Erosion du littoral : "face à la nature, on ne peut pas lutter", sur la plage, des travaux spectaculaires de réensablement pour ralentir le phénomène

Comment préserver le "trait de côtes" ? À Carnon (Hérault), le sujet est sensible depuis que la mer grignote petit à petit le littoral. L'agglomération du Pays de l'Or et la ville de Mauguio-Carnon s'emploient à réensabler la plage. Des travaux coûteux, mais indispensables, qui doivent ralentir cette érosion inéluctable.

Le littoral méditerranéen est en danger. Montée des eaux, disparition du sable sur les plages, perte d'espace… La commune de Carnon et l'agglomération du Pays de l'Or doivent faire face depuis plusieurs années à l'érosion et à la submersion marine.

À Carnon, une des solutions envisagées est le réensablement de la plage. Cette plage perdrait entre 5 et 10 mètres de surface visible chaque année.

"Je pense que dans le temps, ça ne suffira pas"

Patrick Felou est l'heureux propriétaire d'une maison face à la mer. Depuis qu'il y habite, il observe impuissant le grignotage en règle du trait de côte. Il a vu les choses changer énormément, "surtout sur les parties gauches de la plage", précise-t-il. 

Les travaux, il en réclame depuis 14 ans. Le réensablement c'est une bonne chose, même s'il ne se fait guère d'illusion. "Je pense que dans le temps, ça ne suffira pas". Il ajoute : "Cela reculera le problème, mais je pense que dans les 30, 40 ans qui viennent il y aura un problème sur cet endroit, c’est évident".

Une plage particulièrement vulnérable

Cette plage, à la jonction d'une zone habitée et naturelle, est particulièrement vulnérable à l'érosion. C'est ici que le syndicat des communes littorales de la baie d'Aigue-Mortes a jeté ses forces dans, non pas une bataille, mais un accompagnement. "Par le passé, il y a eu une paillotte qui a dû déménager en cours de saison, ils avaient quasiment les pieds dans l'eau", déclare Yvon Borel, maire de Mauguio Carnon. Il continue : "On doit œuvrer avec anticipation pour les générations qui viennent et essayer de trouver toutes les solutions possibles". Les barrages et les digues ont pour vocation d'empêcher également le sable d'arriver sur les plages et les épis rocheux censés protéger les habitations.

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La dernière fois qu'un tel chantier a eu lieu, c'était en 2007. Sans ces travaux, la plage à cet endroit n'existerait peut-être plus. En achetant en première ligne, il y a 20 ans, Patrick Felou connaissait les risques.

Monica a balayé le réensablement des 10 derniers jours

Le sable dragué au large du grau du roi est acheminé par barge. Coût des travaux : environ 1,5 million d'euros, financés à 80 % par l'Europe. Le prix à payer pour entretenir cette plage qui accueille un million de personnes en pleine saison.

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Avec la tempête Monica, Patrick en a eu confirmation. "Ça a eu une énorme incidence", souligne-t-il. L'eau est montée jusqu'au bas de la dune située près de chez lui. Une grande partie du sable qui a été mis depuis 10 jours dans le cadre du réensablement s'est envolé. "Face à la nature, on ne peut pas lutter, on fait ce qu’on peut. La mer, elle va monter, l’érosion, elle se fait, on ne peut pas faire énormément de choses", conclut Patrick Felou.

Ecrit avec Laurent Beaumel.

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