Covid. Menacée de mort, la députée pro-vaccin de l'Hérault Patricia Mirallès porte plainte "On ne me fera pas taire"

Fer de lance de la lutte pour la reconnaissance et la prise en charge des Covid longs, elle-même touchée par la maladie, la députée pro-vaccin de l'Hérault Patricia Mirallès (LREM) se retrouve menacée de mort pour ses prises de position. Elle porte plainte, témoigne et contrattaque.
Patricia Mirallès, députée de l'Hérault victime de longues séquelles de la Covid-19 - archives.
Patricia Mirallès, députée de l'Hérault victime de longues séquelles de la Covid-19 - archives. © France 3 Languedoc-Roussillon

Elle nous répond juste avant de partir au commissariat de Montpellier pour porter plainte. Après les menaces de mort reçues via le réseau social Twitter, la députée de l'Hérault Patricia Mirallès (LREM) l'affirme : "On ne me fera pas taire".

"On ne me fera pas taire"

L'élue, victime du coronavirus et à l'origine d'une proposition de loi pour la reconnaissance et la prise en charge des cas de Covid longs, est la cible d'attaques depuis ses prises de position pro-vaccin.

Tous les élus avaient déjà été plus ou moins attaqués lors du mouvement des Gilets Jaunes, mais pas de manière aussi virulente. Là, si on ne peut plus s'exprimer et dire ce qu'on pense, ça prend des proportions qui sont graves. Moi, j'ai failli mourir, j'ai un Covid long : oui, j'ai fait des posts pour inciter les gens à se faire vacciner. J'ai une responsabilité, ils ne me feront pas taire !

Patricia Mirallès, députée (LREM) de l'Hérault

"S'afficher avec une étoile jaune, c'est grave"

L'enquête devra tenter de faire la lumière sur le ou les auteurs des menaces de mort qui visent Patricia Mirallès, puisque la publication a été faite de manière anonyme. En attendant, la députée contrattaque face aux opposants à l'extension du pass sanitaire et à l'obligation vaccinale :

Il faut relativiser ce mouvement : il y avait hier 20.000 manifestants en France contre 3 milliards de personnes vaccinées dans le monde. S'afficher avec une étoile jaune, c'est grave ! Il ne faut pas mélanger l'Histoire. Regardons simplement les rives de la Méditerranée. En Tunisie, ils pleurent de ne pas avoir de vaccin, ils ne savent plus comment faire. Les antivaccins n'ont pas d'argument.

Patricia Mirallès, députée (LREM) de l'Hérault

Assumer sa liberté de choix

Pour autant, l'élue reconnaît la liberté de choix de chacun. Mais elle s'interroge : "Est-ce qu'on doit continuer à rembourser un test tous les 7 jours à des personnes qui veulent garder leur liberté ? Un test PCR chaque semaine, c'est 60 euros qu'on prend sur le budget de la Santé".
Patricia Mirallès entend continuer à convaincre en faisant preuve de pédagogie auprès de ceux qui "ne sont pas réfractaires mais qui n'ont pas la bonne information". Car, dit-elle, "il y a des gens qui temporisent mais qui, à la fin, ont une prise de conscience".

L'élue est pour la vaccination obligatoire des soignants

Inquiète face à la dégradation de la situation épidémique en Occitanie, elle insiste sur la nécessité de vacciner les soignants : "Il y a aujourd'hui un risque accru de contamination. Dans 3 semaines, on peut avoir à nouveau un taux important de personnes en réanimation et ce sont toujours les mêmes qui vont subir. A l'hôpital, on n'y va pas pour attrapper la Covid, c'est la responsabilité des personnels, je ne comprends pas leur réticence".

Elle-même vaccinée depuis le 9 avril dernier, Patricia Mirallès a vu certains symptômes de son Covid long disparaître, sans pouvoir affirmer un lien entre le vaccin et cette amélioration. Mais elle souligne : "en tout cas, ça n'a rien aggravé [...] Sur ce qu'on nous injecte, il n'y a pas de secret, je ne peux pas l'entendre. Quand on ne sait pas, la meilleure personne à qui demander, c'est son médecin traitant".

Nombreuses réactions de soutien

Suite à la réception de ces menaces de mort, la députée de l'Hérault a reçu le soutien d'une autre élue de la majorité présidentielle, la députée du Gard Françoise Dumas :

Sur le réseau social Twitter, les réactions de soutien à l'élue héraultaise se sont multipliées ces dernières heures.

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