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Toulouse : Laurent Dejean condamné à 20 ans de prison pour le meurtre de Patricia Bouchon

© Manon Billing/AFP
© Manon Billing/AFP

Vendredi 29 mars 2019, la cour d'assises de Haute-Garonne a rendu son verdict, après 5 heures de délibéré. Poursuivi pour le meurtre de Patricia Bouchon, en février 2011, Laurent Dejean a été condamné à 20 ans de prison. Les jurés ont retenu l'altération de son discernement au moment des faits. 

Par Marie Martin

Au terme de 12 jours d'audience, Laurent Dejean, poursuivi pour le meurtre de Patricia Bouchon le 14 février 2011 à Bouloc, a donc été condamné.

La cour d'assises de Haute-Garonne a rendu son verdict, ce vendredi 29 mars 2019. Laurent Dejean écope de 20 ans de prison, une peine atténuée du fait, selon la cour, de ses troubles psychiatriques. Il encourait trente ans de réclusion criminelle.

Les jurés ont décidé de ne pas suivre les réquisitions de l'avocat général. Qui avait requis la veille l'acquittement faute de preuve matérielle de la culpabilité de Laurent Dejean. 

Dans cette affaire, qui a fait grand bruit à l'époque dans la région toulousaine, il n'y avait pas d'aveux, pas de preuves matérielles, l'ADN n'a pas parlé, il n'y avait pas non plus de témoin direct du crime.

Mais un ensemble d'éléments a conduit les enquêteurs à retenir l'hypothèse Laurent Dejean, ce plaquiste de 39 ans, souffrant de schizophrénie et connu pour ses crises de colère. Et qui avait sombré dans une pathologie plus lourde, très peu de temps après la disparition de Patricia Bouchon. 

Le témoin-clé de l'affaire, Nicolas Gelis, qui a croisé une joggeuse puis une Clio blanche arrêtée au milieu de la route ce matin du 14 février 2011, avait permis d'établir un portrait-robot. Lequel a conduit à Laurent Dejean. Propriétaire d'une Clio blanche,  ce qu'il a nié pendant toute l'instruction. Avant de se rétracter au premier jour de son procès.  

Interpellé en 2015, Laurent Dejean a déjà passé quatre ans en prison, "pour rien" a-t-il dit plusieurs fois à l'audience. Celui qui aura 40 ans au mois de mai prochain a paru complètement abasourdi à l'énoncé du verdict. Ce matin, avant que le jury se retire pour délibérer, il avait été invité à s'exprimer, comme le prévoit la loi. "Non merci, monsieur le président", avait-il répondu.
Son avocat a immédiatement annoncé son intention de faire appel de ce verdict. 

La famille de la victime dit ressentir un certain soulagement. Christian Bouchon, époux de Patricia, a remercié les jurés, avec émotion. "Nous sommes sans haine ni vengeance. C'est un homme malade. On ne se réjouit pas". Avant d'ajouter qu'il pense à son épouse. "Nous sommes là pour Patricia et je suis heureux pour elle que son meurtrier soit condamné". 

Patricia Bouchon avait disparu, le 14 février 2011, alors qu'elle faisait son footing à Bouloc, à l'aube. Son corps avait été retrouvé par un chasseur 42 jours plus tard, dans une buse, à Villematier, à quelques kilomètres du lieu du meurtre.

Les grandes dates de l'affaire du meurtre de Patricia Bouchon

  • 14 février 2011 : disparition de Patricia Bouchon alors qu'elle fait un footing à Bouloc, vers 4h du matin.
  • 15 février 2011 : découverte d'effets personnels de Patricia Bouchon et d'une importante trace de sang dans une impasse de Bouloc ; lancement d'un avis de recherches.
  • 19 février 2011 : déposition de Nicolas Gelis qui a croisé Patricia Bouchon et une voiture suspecte le 14 février. Etablissement d'un portrait-robot.
  • 28 février 2011 : ouverture d'une information judiciaire contre X pour homicide volontaire.
  • 29 mars : découverte par un chasseur du corps de Patricia Bouchon à Villematier, à dix kilomètres de Bouloc.
  • 15 octobre 2013 : à la demande de la famille, diffusion du portrait-robot établi d'après la déposition de Nicolas Gelis le 19 février 2011.
  • 9 février 2015 :  mise en examen de Laurent Dejean (après deux gardes à vue, entre 2012 et 2015).
  • 18 janvier 2018 : saisi par Laurent Dejean qui clame son innocence et fait appel de son renvoi devant une cour d'assises, le parquet requiert un non-lieu, en l'absence de preuve formelle.
  • 16 février 2018 : la chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse va à l'encontre de ce réquisitoire et ordonne le renvoi de Laurent Dejean devant la cour d'assises de Haute-Garonne.
  • 14 mars 2019 : ouverture du procès de Laurent Dejean, jugé pour meurtre.

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