Coronavirus : des blouses aux couvre-sièges auto... l'appel des infirmières libérales de Sète en manque de matériel

L'association des infirmiers libéraux de Sète lance un appel insolite aux garagistes afin de trouver des housses jetables pour protéger l'intérieur de leur véhicule. Un exemple parmi d'autres du matériel manquant, pourtant nécessaire aux soins à domicile en pleine épidémie de Covid-19.

Masques, gants, charlotte, sur-blouses ou encore sur-chaussures... les infirmières libérales manquent de matériel pour leurs soins à domicile
Masques, gants, charlotte, sur-blouses ou encore sur-chaussures... les infirmières libérales manquent de matériel pour leurs soins à domicile © Jean François Ottonello / MaxPPP
C'est un appel insolite qu'a lancé ce dimanche 22 mars l'association des infirmiers libéraux de Sète et du bassin de Thau. Ces soignants, qui se déplacent à domicile, ont en effet de grands besoins matériels pour exercer leur métier en toute sécurité en pleine épidémie de Covid-19.

Besoins urgents


Hormis les masques, les infirmiers libéraux recherchent des charlottes, sur-blouses ou encore sur-chaussures pour se protéger et protéger les autres lors de leur tournée au domicile de leurs patients, explique Audrey Garcia Contini, vice-présidente de l'association.
 

Les infirmières libérales, qui font de plus en plus de tournées spéciales de patients positifs au Covid-19 pour éviter de contaminer des personnes qui ne le sont pas, n’ont pas de matériel. On a reçu la dotation de l’Etat en masques, mais il nous manque beaucoup de choses encore pour être en accord avec le protocole qui est assez strict. On doit par exemple se déshabiller avant de rentrer chez nous pour éviter de contaminer nos familles...

 
Ces infirmiers ont également besoin de faire en sorte que leur véhicule, outil de travail indispensable, ne soit pas contaminé. C'est pourquoi ils recherchent aussi des housses jetables pour couvrir leurs sièges de voiture.
 

On a pensé à faire appel aux concessionnaires, aux garagistes ou aux magasins de voitures pour nous fournir des housses, ce qui permettrait de s’asseoir sur du plastique et pas sur nos sièges. Actuellement, les infirmières désinfectent leur habitacle avec ce qu’elles peuvent. 


En effet, selon plusieurs études, le virus pourrait survivre plusieurs heures sur des surfaces inertes, comme du tissus, du métal...
 

Sur le front


L'association, qui compte environ 180 membres, n'a pour l'instant récupéré que trois housses. Les dons matériels comptent pourtant beaucoup plus que les dons financiers, pas utiles dans un contexte où le marché est saturé de demandes.
 

On nous appelle beaucoup pour nous proposer des cagnottes pour acheter des masques etc. Mais il n’y en a pas. On a essayé d’acheter des blouses sur internet déjà, mais le délai de livraison est d’un mois. J’ai des collègues qui commencent à mettre des vieux t-shirt qu’ils vont jeter...


Alors que les médecins généralistes et spécialistes développent de plus en plus la téléconsultation en ce contexte d'épidémie, les infirmiers libéraux continueront à se déplacer au domicile de leur patient.

On est les premiers sur le front, et avec un pic de l’épidémie attendu la semaine prochaine et les hôpitaux qui n'ont plus de place, les patients positifs au Covid-19 qui vont rester à leur domicile seront de plus en plus nombreux, et nos besoins grandiront.


Pour faire un don, l'association des infirmiers libéraux de Sète et Bassin de Thau est joignable au 06 20 11 57 43.
 
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