TEMOIGNAGE. "Faites travailler vos commerçants tant qu'ils sont là !", l'alerte d'un boucher face à la disparition des clients

Olivier Brune est boucher à Tarbes depuis plus de 26 ans. Régulièrement, le commerçant a pris l'habitude d'écrire des messages humoristiques sur le devant de sa vitrine. Mais depuis quelques semaines, c'est un cri du cœur que l'on peut lire sur la devanture de sa boutique. Il dénonce la désertification du centre-ville de la préfecture des Hautes-Pyrénées.

"Faites travailler vos commerçants tant qu'ils sont là !" C'est le message que fait passer Olivier Brune, boucher à Tarbes, aux rares clients qui passent le pas de sa porte depuis un mois et demi.

"Depuis les vacances de Pâques, c'est très très compliqué, détaille-t-il. Pour résumer, il n'y a plus personne à Tarbes." Entre les vacances et les week-end de pont, la tendance à la désertification du centre-ville s'est largement accentuée. 

"C'est pareil pour tous les commerçants ici, précise Olivier Brune. Les tenants de bars me disent qu'ils ne travaillent que le samedi. Les boutiques de prêt à porter ne vendent parfois rien de la journée. Ce message en vitrine il n'est pas que pour moi, il est pour tous les commerçants de Tarbes."

Dans ce contexte, une boucherie c'est invendable.

Olivier Brun, boucher à Tarbes.

Boucher depuis 35 ans, installé à Tarbes depuis plus de 26 ans, celui qui est aussi éleveur n'a jamais connu une période aussi rude. "Ces 15 derniers jours j'ai perdu 50% de mon activité. Moi je suis seul ici, si je ne me paie pas tant pis. Mais j'ai des frais. Et pour les autres boucheries c'est une catastrophe. Plusieurs sont en vente, mais dans ce contexte c'est invendable."

Aux vacances et différents ponts, il faut ajouter le contexte de l'inflation, de la hausse du coût des matières premières. Mais pour Olivier Brun, c'est surtout une question générationnelle. "A mon époque on se demandait ce qu'on allait manger. Aujourd'hui les gens se demandent où ils vont aller. Les gens ne restent pas à Tarbes. Dès qu'il peuvent bouger, ils le font."

Un message qui fonctionne

Depuis que son histoire se médiatise, Olivier Brun y voit du positif. "J'ai des clients qui n'étaient jamais venus avant. Ils ont entendu parler de mon message, alors ils font l'effort de venir."

Le boucher réfléchit déjà à son prochain message en vitrine. "La semaine prochaine je vais parler de l'avenir de notre filière. Le gouvernement tape beaucoup sur les élevages et la consommation de viande. Alors je vais écrire quelque chose comme : "Ici en 2045, de la daube de grillons et des cafards.""

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