Grève du 28 mars contre la réforme des retraites : incendie polémique près du dépôt pétrolier de Frontignan, participation en baisse dans les manifestations

Ce mardi 28 mars marque une nouvelle étape dans la contestation contre la réforme des retraites. Manifestations, blocages, perturbations des trains et avions… Nous faisons le point au fil de cette 10e journée nationale de mobilisation de Perpignan à Nîmes, en passant Montpellier.

Plus de 200 rassemblements étaient programmés et jusqu’à 900 000 manifestants étaient attendus ce mardi 28 mars 2023 un peu partout en France par le renseignement territorial, pour la 10e journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites. A Montpellier, Perpignan, Alès, Nîmes ou encore Béziers et Sète, les manifestants ont encore été nombreux mais la mobilisation a tout de même été moindre avec un nombre de participants en baisse. Du côté de Frontignan, un incendie s'est déclaré près du dépôt pétrolier, police et manifestants se rejetant la responsabilité.

Blocages, perturbations, manifestations… Retour dans cet article sur les principales informations à retenir.

Les actions du jour en Languedoc et Roussillon

17h45 : dans un tweet, le préfet de l'Hérault tacle le député LFI Sylvain Carrière qui avait accusé la police, "sous les ordres de Darmanin" d'être à l'origine d'un départ de feu près du dépôt pétrolier de Frontignan. Pour Hugues Moutouh, "dans un contexte de tensions sociales où les forces de l’ordre sont mobilisées pour protéger la population, les propos d’un député doivent refléter la vérité et ne pas faire écho à de fausses informations".

17h15 : déclarations entendues lors de la manifestation de Montpellier : "On en a marre d'être mis de côté alors qu'on est des citoyens comme les autres" (Adèle Choppé, secrétaire de la FIDL à Montpellier).

"Si on veut avoir un pays qui fonctionne il faut prendre soin de son peuple" (Julien, aide-soignant).

16h50 : la polémique enfle autour du départ d'incendie près du dépôt de carburant de Frontignan. "J'ai vu un départ de feu dû à un tir de lacrymo que j'ai éteint moi-même" écrit dans un tweet le député LFI Sébastien Rome. Un peu plus tôt, le préfet de l'Hérault avait rejeté la responsabilité de l'incendie sur les manifestants et condamné "cet acte irresponsable".

16h40 : dans le cortège de Nîmes, Michel, un manifestant : "on sera dans la rue toutes les semaines s'il le faut, jusqu'au retrait de la réforme".

Joëlle, une autre manifestante : "ils sont autistes, ça ressemble à un caprice. Je vois venir la radicalisation et les violences des deux cotés. Si j'étais plus jeune, je crois que je serais moins gentille".

16h15 : concernant la situation au dépôt pétrolier de Frontignan, la préfecture de l'Hérault semble rejeter la responsabilité de l'incendie sur les manifestants. "Des fumigènes retrouvés à proximité immédiate, le Préfet condamne fermement cet acte irresponsable de manifestants", écrit la préfecture sur Twitter, indiquant qu'une plainte allait être déposée.

15h45 : la situation est tendue aux abords du dépôt pétrolier de Frontignan, dans l'Hérault. Selon plusieurs témoins contactés par France 3 Occitanie, les forces de l'ordre ont tenté de déloger les manifestants qui bloquent l'accès au site. Les manifestants accusent les forces de l'ordre d'avoir tiré des grenades lacrymogène qui auraient provoqué un début d'incendie dans la pinède toute proche. Le député LFI Sébastien Carrière accuse la "Police, aux ordres de Darmanin" qui "se permet d'incendier notre garrigue pour tenter de préserver" la réforme des retraites.

15h30 : à Nîmes, plusieurs centaines de jeunes sont présents dans le cortège ce mardi. C'est l'une des nouveauté de cette dixième journée de mobilisation. 

15h25 : "en tête de cortège perpignanais ce matin, Béatrice Surjus, secrétaire générale adjointe de FO dans les Pyrénées-Orientales. "Cette réforme des retraites ne passera pas ! No passaran !" "Le mouvement est en train de se durcir, mais ce n’est pas la faute des organisations syndicales, c’est à la faute du gouvernement qui reste sourd à la rue." "S’il n’y a aucune réponse du gouvernement, le mouvement se durcira et nous remettrons en place des blocages pour bloquer l’économie. "

15h05 : à Nîmes, la manifestation a débuté. Le cortège s'est élancé des Jardins de la Fontaine. La Police nationale détaille le parcours sur Twitter : "boulevard Gambetta, Amiral Courbet, Esplanade, Feuchères. Des déviations sont mises en place en centre-ville, la circulation sera perturbée".

