Covid. REACTIONS - Affaire des députés de l'Hérault pro-vaccin menacés de mort : le Parquet de Paris ouvre une enquête

Le Parquet de Paris ouvre une enquête après que les députés de l'Hérault Patrick Vignal et Patricia Mirallès (LREM) ont reçu des menaces de mort pour leurs prises de position pro-vaccin anti-Covid. Cette dernière s'en félicite : "on ne menace pas un citoyen de mort parce qu'il émet un avis !".
Patricia Mirallès - députée LREM de la 1ère circonscription de l'Hérault - 18 juin 2017.
Patricia Mirallès - députée LREM de la 1ère circonscription de l'Hérault - 18 juin 2017. © F3 LR I.Bris

Après l'annonce par le Parquet de Paris de l'ouverture d'une enquête pour "menaces de mort à l'encontre de personnes investies d'un mandat public", la députée de l'Hérault Patricia Mirallès se dit "très heureuse". L'élue de la majorité présidentielle avait déposé plainte au commissariat de Montpellier la semaine dernière après avoir reçu un message anonyme très explicite via les réseaux sociaux.

Son affaire sera désormais instruite dans la capitale et elle affirme d'ores et déjà : "c'est une enquête qui avance".

Plusieurs élus pro-vaccin visés

Elle-même infectée par le virus du Covid lors de la première vague, Patricia Mirallès fait aujourd'hui partie de ceux qu'on appelle les "Covid longs" : des patients chez lesquels de lourds symptômes persistent durablement. Elle est à l'origine de l'adoption d'une proposition de loi actant leur reconnaissance et leur prise en charge.

La Montpelliéraine soutient également les mesures vaccinales du gouvernement et la mise en place du pass sanitaire, avec une nuance :

Actuellement, le pass sanitaire est en discussion au Parlement. Je peux entendre que le texte nécessite des ajustements, un équilibre. Mais je ne peux pas entendre le discours des antivaccins. Moi, je ne suis pas prête à subir une 4ème vague parce qu'on fait prendre un risque majeur à la population qui n'est pas vaccinée.

Patricia Mirallès, députée (LREM) de l'Hérault

Menaces anonymes

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a lui-même signalé au Parquet ces tentatives d'intimidation de parlementaires, dont plusieurs ont déposé plainte à l'instar de Patricia Mirallès. Les investigations ont été confiées à la Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne (BRDP). La députée héraultaise espère enfin savoir qui se cache derrière l'anonymat que procure Internet :

Je ne sais pas qui sont tous ces gens. J'aimerais bien qu'on identifie les auteurs et qu'on discute avec eux. Je suis prête à débattre, or il n'y a pas d'échange dès lors qu'on me menace sans avoir essayé de discuter. On ne menace pas de mort un citoyen, élu ou pas, parce qu'il émet un avis. Il faut que ces méthodes cessent ! Sinon, une minorité va prendre toute la place dans le débat public.

Patricia Mirallès, députée (LREM) de l'Hérault

Patrick Vignal désigné comme "cible" dans un mail

Autre parlementaire de l'Hérault, le député LREM Patrick Vignal a affirmé à l'Agence France Presse avoir également été l'objet de menaces. Dans un courriel qui lui a été envoyé, une personne se présentant comme "militaire" indique vouloir le prendre pour "cible". L'auteur affirme avoir constitué une liste de députés et son intention de "mettre à prix" la tête du président de la République et de plusieurs ministres si les nouvelles mesures sanitaires ne sont pas abandonnées.

Mesures de protection renforcées

Dans ce contexte, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin demande aux préfets et aux forces de l'ordre de renforcer les mesures de protection des élus à l'approche d'un nouveau week-end de manifestations des antivaccins et des opposants au pass sanitaire. Il insiste notamment sur la nécessité de "renforcer la surveillance aux abords des permanences des parlementaires ainsi que de leur domicile le cas échéant" et de prendre contact avec eux pour un rappel des démarches à suivre en cas d'incident.

Nouvelles manifestations annoncées

Sur Facebook, un nouvel appel à manifester est en effet lancé par les opposants à la politique sanitaire gouvernementale. Plus de 800 personnes se disent déjà interessée par ce rassemblement prévu à 14 heures place de la Comédie à Montpellier. Plusieurs comptes Twitter annoncent d'autres mobilisations partout en France le même jour.

Dès ce mercredi soir, les manifestants sont appelés à se retrouver à 18 heures place Jean Jaurès à Toulouse.

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