"C'est bitume, béton, pognon", les opposants au futur stade de football de Montpellier furieux

Dévoilé lundi 7 janvier, l'emplacement du nouveau stade de football de Montpellier, à Pérols, ne fait pas consensus. Les opposants dénoncent notamment un choix dicté uniquement par l'argent.

Alenka Doulain, le 29 janvier 2020, lorsqu'elle était candidate pour les municipales à Montpellier.
Alenka Doulain, le 29 janvier 2020, lorsqu'elle était candidate pour les municipales à Montpellier. © Guillaume Bonnefont - MaxPPP

La riposte s'organise. Après l'annonce en grande pompe de l'emplacement du nouveau stade de football du MHSC à Pérols par le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, et le président du club, Laurent Nicollin, les opposants n'ont pas tardé à se faire entendre.

Au premier rang desquels, Boris Chenaud, militant d'Ensemble 34!, "un mouvement pour une alternative de gauche, écologiste et solidaire". Ce projet de 185 millions d'euros, porté par des investisseurs privés, est loin de le satisfaire. "C'est bitume, béton, pognon. Il faut revoir la copie et qu'un débat s'ouvre." Au coeur du débat selon lui, la fortune de la famille Nicollin, porté par les fils de Louis - qui va donner son nom au futur stade - Olivier et Laurent.

Ce n'est pas parce qu'un groupe comme Nicollin a de l'argent que c'est à eux de décider comment doit se développer et croître la ville de Montpellier. C'est aux habitants de choisir.

Boris Chenaud, Groupe Ensemble Montpellier

Le stade de la Mosson condamné

L'actuel stade de la Mosson, classé en zone rouge dans le Plan de protection du risque inondation, a subi deux épisodes cévenols importants en 2014 et 2015. Il est condamné.

Mais le quartier de la Paillade ne devrait pas être délaissé, comme l'exprime Alenka Doulain, qui était la tête de la liste "Nous sommes Montpellier" aux dernières élections municipales. "A Strasbourg, ils ont annoncé la requalification du stade actuel de la Meinau avec un projet intéressant d'un point de vue environnemental en lien avec l'histoire populaire du club. On trouve ça dommage que cette option n'ait pas été creusée à Montpellier." Il est impossible pour l'heure d'estimer les conséquences économiques et sociales que ce changement de stade va avoir sur le quartier de la Paillade.

La collectivité finalement impliquée ?

Si le maire de Pérols, la commune qui va accueillir le stade, se réjouit de cette annonce, ce n'est pas le cas d'autres opposants politiques de Michaël Delafosse. Philippe Saurel, maire de Montpellier de 2014 à 2020, a réagi d'un tweet ironique. "Je félicite le maire de Pérols d'avoir récupéré le stade de football de Montpellier." En décembre 2019, il avait annoncé que le stade serait construit au bord de l’autoroute A9, dans la ZAC de Cambacérès. Les sites de Saporta et Odyseum étaient également évoqués.

Autre réticent, Cyril Meunier, maire de Lattes et vice-président de la métropole de Montpellier. Il met en garde contre la saturation de cet espace urbain. Pour lui, la collectivité devra mettre la main à la poche, contrairement à ce que dit la métropole et Michaël Delafosse qui avait déclaré que le stade serait "financé à 100 % par le privé". "On ne pourra pas faire un nouveau réseau routier sans mettre de l'argent public", a réagi Cyril Meunier.

Le maire de Lattes inquiet

Le futur stade Louis-Nicollin, juste à côté du centre commercial Carrefour-Lattes, à une encablure de la nouvelle gare TGV, ne convient pas à l'édile, qui a demandé "le contournement nord de Lattes de façon pressée et obligatoire en raison de l'arrivée de ce nouvel équipement sur mon territoire". Les opposants devraient continuer à se faire entendre dans les mois qui viennent.

Le président du MHSC, Laurent Nicollin, espère "déposer le permis de construire en fin d'année" pour une livraison du stade fin 2024. Vu les rebondissements dans ce dossier depuis les premières discussions, il peut se passer encore beaucoup de choses.

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