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Toulouse : l'avocat général requiert un non-lieu pour le suspect du meurtre de Patricia Bouchon

Coup de théâtre ce jeudi devant la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Toulouse : Laurent Dejean, mis en examen pour le meurtre de la joggueuse de Bouloc, faisait appel de son renvoi devant la Cour d'assises. Et le parquet a effectivement requis un non-lieu. Décision le 15 février. 
Des affiches avaient été placardée dans toute la région après la disparition de Patricia Bouchon en février 2011
Des affiches avaient été placardée dans toute la région après la disparition de Patricia Bouchon en février 2011 © MaxPPP
Le 15 février prochain, les magistrats composant la Chambre de l'instruction de la Cour d'appel pourrait mettre fin à 6 ans d'enquête sur la mort de la joggueuse de Bouloc (Haute-Garonne) Patricia Bouchon. Mais une fin en queue de poisson : car si les magistrats suivent les réquisitions que l'avocat général a rendues publiques ce jeudi 18 janvier, il n'y aura pas de procès. 

Le parquet requiert le non-lieu​

En effet, le suspect, mis en examen pour le meurtre et écroué depuis 2015, Laurent Dejean, faisait ce jeudi appel de l'ordonnance de renvoi devant les Assises prise par le juge d'instruction. Les débats contradictoires ont eu lieu devant la Chambre de l'instruction et au moment de requérir le parquet général a demandé le non-lieu. 

La décision de la chambre est en délibéré jusqu'au 16 février. Si les magistrats suivent les réquisitions du parquet, Laurent Dejean sera libéré, ne sera pas jugé devant une Cour d'assises et il faudra reprendre l'enquête à zéro pour retrouver le meurtrier de la joggueuse. 

Ça ne peut pas s'arrêter comme ça (la fille de Patricia Bouchon)


En attendant l'arrêt de la chambre de l'instruction, les avocats de Laurent Dejean restent prudents. Ils rappellent qu'il n'y a pas de témoins visuels du meurtre, que les traces ADN retrouvés sur le corps ne correspondent pas à celui de leur client, qu'il n'est pas passé aux aveux...  Quant à la Renault Clio blanche vue par des témoins près du lieu supposé du meurtre, elle n'a jamais été retrouvée.

La famille de Patricia Bouchon, présente à cette audience à huis-clos, a accueilli ce réquisitoire comme un coup dur : "Ça ne peut pas s'arrêter comme ça", a déclaré à la sortie de la Cour d'appel Carlyne Bouchon, la fille de la victime. 


Déjà suspecté en 2011

L'homme, connu pour des troubles psychiatriques, avait été suspecté en 2011. Finalement, il n'avait été interpellé et mis en examen qu'en 2015. La joggueuse de 49 ans avait disparu le 14 février 2011 après être parti faire son traditionnel footing à 4h30 du matin, dans le secteur de Bouloc. Son corps avait été retrouvé un mois et demi après, vertèbres et crâne enfoncés, un gant en latex enfoncé dans la gorge. Son meurtrier avait aussi essayé de l'étrangler mais aucun abus sexuel n'avait pu être mis en évidence.
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