Toulouse : le Conseil d'Etat donne une nouvelle fois raison aux opposants à Val Tolosa

C'est un nouveau revers pour les porteurs du projet de mega centre commercial Val Tolosa. Le Conseil d'Etat a confirmé la suspension d'un arrêté préfectoral sur les espèces protégées, confortant les opposants à ce projet dans leur combat. 

Par Laurence Boffet

Après avoir validé en janvier l'annulation du deuxième permis de construire de Val Tolosa, le Conseil d'Etat vient de donner une nouvelle fois raison aux opposants à ce projet de méga centre commercial aux portes de Toulouse. Il a confirmé le 25 mai 2018 la décision du juge des référés toulousain qui avait suspendu, en juillet 2017, un arrêté préfectoral portant sur les espèces protégées.

Véritable serpent de mer depuis près de quinze ans, Val Tolosa, initialement baptisé "Portes de Gascogne", prévoit l'implantation d'un immense centre commercial de près de 115 000 m2 sur le plateau de la Ménude, entre Plaisance-du-Touch, Colomiers et Tournefeuille, près de Toulouse. 
Ce projet porté par Unibail-Rodamco est vanté comme créateur d'emplois et de développement économique mais il n'en finit pas d'essuyer des revers juridiques. Car l'opposition au projet ne se dément pas depuis quinze ans et pour l'instant la justice donne raison aux anti Val-Tolosa. Ils ont déjà obtenu l'annulation de deux permis de construire et l'annulation de l'autorisation d'un cinéma multiplexe en mai 2017. Ils ont également obtenu devant la cour administrative d'appel de Bordeaux l'annulation d'une dérogation pour destruction d’espèces naturelles, à la mi-juillet 2017. Avant d'attaquer dès sa publication le nouvel arrêté délivré par le préfet après cette annulation et d'obtenir gain de cause devant le tribunal administratif de Toulouse. A qui le Conseil d'Etat vient donc de donner raison. 

Satisfaction des opposants

Les opposants à Val-Tolosa ne crient pas victoire ce lundi mais ils se félicitent de cette décision du Conseil d'Etat qui est "une étape supplémentaire et un signe positif" selon Jutta Dumas, porte-parolle du collectif "Non à Val Tolosa".  Toujours mobilisés, ils annoncent une nouvelle action samedi 2 juin sur la plateau de la Ménude où ils comptent semer des graines pour "la reconquête du plateau et l'abandon définitif de Val Tolosa". 

De son côté, Unibail- Rodamco "prend acte de cette décision qui reporte donc le démarrage des travaux" et dit attendre le jugement sur le fond qui doit intervenir au mois de juin. "Au vu du jugement, on pèsera nos options pour la suite du projet" indique son directeur de communication tout en assurant qu'il n'y a "aucune raison à ce stade de se lancer dans des réflexions alternatives". "Notre projet a fait ses preuves aussi bien sur le plan économique qu'environnemental" assure-t-il. 

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