15h00 : à perpignan, une autre enseignante se mobilise, lasse de la multiplication des politiques menées par le gouvernement. "Je suis là parce que je vois autour de moi une misère que je ne supporte pas. On donne aux restos du Cœur. Quand on pense qu’aujourd’hui, il y a des gens qui ont travaillé toute leur vie qui n’arrive pas à manger à leur faim parce qu’une fois qu’ils ont payé le loyer, ils n’ont plus rien. Les jeunes aussi, quand on refuse de voter à l’Assemblée le repas à un euro pour les étudiants… On est rentrés dans une misère qui va loin."

14h55 : Ugo Brunelle, lycéen en terminale, manifestait avec l’association Jeunesse militante alésienne ce matin : « Cela nous concerne tous. Parce que la retraite concerne tout le monde, y compris nous les jeunes qui allons plus tard travailler et servir le mieux qu’on peut, je l’espère, la société. »

14h45 : À Perpignan toujours, un ancien enseignant, désormais retraité, ne décolère pas. 
« Au lieu de 37 ans et demi, j’en ai fait 42. J’ai fait cinq ans de plus que ce que je devais faire, et j’ai vraiment galéré. Alors je me mets à la place de mes gamins qui vont en faire encore plus, et je trouve ça insupportable. En plus, la manière dont ça a été fait est vraiment honteuse. On n’est plus en démocratie, on n’est même plus en République, ce qui est beaucoup plus grave".

14h35 : Dans le cortège de Perpignan ce matin également, une ancienne fleuriste qui se réjouit d’avoir pu prendre sa retraite à 62 ans : « Ce n’est pas pour moi que je suis là, c’est pour mes pour mes enfants, mes petits-enfants et puis pour tous ceux qui ne peuvent pas manifester. Il faut qu’ils retirent cette réforme. A 64 ans, on est usés (…) Je ne veux pas ça pour mes enfants. »

Ça devient n’importe quoi. On tape sur les vieux, on tape sur les jeunes. Macron est complètement hors-sol, il ne comprend plus du tout que la France va mal.

Une ancienne fleuriste, dans le cortège de Perpignan.

 « On est trop sage. Il s’en fout de ça (…) Il faut peut-être bloquer Paris, essayer d’être un peu plus visibles. »

14h15 : Enedis confirme une coupure d'électricité survenue à Montpellier aux alentours de 13 heures. Selon l'opérateur 2700 foyers ont été privés d'électricité suite à une "coupure volontaire" en marge de la journée de grève et de manifestations contre la réforme des retraites.

Vers 14 heures, suite à l'intervention des techniciens d'Enedis, 500 foyers avaient pu retrouver du courant. 2200 "clients" restaient privés d'électricité. 

Enedis affirme "respecter le droit de grève" mais "condamne fermement" un acte qualifié d'"illégal". L'opérateur indique qu'il va porter plainte.

13h30 : dans la manifestation à Perpignan, Lydie Solsona, fille et petite-fille d’immigrés espagnols, enseignante de lettres modernes : "je suis en colère ! C’est une colère qui est mêlée de désespoir, d’amertume. Une colère due à une injustice flagrante. On est gouvernés comme au Moyen-âge. Pour moi, c’est un monde médiéval où les grands seigneurs, ce sont les groupes du CAC40. On est gouvernés par des gangsters au niveau national et international. On ne reconnait plus le monde dans lequel on a été enfants, les valeurs que nous ont transmis nos parents".

13h10 : la préfecture de l'Hérault communique les premiers chiffres de la participation : 

Montpellier : 10 000 personnes (contre 18 000 le 23 mars),

Béziers 3 000 personnes (contre 5800 le 23 mars),

Sète 1400 personnes (contre 3000 le 23 mars),

Clermont l'Hérault : 1000 personnes,

Bédarieux : 800 personnes,

Lunel : 200 personnes,

Ganges : 150 personnes.

13h05 : une équipe de France 3 Occitanie était présente ce mardi matin dans la manifestation à Alès. Elle a interrogé Patrick Lapanne, secrétaire général CGT cheminots Alès – Cévennes. Il en est à 27 jour de grève contre une « réforme injuste ». « Les cheminots sont toujours autant déterminés et on ira jusqu’à la victoire. » 
Sa motivation ? « Cette injustice ! Ce sont les travailleurs et les travailleuses qui payent les pots cassés. Ce n’est pas acceptable. Dans un pays aussi riche que la France, il y a d’autres moyens pour financer les retraites. »
Sa détermination ? « La solidarité de la population est énorme. Les caisses de grève nous aident à tenir dans le temps. C’est fini de reculer. Les acquis sociaux, on les garde et on en prend d’autres. 
« On ira jusqu’au retrait de la réforme ! »

Au sujet d'Emmanuel Macron : "À un moment donné, il va céder, ce n’est pas possible ! Avec pratiquement 90% de la population active qui est contre ce projet, à un moment donné, il faut arrêter."

