Coronavirus : à Montpellier, des citoyens viennent en aide aux étudiants confinés et isolés en cités universitaires

A Montpellier, dans l'Hérault, près de 3.000 étudiants sont confinés en résidence universitaire et la plupart d’entre eux rencontre des problèmes financiers. Citoyens et associations ont décidé de leur venir en aide grâce à des distributions alimentaires et à un bel élan de solidarité.

Montpellier - Yrina, étudiante en troisième année de Licence AES est isolée et confinée en résidence universitaire. Elle bénéficie de paniers gratuits grâce à la mobilisation de dizaines de donateurs - mai 2020.
Montpellier - Yrina, étudiante en troisième année de Licence AES est isolée et confinée en résidence universitaire. Elle bénéficie de paniers gratuits grâce à la mobilisation de dizaines de donateurs - mai 2020. © D. Aldebert / FTV
Au cœur de la cité des Arceaux, à Montpellier, dans l’Hérault, nous rencontrons Lou, 21 ans.

Cette étudiante en troisième année d’arts plastiques vit seule son confinement. Suite à des problèmes familiaux, elle a préféré rester dans son logement universitaire. Isolée, les journées sont longues et les temps difficiles. Le confinement n’arrange pas les problèmes financiers et Lou "fait avec les moyens du bord".

En tant qu’étudiante en arts plastiques, le matériel que je dois acheter me revient très cher sur le long terme. Je dois rattraper mon découvert sur les mois qui suivent mes achats.

 
Pour un grand nombre d’étudiants confinés seuls, le constat est clair : le budget alimentation a explosé. "Nous dépensons beaucoup plus sans forcément prendre des choses très chères !" affirme Gaëtan, étudiant en troisième année de sciences de l’éducation à l’université Paul Valéry. "C’est vrai !" appuie son amie Yrina, étudiante en troisième année de Licence AES.
 

J’ai l’habitude d’aller au restaurant universitaire, où, pour 3,50 euros, nous avons un repas complet ! Nous devons nous faire à manger tous les jours et si c’est varié, c’est cher…

Pour le moment, les restaurants universitaires sont fermés et leur réouverture n’est, selon Pierre Richter, le directeur général du CROUS Montpellier Occitanie, pas à l’ordre du jour.
 

Les restaurants produiront certainement de la vente à emporter comme le font beaucoup de restaurants aujourd’hui.


Mais en attendant, comment faire ?
 

Les citoyens à la rescousse des étudiants précaires


A Montpellier, la place de la Canourgue est ensoleillée et calme, confinement oblige. Pourtant, de nombreux habitants vont et viennent, munis de sacs remplis de nourriture. Tous se rendent dans le même lieu : l’Hôtel du Palais.
 


Parmi les habitants, nous rencontrons Jean-Pierre Faye. Dans ses cartons : des produits frais, des légumes, des œufs. Il en fait don à Nathalie Quentin, la propriétaire de l’hôtel depuis 35 ans, qui stocke bénévolement toutes les denrées au rez-de-chaussée de son établissement.

Et pour cause : tous les produits collectés sont destinés aux étudiants Montpelliérains, confinés en cités universitaires. Ils viennent s’ajouter aux distributions alimentaires du CROUS, ce qui permet aux étudiants, souvent en situation de précarité, d’accéder gratuitement à des produits variés.
 

J’ai été étudiant, je me suis retrouvé dans des situations dans lesquelles j’avais besoin, entre autres de nourriture, donc je trouve ça normal de venir en aide à ces jeunes !

Pour Pierre Richter, le directeur général du CROUS Montpellier Occitanie, cette solidarité de la part de citoyens et d’associations est un soulagement. Il ne s’attendait pas à un tel élan de générosité.
 

C’est un soulagement car cela nous permet d’avoir la certitude qu’aucun étudiant n’est laissé au bord de la route.

Pour ne pas laisser ces jeunes "au bord de la route", une trentaine de donateurs s’activent toutes les semaines. Certains apportent des plats cuisinés d’autres font des courses. Toujours en fonction des besoins.

Nathalie Quentin fait l’inventaire des produits collectés. Pour la propriétaire de l’hôtel, également présidente de l’association du quartier de la Canourgue, un véritable élan de solidarité s’est créé. Elle a participé à la mise en place de ce projet, entourée d’associations et des habitants de son quartier. "Je suis très fière d’être dans un quartier comme celui-ci. Les habitants sont généreux et je ne reviens toujours pas de toute cette générosité !".
 

J’ai vraiment vu des gens qui se parlaient à peine, qui sont venus nous voir pour apporter leur pierre à l’édifice. Tout ce projet a grandi petit à petit, mais c’est extraordinaire.

Pour Hussein Bourgi qui participe également à cette initiative solidaire et relaie chaque jour les demandes sur les réseaux sociaux :
 

Nous aurions préféré ne pas avoir à le faire car cela signifie que des individus vivent dans la précarité. Le point positif est qu’il y a beaucoup de particuliers à Montpellier qui sont généreux. Les étudiants font partie de l’âme de la ville et on ne les oublie pas.
 

 


Hussein Bourgi en appelle aujourd’hui à la solidarité des grandes surfaces.


Les collectes continueront au moins jusqu’au mois de juin même si les bénévoles et les habitants du quartier de la Canourgue espèrent que la générosité ira au-delà du confinement et de la crise sanitaire.

 
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