Douleur, incontinence urinaire et handicap : le rêve brisé de Kenza Chaal, l'espoir du BMX français n'ira pas aux Jeux olympiques

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Elle n'ira pas aux Jeux olympiques. Kenza Chaal, membre de l'équipe de France de BMX, avait toutes ses chances, jusqu'au jour où, une vilaine blessure, l'a laissé sur le tapis. ©France télévisions

Les Jeux olympiques, c'était le rêve de Kenza Chaal, membre de l'équipe de France de BMX. Mais suite à plusieurs blessures et une rééducation entamée trop tôt, elle ne pourra peut-être jamais remonter sur un vélo. La jeune femme de 20 ans dit se sentir abandonnée.

Pour Kenza Chaal, il est difficile de revenir dans ce parc, où elle a débuté le BMX à l'âge de 11 ans. Âgée de 20 ans, la native de Sérignan faisait partie de l'équipe de France et avait toutes ses chances de se qualifier aux Jeux olympiques.

Un rêve qui s'est éteint il y a dix mois, lorsqu'une blessure au dos l'a laissée handicapée. Cet été, elle ne verra pas Paris, si ce n'est à la télévision.

Numéro 2 française, 9e mondiale

Depuis toute petite, le BMX l'a menée de Moscou à Bruxelles. En 2021, elle se classe numéro 2 française, puis 9e mondiale. Les quelques blessures liées à sa pratique ne suffisent pas à l'arrêter. Elle remonte toujours sur son vélo, jusqu'en août 2023. Suite à une opération du dos, son état se dégrade.

"Le médecin du pôle m'a envoyée dans un centre de rééducation. C'était trop tôt, et c'est ça qui m'a créé des séquelles, raconte la jeune sportive de haut niveau, qui subit des douleurs et de l'incontinence urinaire. "En plus de ma vie de sportive, c'est ma vie professionnelle qui a pris un coup". Elle doit faire une croix sur le sport, mais aussi sur sa reconversion comme gendarme.

Manque de soutien de la fédération

Kenza et ses parents ont le sentiment d'avoir été abandonnés par les instances fédérales. "J'aurais aimé avoir un soutien de la part de la fédération, qu'ils m'aident à trouver des rendez-vous médicaux avec des spécialistes. Je n'ai rien eu du tout, raconte Kenza. C'est démerde-toi et puis à la prochaine !"

Pour Pascale, sa mère, "ce n'est pas normal." "C'est nous qui sommes obligés de faire les démarches, de se renseigner sur les spécialistes."

C'est dur de passer d'un rêve à un cauchemar en si peu de temps.

Guillaume Peyre, kinésithérapeute

Le dernier espoir de Kenza de retrouver une vie normale, ce sont les séances de kinésithérapie. Elle s'y rend presque quotidiennement, en fonction de son niveau de douleur. "J'espère qu'on va pouvoir regagner en capacité, mais depuis un mois ça se dégrade vraiment très vite", explique Guillaume Peyre, son kiné.

Contactée par téléphone, la direction technique nationale de la fédération française de cyclisme dit avoir accompagné l'ancienne numéro 2 française de BMX d'un point de vue psychologique et socioprofessionnel, et réfute le manque d'écoute. Mais ce n'est pas le sentiment de Kenza.

Quand vous performez, vous êtes entourée, par contre quand ça ne va pas, il n'y a plus personne.

Kenza Chaal

"J'ai l'impression d'être un citron, qu'on m'a pressée et il n'y a plus de jus, donc je ne sers plus à rien et c'est fini. On en prendra une autre qui sera en bonne santé, et quand elle ne sera plus en bonne santé, on fera la même chose", déplore la jeune femme.

Le père de Kenza, lui, a l'intention de faire appel à une expertise médicale et de saisir la justice.

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