier la liquidation sans poursuite d'activité de la SAD (société d'agences et de diffusion), filiale de Presstalis, la société chargée de diffuser journaux et magazines en France. 512 emplois sont supprimés dont 70 à Toulouse.

Seuls les magazines d'avril sont encore en kiosque.
Seuls les magazines d'avril sont encore en kiosque. © Guillaume Bonnefont/MaxPPP
Presstalis, le principal distributeur de presse en France, très endetté, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, le 15 mai 2020, évitant ainsi de justesse la fermeture. Mais ses deux filiales, la SAD (société d'agences et de diffusion) et la Soprocom, chargées de répartir journaux et magazines sur tout le territoire, n'ont pu être sauvées. Leur liquidation sans poursuite d'activité a été prononcée le même jour.

Appel ?

512 emplois sont ainsi supprimés à la SAD, dont 70 à Toulouse. "C'est une cessation immédiate", explique Philippe Gros, salarié de la SAD à Toulouse et délégué syndical CGT. "Et des licenciements cash. Nos indemnités vont être prises en charge par l'AGS [l'association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés, l'organisme qui garantit les créances des salariés en cas de faillite de leur entreprise, NDLR]. Des assemblées générales sont organisées aujourd'hui partout pour déterminer si on fait appel de cette décision de justice mais cela veut dire appel suspensif pendant 5 semaines, donc pas de salaires avant juin ". 

On est prié de vider nos vestiaires et nos bureaux

Le syndicat du livre-CGT (SGLCE)  dénonce une décision "incompréhensible". Des demandes de report avaient été déposées in extremis, le 14 mai, par la CGT et par la coopérative des magazines, le temps de préparer une offre de reprise des filiales locales. Mais le tribunal n'en a pas tenu compte. "Rien n'est à l'arrêt de manière définitive", assure Philippe Gros, "ça va se décanter mais dans quelles conditions ? Nous, en bout de course, on est déficitaire mais on n'est pas là pour être rentable, on est là pour donner du pluralisme dans les kiosques".

Reprise temporaire par des distributeurs indépendants

De son côté, Presstalis assure qu'il ne devrait pas y avoir de "longue interruption" de la distribution de la presse, qui pourra, dans un premier temps, être reprise temporairement par des distributeurs indépendants. Les zones de distribution des filiales liquidées devraient ensuite être redistribuées "à des dépositaires indépendants ou des nouveaux entrants", en donnant la priorité à ceux qui reprennent d'anciens salariés, a assuré Cédric Dugardin, président de Presstalis. 

En attendant, plus aucun journaux ni magazines ne sont livrés depuis le 11 mai dans les points de vente, à Toulouse et dans la région. Un coup dur pour les marchands de journaux : "Le problème, c'est que depuis huit jours, les gens viennent acheter leur journal et il n'y a rien. Ce n'est pas évident qu'ils reviennent. Pour ceux qui ne vendent que des journaux, il est quasiment impossible de se relever de cette situation", déplore Gérard Vidal, le président du syndicat des buralistes de Haute-Garonne. 

Une situation déjà compliquée pour les vendeurs

"Les retours d'invendus ne se font plus, et les prélèvements continuent, donc il y a de la perte", poursuit-il. Pour ce buraliste toulousain, comme pour la plupart de ses confrères, la vente des journaux représentent moins de 10 % du chiffre d'affaires mais cette absence des titres nationaux, magazines et autres programmes TV, produits d'appel, vient compliquer encore une situation déjà très tendue en raison de l'épidémie de coronavirus et du confinement. "Quand vous ne servez plus de cafés, que la vente des jeux baisse parce que les gens ne peuvent plus "stationner" dans le magasin et que vous n'avez même plus de journaux à vendre, qu'est-ce qu'il reste ?
Ceux qui vendent journaux et tabac s'en sortent évidemment mieux, la vente de cigarettes ayant augmenté d'au moins 30 % depuis la fermeture des frontières, assure Gérard Vidal.

La profession en appelle aux pouvoirs publics pour bénéficier d'un soutien fort car les 22 000 marchands sont "à nouveau menacés et poussés dans une situation précaire".
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