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Le parquet requiert l'acquittement de Laurent Dejean, le meurtrier présumé de Patricia Bouchon

© Manon Billing/AFP
© Manon Billing/AFP

Jeudi 28 mars 2019, au terme de deux heures de réquisitoire, l'avocat général a demandé l'acquittement de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon. Et ce, en l'absence de preuves.

Par Marie Martin

La culpabilité de Laurent Dejean est une hypothèse importante, sérieuse mais c'est une hypothèse. Voilà le résumé de la réflexion de l'avocat général, dans le procès de Laurent Dejean, accusé du meurtre de Patricia Bouchon, cette mère de famille tuée le 14 mars 2011, alors qu'elle faisait son footing à Bouloc, en Haute-Garonne.

Une hypothèse mais pas de preuves, l'avocat général requiert donc l'acquittement de Laurent Dejean. Il s'en est longuement expliqué. 

Dans un premier temps, il a démonté point par point le témoignage de Nicolas Gelis, ce témoin-clé qui a aperçu Patricia Bouchon puis un homme dans une Clio arrêtée au milieu de la route, ce matin du 14 février 2011. 
Trop d'incertitudes, trop de changements de version, trop d'approximation. Les témoignages humains souvent sont fragiles, explique-t-il. Celui-là en fait partie.

La personnalité de l'accusé, ensuite. Oui, il a des accès de violence, il souffre de schizophrénie, il se drogue. Mais pour l'avocat général, il n'a pas les capacités intellectuelles de cacher le corps de la victime, et surtout de résister à la pression d'une enquête.

Enfin, l'absence de son ADN sur le corps de Patricia Bouchon est un élément capital. Tout comme ces traces de deux ADN inconnus, jamais identifiés. 

"Est-il raisonnable de penser qu'un autre a pu commettre le crime ? Si ce n'est pas délirant, on est dans le doute raisonnable"...

Comme aux premiers jours de l'audience, l'avocat général a pointé les erreurs de l'enquête, qui a peut-être sous-estimé certaines pistes "qui valaient bien celle-là". 

Dans ce dossier, "je ne sais pas. Je ne sais pas", a-t-il martelé. 

"On ne requiert pas la probabilté quand on juge un homme qui risque trente ans de prison". L'hypothèse Dejean est sérieuse, étudiée, documentée mais elle est ne peut être soutenue imprudemment, au risque d'une erreur judiciaire.

Il est rare que l'avocat général, dans un procès d'assises, ne soutienne pas l'action publique, à savoir l'accusation mais cela arrive. Et ici, ce n'est guère une surprise tant l'attitude de l'avocat général l'avait laissé entendre, dès les premières auditions des enquêteurs. Au point que Christian Bouchon, mari de la victime, s'en était ému à la barre, dès le deuxième jour d'audience du procès devant la cour d'assises de Haute-Garonne de Laurent Dejean. 

 

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