12h45 : il est l'heure d'un premier bilan pour la manifestation de Perpignan. La participation semble être en légère baisse. La préfecture a recensé 5000 manifestants ce matin contre 7500 jeudi 23 mars. 

12h30 : la préfecture du Gard donne les premiers chiffres concernant la participation aux manifestations du matin. Elle a recensé 3000 manifestants à Alès et 800 à Bagnols-sur-Cèze. Pour rappel, les services de l'Etat avaient compté 4000 manifestants à Alès et 1500 à Bagnols-sur-Cèze le 23 mars dernier.

12h15 : en ce nouveau jour de manifestation, la circulation des transports en commun est perturbée dans les grandes villes. A Nîmes, le réseau Tango informe de difficultés à partir de 13h30 cette après-midi. Les stations du centre-ville ne seront pas desservies. Des déviations seront mises en place.

12h10 : la police donne à son tour son estimation du nombre de manifestants à Perpignan : 5000 personnes. C'est trois fois moins que l'estimation des syndicats, qui revendiquent 15 000 manifestants.

12h00 : à Perpignan, les syndicats avancent un premier chiffre pour la participation à la manifestation contre la réforme des retraites : 15 000 manifestants revendiqués pour l'instant. Un syndicaliste prend la parole : "la richesse, elle est créée par les travailleurs et elle est accaparée par le patronat, les actionnaires et la finance".

11h45 : à Perpignan, la députée LFI Nathalie Oziol est venue soutenir les salariés d'Enedis en grève. "Les salariés appellent à ne rien lâcher et demandent le retrait de la réforme des retraites" explique l'élue de la NUPES, qui insiste : "La victoire est à portée de main".

11h30 : dans l'Hérault, la Police nationale informe sur son compte Twitter des perturbations du jour. "La circulation des véhicules sera fortement perturbée durant ces événements" indiquent les services de l'Etat.

Les manifestants se rassemblent place Zeus à Montpellier, dans l'Hérault.

La manifestation s'est élancée à Perpignan dans les Pyrénées-Orientales sous un grand ciel bleu. 

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A Perpignan, les manifestants se sont mis ne marche sous un grand soleil. ©Adeline Raynal / France 3 Occitanie

Le Parc du Lunaret à Montpellier restera fermé ce mardi, indique la ville sur les réseaux sociaux. 

Patrick Vignal, député de l'Hérault, plaide pour une "pause"

Interviewé ce mardi matin par Guillaume Roulland sur France Bleu Hérault, Patrick Vignal, député Renaissance dans la 9e circonscription du département, a plaidé pour une "pause" dans la mise en œuvre de la réforme.

Le débuté s'interroge : "Qui doit travailler plus longtemps ? C’est là le vrai débat. Les éboueurs, les carreleurs, les maçons, ceux-là doivent parti plus tôt. Cette loi ça doit être de l’agilité, du choix et à la fois de la fermeté." "Il n’est jamais trop tard dans la vie et en politique pour faire évoluer les choses", poursuit l'élu. 

"Il faut que chacun fende l’armure. Il faut que nous, on soit capables de tendre la main aux syndicats réformistes. Stand-by, pause, trouvez le mot que vous voulez, il faut que nous fassions un pas." Le député fait référence à la CFDT et son leader, Laurent Berger, qui appelle à une médiation pour trouver un "voie de sortie"

Les mobilisations programmées

Une source policière prévoit "un doublement, voire un triplement" de la présence des jeunes dans les cortèges, notamment mobilisés sur la question des violences policières, rapporte l’AFP. Combien seront-ils à défiler en Languedoc et Roussillon contre la réforme ce mardi ? De Perpignan à Uzès, près d’un vingtaine de manifestations sont programmées ce mardi.

Dans les Pyrénées-Orientales : Perpignan : 10h30 place de Catalogne, Prades : 14h30 allée de la plaine Saint-Martin. 

Dans l’Aude : Carcassonne : 14h30, au Square Gambetta, Narbonne : 14h30, au niveau du théâtre
Castelnaudary :
10h30, devant l’hôtel de ville. 

