"Ils ont voulu couler l'entreprise" : leur l'usine détruite par un incendie, les salariés de Toupnot veulent réparation

Les anciens salariés de Toupnot, une usine agroalimentaire basée à Lourdes (Hautes-Pyrénées), dont les locaux ont été ravagés par les flammes en 2019, sont toujours en attente d'indemnisation. Ils contestent leur licenciement économique. Le dossier a été étudié ce jeudi au conseil des prud’hommes de Tarbes. La décision a été mise en délibéré

Des mois qu'ils attendent cette audience devant le tribunal des prud’hommes de Tarbes. Les anciens salariés de l'usine Toupnot de Lourdes contestent leur licenciement économique et demandent une indemnisation. 

"Un préjudice moral"

Peu manquaient à l'appel ce jeudi matin. Il faut dire que leur dossier devrait déjà être étudié depuis deux mois, mais en février dernier, l'instance avait refusé de juger le fond de l'affaire et le préjudice moral. 54 anciens salariés se sont donc retrouvés pour contester leur licenciement économique et réclamer une indemnisation. 

"Il y a quand même eu un préjudice moral", explique l'ancien secrétaire du CE, Philippe Combes.  "Avec les deux ans qui ont duré les reconstructions, les non-reconstructions, les peut-être, ils ont de toute façon voulu couler cette entreprise. Le préjudice il est là. Ils doivent le reconnaître et dire qu'il y a une partie de l'argent qui doit revenir aux salariés". 

Détruite par un incendie

Le 9 janvier 2019, un incendie détruit l’usine agroalimentaire Toupnot, fondée à Lourdes en 1932 et qui emploie 74 salariés, dont la moitié a plus de 50 ans. Cofigeo touche environ 20 millions d’euros de prime d’assurance. Les salariés croient en la reconstruction de leur usine. 

Mais rien ne se passe comme prévu. En octobre 2019, la direction décide de fermer l’usine. À l'été 2022, des salariés en appellent à la justice pour non-respect par l’employeur de l’accord conclu avec l'Etat en 2018, qui prévoyait une poursuite de l'activité. 

Récupérer des fonds

Car le groupe agroalimentaire, qui a déjà racheté la PME familiale, veut aussi reprendre William Saurin, avec l’aval de Bruno Le Maire. Le 19 juillet 2018, le ministre de l’économie et des finances accepte cette vente à la seule condition du maintien de l’emploi pendant deux ans.

Malgré la mobilisation des employés, des autorités publiques et des élus locaux, le groupe Cofigeo jette l'éponge. Les salariés se battent désormais pour qu'une partie des fonds perçus et aujourd'hui destinés à la revitalisation du territoire, leur soit allouée.

Sur les 74 salariés licenciés, seuls 31 ont retrouvé un emploi à durée indéterminée. La décision du tribunal des prud'hommes a été mise en délibéré au 19 septembre.