Tout savoir sur la tarification saisonnière de l'eau, qui entre en vigueur à Toulouse

C'est ce samedi 1e juin que la tarification saisonnière de l'eau est mise en place dans la métropole toulousaine (Haute-Garonne). Pourquoi ce choix ? Comment cette tarification fonctionne-t-elle ? Voici tout ce qu'il faut savoir.

C'est une première en France : une grande métropole de l'Hexagone opte pour la tarification saisonnière de l'eau. À partir de samedi 1e juin, Toulouse et ses 37 communes passent à cette tarification, pour une eau potable plus chère l'été, et moins chère l'hiver. 

+42% lors des cinq prochains mois 

Ce choix a été débattu en conseil métropolitain puis définitivement voté début avril. Selon Toulouse Métropole, cette tarification "incite à faire plus attention à sa consommation lors de la période estivale" (entre juin et octobre) et donc de réduire collectivement la consommation d'eau au quotidien. 

Pendant ces cinq mois, le prix du mètre cube d’eau augmente de 42 % pour atteindre 4,40 € TTC/m³. À l'inverse, il baissera de 30% du 1er novembre au 31 mai et s'élèvera à 2,58 € TTC/m³. 

"Faire payer plus cher pour entraîner de nouveaux réflexes" espère la majorité

Un choix résolument climatique selon la majorité en place à la Métropole. "Il faut que les urbains contribuent à la préservation de la ressource en eau au moment où elle est la plus rare" déclarait son président Jean-Luc Moudenc au moment du vote de cette mesure début avril. "Ce que je crois, c'est qu'à partir du moment où on la fait payer plus cher, ça entraîne naturellement de nouveaux réflexes".

Cette tarification saisonnière est "avant tout une mesure incitative" promet la Métropole. Les économies d’eau "seront mieux récompensées", et les usagers qui ne consomment pas plus d’eau l’été "ne seront pas pénalisés sur l’année". La collectivité invite donc à "évaluer sa consommation" afin de cibler des possibilités d'économies. 

"Un non-sens écologique" pour une association

Cette démarche est contre-productive selon l'opposition, et même selon certaines associations. "C'est un non-sens écologique et social", estimait début avril Claude Touchefeu, de l'association Eau Secours 31. 

"Cette mesure ne fait pas la différence entre l'eau vitale et l'eau superflue. L'eau vitale, nous en avons tous besoin. C'est donc injuste d'augmenter les prix, et c'est un mauvais signal envoyé que de dire qu'on peut gaspiller l'eau en hiver et la préserver l'été".

À Montpellier, une autre tarification en place

De l'autre côté de l'Occitanie, à Montpellier (Hérault), la tarification est dite "progressive" depuis le 1e janvier 2023 pour les abonnés individuels : plus un ménage consomme, plus il paie. Les 15 premiers mètres cubes sont gratuits, les suivants sont facturés 0,96 € par mètre cube jusqu'à 120 mètres cubes, 1,42 € ensuite jusqu'à 240 mètres cubes, et 2,73 € au-delà.

La consommation de l'eau pour ces abonnés - représentant un tiers des usagers montpelliérains - a baissé de 5% (pour une moyenne de 3% à l'échelle nationale). Une diminution "due à la sécheresse" selon René Revol, vice-président délégué à la Gestion raisonnée, écologique et solidaire de l’eau, cité par Ouest-France. Mais cette tarification progressive "a aussi joué" sur ce chiffre selon lui. 

Dans un avis publié fin novembre 2023, le Conseil économique social et environnemental (CESE) indiquait que la tarification progressive de l'eau est "à adapter et à compléter par d'autres mesures". Il encourageait en revanche la tarification saisonnière "dans l’ensemble des communes où l'équilibre entre la ressource et la consommation d'eau est menacé de façon saisonnière".

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