Conflit Israel-Hamas : comment des psychologues toulousains aident à distance les victimes de syndromes post-traumatiques

Deux semaines après les attaques du Hamas sur Israël, les bombardements se poursuivent de part et d’autre, entraînant pour les populations civiles de violents traumatismes. Le pôle EMDR de Toulouse organise des séances en visio pour aider les victimes à digérer leurs traumas.

Le conflit israélo-palestinien a des répercussions importantes sur les populations civiles. Pour les aider à digérer ce vécu douloureux, le pôle EMDR, participe à l'opération Sarah, avec des séances de thérapie en visioconférence.

L'EMDR au secours des victimes

Nicolas Desbiendras est spécialiste des troubles post-traumatiques. Lorsqu'il a reçu un appel d'une de ses collègues israéliennes, il n'a pas hésité à s'investir. Aujourd'hui l'opération Sarah rassemble près de 150 thérapeutes francophones bénévoles. Les séances de thérapie ont débuté le 20 octobre.

"Une séance dure environ 1h30", explique Nicolas Desbiendras, psychologue clinicien et superviseur EMDR Europe CUMP 31. "Il y a une phase de régulation des émotions et une autre de traitement qui consiste à désensibiliser le patient".

L'EMDR c'est quoi ?

Le patient est invité à se concentrer sur le souvenir traumatisant puis à suivre le mouvement des doigts du thérapeute en laissant venir ce qui lui vient spontanément. L'EMDR est reconnue par l'OMS dans le cadre du traitement des troubles ou symptômes post-traumatiques. Elle a été validée par de nombreuses études scientifiques et seuls les psychiatres, psychologues ou psychothérapeutes reconnus par l'ARS ont accès à cette formation.

"On n'efface pas les souvenirs", précise Nicolas Desbiendras. "En fait on va purger la charge traumatique émotionnelle, sensorielle, et cognitive pour permettre au patient de traiter les informations douloureuses".

"Pendant nos séances, on entend les sirènes"

Les symptômes du trouble post-traumatique se divisent en 4 grandes familles

  • Les symptômes intrusifs : cauchemars, flash-back ou idées obsédantes.
  • les symptômes d'évitement : éviter lieux ou actions déclencheurs du stress.
  • Les symptômes de modification de cognition et de l'humeur : irritabilité ou au contraire l'abattement ou la tristesse.
  • Les symptômes d'altération de l'éveil ou de la réactivité : hypervigilance (sursaut, rester aux aguets) ou au contraire la torpeur, la sidération.

"Quand on n’a pas digéré ces symptômes, ils restent ré-activables", affirme Nicolas Desbiendras. "Comme une plaie qui ne guérit pas et reste à vif. C'est le cas pour les patients que nous avons en Israël. Pendant nos séances on entend les sirènes, parfois les bombardements. Ils n'ont pas de répit car la douleur est permanente".

L'EMDR pour faire face

Parce que l'EMDR aide les patients à "ranger" leur mémoire traumatique, elle s'avère être un soutien de poids pour les populations civiles qui vivent la guerre au quotidien en Iraël comme en Palestine.

"Notre objectif est de faire réapparaître les ressources psychiques qui ont été étouffées par le traumatisme", raconte Nicolas Desbiendras."Pour ces populations on cherche surtout à diminuer les symptômes intrusifs. C'est vital pour qu'elles puissent mieux dormir et retrouver un équilibre suffisant pour fonctionner au quotidien".

NIcolas Desbiendras a déjà eu l'occasion de traiter les victimes de l'ouragan Irma ou du Bataclan. Le pôle EMDR, apolitique, affirme vouloir soigner toutes les victimes du conflit israélo-palestinien : "Nous sommes aussi en lien avec les populations palestiniennes qui subissent les bombardements", explique Nicolas Desbiendras. "Mais la situation est plus compliquée".

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