Dans l’Hérault : Bédarieux : 10h30 à la maison des syndicats, Béziers : 10h30 à la Bourse du Travail, Clermont-L’Hérault : 11h00, allées Salengro, Ganges : 11h30 devant la mairie, Montpellier : 10h30, place Zeus, Sète : 10h30 devant la  mairie, Lunel : 11h30, place de la République. 

Dans le Gard : Nîmes : 14h30 au jardin de la fontaine, Alès : 10 heures à la sous-préfecture, Bagnols-sur-Cèze : 10h30 au monument aux morts, Uzès : 10h devant la mairie, Le Vigan : en fin d’après-midi.

En Lozère : une manifestation intersyndicale est déclarée entre 15h00 et 20h00 à Mende. Le cortège effectuera un tour de ville à partir de la place Urbain V, empruntant les bd Bourrillon, Soubeyrand, allées Piencourt, et des Soupirs, allée Paul Doumer, Bd des Capucins, T. Roussel et retour place Urbain V, explique la police nationale sur Facebook

Perturbations sur le rail

La circulation des trains est "fortement perturbée" sur certaines lignes ce mardi, avec notamment 3 TGV sur 5 et 1 TER sur 2, indique la SNCF. Plus spécifiquement en Occitanie, le mouvement social national interprofessionnel perturbe la circulation des trains ce mardi sur les lignes suivantes :

Agen - Toulouse, Auch - Toulouse, Aurillac - Toulouse, Brive - Toulouse, Latour de Carol - Toulouse, Mazamet - Toulouse, Pau - Toulouse, Rodez - Toulouse, Rodez - Brive, Avignon - Pont St Esprit, Béziers - Clermont Ferrand, Carcassonne - Limoux, Avignon - Port Bou, Narbonne - Toulouse, Nîmes - Alès - La Bastide - Marvejols - Clermont Ferrand, Perpignan - Villefranche, Train Jaune. 

Vérifiez ici si votre train circule.

Perturbations dans les airs

En raison du mouvement de grève, des vols pourront être annulés ou retardés, annonce l’aéroport de Montpellier sur son site internet. La direction générale de l'aviation civile envisage une réduction des vols de 20% au niveau national.

Consultez ici le statut de votre vol au départ de l’aéroport de Montpellier pour savoir si vous pouvez voyager et à quelle heure. 

Perturbations dans les écoles

Quelque 30% des professeurs du primaire sont annoncés en grève ce mardi par le Snuipp-FSU, premier syndicat dans les écoles maternelles et élémentaires. Cette estimation, plus faible que la précédente, s'explique selon le syndicat par "les journées de mobilisation qui se succèdent et deviennent un sacrifice financier pour les enseignants".

Cependant, les écoles et des crèches resteront totalement fermées à Montpellier ce mardi 28 mars, d’autres ouvrent partiellement.

Retrouvez dans cet article les détails des établissements concernés.

Blocage des dépôts pétroliers

Lundi matin, environ 80 personnes ont mis ne place un barrage filtrant à l'entrée du dépôt pétrolier de Port-La Nouvelle dans l’Aude. Celui-ci a été levé à 11h30 par les forces de l'ordre. Le site avait déjà été bloqué du 16 au 24 mars, tandis que les manifestants ont également bloqué le dépôt de Frontignan dans l’Hérault pendant quelques heures, la semaine dernière.

A l’occasion de cette 10e journée de mobilisation, nous vous tiendrons informés de l’évolution de la situation sur ces deux sites stratégiques.

Pénurie de carburants

Lundi, la préfecture du Gard a annoncé prolonger les restrictions de carburants dans le département jusqu’au jeudi 30 mars 2023 inclus. L’achat de carburants est toujours limité à 30 litres pour les véhicules légers, à 120 litres ou 200 litres pour les véhicules de transports de marchandises selon leur taille.

Par ailleurs, il est toujours interdit de remplir des bidons et des jerricanes. Et certains personnels sont prioritaires dans un certain nombre de stations-service. Elles sont listées ici, tout comme les professions concernées

Le ravitaillement de stations-service est inégal dans la région. Retrouvez ci-dessous notre carte interactive qui permet de visualiser l'état des stocks. En cliquant sur un point de la carte, vous pourrez consulter les prix pratiqués. Les données sont mises à jour toutes les demi-heures, mais elles peuvent toutefois ne pas refléter exactement la réalité de la situation observée à la pompe.

La carte a été réalisée à partir des informations diffusées par le gouvernement sur le site prix-carburants.gouv.fr. Les stations où ni gazole, ni essence n'est disponible s'affichent en rouge. Sinon, il est précisé quel type de carburant est disponible en station.