Elle est petite, violette, elle pique et brûle, la méduse pélagique est de passage sur les côtes de l'Hérault

Depuis le 14 août, les méduses font leur retour sur le littoral de l'Hérault et du nord de l'Aude. De La Grande-Motte à Port-La Nouvelle, leur présence est repérée au large des plages par les touristes et les baigneurs. Patience, cette bestiole urticante prend la direction de l'Espagne.

Les signalements de méduses et les interventions des sauveteurs sur les plages pour des brûlures ou des piqûres se sont multipliés cette semaine. Pas moins de 50, rien qu'à Palavas pour la journée du 17 août.

Une invasion de quelques jours

"Je nage cinq kilomètres par jour mais hier j'ai été piqué trois fois par des méduses en banc à 200 mètres du bord. Ça a fait très mal, comme une piqûre de guêpe, alors je suis rentrée tout de suite. Et aujourd'hui, je ne me baigne pas. C'était des méduses toutes petites", explique Corinne, une habituée de la plage du Grand Travers à Mauguio-Carnon.

Les méduses sont de retour sur les côtes d'Occitanie et de la région PACA. En provenance de Corse, elles sont localisées plus particulièrement entre La Grande-Motte et Villeneuve-lès-Maguelone, autour de Sète, d'Agde et de Sérignan à Narbonne en passant par Valras, sans oublier Marseille.

Depuis juin, elles ont été discrètes sur le littoral et le Mistral des deux dernières semaines les a maintenues au large. Mais depuis le 14 août, les méduses s'approchent du rivage au gré des courants et le réchauffement de l'eau de mer accentue leur prolifération.

On a une petite invasion depuis 48 heures sur Carnon. On fait de la prévention car ces méduses ne sont pas les mêmes que d'habitude. Ce sont des petites violettes, très urticantes pas des grosses blanches.

Kilian Durrand, sauveteur SNSM, chef de poste sur la plage du Grand Travers.

Des signalements en hausse

Selon les témoignages et les signalements du site Meduseo qui cartographie la présence de méduses dans les mers et les océans, les bestioles affectionnent plusieurs plages de l'Hérault.

  • La Grande-Motte : Grand Travers, Petit Travers et plage du Couchant.
  • Mauguio-Carnon : plage rive gauche.
  • Palavas-les-Flots : plage Sarrail, plage Zenith, plage Saint-Maurice.
  • Villeneuve-lès-Maguelone : plage de Maguelone.
  • Sète : plage de la Corniche, plage de la Baleine, plage du Lido.
  • Agde : plage de la Roquille, plage de la Conque.
  • Valras : plage centrale.

Le site ACRI-ST du laboratoire de Sophia Antipolis les recense également.

Sur le site Meduseo, on a eu 3.000 signalements de méduses sur les deux premières semaines d'août. C'est beaucoup. Les gens se connectent surtout vers midi pour se renseigner avant d'aller à la plage l'après-midi.

Jérémy Deverdun, créateur du site Meduseo en 2018.

Les méduses sont présentes toute l'année sur le littoral mais le nombre de vacanciers augmentant en été, on les remarque plus et surtout elles ont plus de chances de piquer des baigneurs.

Cette année, suivant les courants marins chauds entre la Corse et les Îles Baléares, elles ont pris un chemin plus au nord, se rapprochant des côtes françaises. Mais depuis ce 18 août, elles nagent vers le sud et l'Espagne.

Des piqûres douloureuses

Si les piqûres ou brûlures de méduse pélagique sont la plupart du temps sans gravité, elles peuvent être particulièrement douloureuses, surtout pour les enfants. Il arrive qu’une personne qui vient de se faire piquer fasse une réaction allergique, accompagnée d’œdèmes, de rougeurs ou de cloques.

Si cette personne ressent ensuite une gêne respiratoire, des vertiges, si elle fait un malaise ou vomi, il faut appeler les secours. Même chose en cas de piqûre(s) au visage.

Que faire en cas de piqûre ?

Immédiatement.

  • Sortez de l’eau : la douleur pourrait vous faire paniquer et vous risqueriez de vous noyer.
  • Retirez avec précaution les fragments de tentacules restant sur la peau à l’aide d’un objet fin tel un couteau ou un bout de carton.
  • Vous pouvez aussi déposer du sable chaud mouillé sur la zone, gratter légèrement, pour retirer plus facilement les filaments urticants sans les casser.
  • Rincez abondamment la plaie avec de l’eau de mer. Bannissez l’eau douce et l'eau froide sous peine de raviver la douleur.
  • Vous pouvez également approcher de la plaie une source de chaleur tel un mégot de cigarette. En effet, le venin de la méduse est thermolabile : il se dissout à la chaleur.
  • Le vinaigre constitue aussi une solution, d’autant plus qu’on en trouve assez facilement dans les postes de secours des plages. Le vinaigre contient de l’acide acétique qui permet de décoller les filaments sans les faire éclater.
  • Informez les autorités de la présence de méduses. Ils se chargeront d’alerter les baigneurs.

Une fois chez vous.

  • Désinfectez la plaie avec une compresse stérile imbibée d’antiseptique sans alcool.
  • En cas de réaction modérée, appliquez une pommade antihistaminique disponible sans ordonnance en pharmacie.
  • Si la sensation de brûlure persiste après 48 heures, consultez un médecin qui pourra prescrire une crème à base de corticoïde.

Les choses à ne pas faire !

  • Ne rincez pas la piqûre avec de l’eau douce (inutile donc de vous précipiter sous la douche de la plage) car cela aurait pour effet d’éclater les cellules restantes et de libérer le venin.
  • Ne sucez pas la blessure pour aspirer le liquide urticant.
  • N’appliquez pas d’alcool.
  • N’incisez pas la blessure, ne la faites pas saigner.
  • Ne posez pas de garrot.
  • La plupart des médecins déconseillent d’uriner sur la plaie en raison des risques de surinfection.
  • Ne touchez pas une méduse morte échouée sur la plage car les cellules urticantes continuent de piquer.
L'actualité "Nature" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Nature" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité