Béziers : des manifestants réunis pour abolir la corrida, une tradition qui ne passe plus en raison de la maltraitance animale

Ce samedi 28 mai, une vingtaine de manifestants de l'association Colbac se sont réunis à Béziers. Ils dénoncent la corrida, une tradition aux pratiques cruelles pour les animaux selon eux.

Chaque année, environ un millier de taureaux sont torturés pour le spectacle des corridas. Une pratique qui ne passe plus auprès des militants de l'association Colbac (Comité de liaison biterrois pour l'abolition de la corrida).

Sur la place des Constitutions de Béziers, ils étaient une vingtaine à poursuivre un travail de longue haleine contre la corrida. Le combat biterrois est en cours depuis 26 ans. C'est en 1993 que l'association Colbac a vu le jour sous la présidence de Robert Clavijo.

 Pour des Caritats sans corrida

Le rassemblement des militants a eu lieu en marge des Caritats. Depuis 2003, cette fête plonge la ville de Béziers dans des traditions médiévales pendant le week-end de l'Ascension.

Pour le Colbac, le temps de la corrida est révolu. Sophie Maffre-Baugé, présidente de l'association biterroise, explique : "Aujourd'hui, on dit oui aux Caritats et non à la corrida. On veut profiter de cette fête biterroise très ancienne sans violence, sans effusion de sang. Oui aux traditions qui célèbrent ce qu'on a de meilleurs dans notre et histoire et non à celles qui célèbre ce qu'on a de pire, c'est à dire la souffrance animale."

La tradition comme justification 

Le 30 novembre 2021, le gouvernement publie une loi pour lutter contre la maltraitance animale. Au nom des "traditions locales ininterrompues" (texte de loi), les corridas sont restées autorisées.

Le milieu taurin est un milieu minoritaire mais très puissant.

Sophie Maffre-Baugé, présidente Colbac

Mais la corrida ne puise pas son origine dans des traditions ancestrales. Son apparition en France date de 1853. L'infante d'Espagne et épouse de Napoléon III aurait importé la pratique. Pendant près d'un siècle, la pratique étaient illégale. Ce n'est que le 24 avril 1951 qu'une dépénalisation justifie la pratique aux yeux de la loi.

Aujourd'hui, 75% des Français se disent opposés à la corrida.