Hérault : des chercheurs étudient l’agroforesterie afin de lutter contre le réchauffement climatique

Les recherches sur l'agroforesterie se déroulent dans l'Hérault, sur une parcelle située à Restinclières. / © V. Banabera / France 3 LR
Les recherches sur l'agroforesterie se déroulent dans l'Hérault, sur une parcelle située à Restinclières. / © V. Banabera / France 3 LR

A Restinclières, dans l’Hérault, se trouve le plus vaste et le plus ancien domaine expérimental en agroforesterie d’Europe. Mais qu’est-ce que l’agroforesterie ? Nous avons rencontré des chercheurs. Ils nous expliquent le concept et les bienfaits de cette pratique agricole peu connue.

Par Olivia Boisson


Restinclières se situe à quelques kilomètres de Montpellier, dans l’Hérault. Vous ne le saviez peut-être pas mais la commune abrite un domaine d’agroforesterie de 50 hectares. Le plus vaste et le plus ancien d’Europe.
 

Depuis 2016, l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) étudie l’association de l’arbre et de la culture. Cette agriculture spécifique mélange la sylviculture, la culture céréalière et l’élevage. C'est le cœur de l’agroforesterie : elle représente toutes les pratiques agricoles qui intègrent l’arbre dans un environnement de production tout en s’inspirant du modèle de la forêt.
 

Mesurer les effets des changements climatiques


Marie Gosme est chercheuse en agroforesterie à l’INRA. Elle étudie l’impact des arbres sur le micro-climat et les cultures. Lorsque nos journalistes la rencontrent, elle installe de grandes bâches au-dessus d’une parcelle de terre.
 

La culture va recevoir moins de pluie sous la bâche, et nous pourrons faire la différence entre la parcelle avec pluie et celle sans pluie.


Marie prive d’eau une parcelle contenant des pois protéagineux d’hiver. Grâce à cette technique, elle pourra mesurer les effets des changements climatiques, synonyme de réduction des pluies. La parcelle de pois est entourée d’arbres, des noyers.
Guillaume Blanchet accompagne Marie dans ces recherches. Il réalise une thèse sur le potentiel d’adaptation des cultures en agroforesterie.
 

L’objectif de la recherche est d’évaluer le potentiel de l’agroforesterie pour faire face à des épisodes de sécheresse en ce qui concerne la culture. Le micro climat de l’arbre va-t-il être bénéfique à la culture ou au contraire, l’arbre va-t-il prélever l’eau au niveau des racines et entrer en compétition avec la culture ?
 


Des milliers de mesures au quotidien


Les chercheurs collectent des milliers de mesures chaque jour. La chaleur, l’air, la qualité du sol ou encore le niveau d’ensoleillement, rien n’est laissé au hasard. En parallèle, ces parcelles sont exploitées depuis 22 ans par Henri Breton, un agriculteur héraultais. Il vient régulièrement constater la maturité de ses pois protéagineux d’hiver car la récolte approche. Il croit en l’agroforesterie.

Il y a une synergie entre la céréale et les arbres. Les arbres font de l’ombre et maintiennent de l’humidité tout en arrêtant les grosses chaleurs. Ils font également office de filtre vis-à-vis des nitrates et des produits phyto-sanitaires.


Pour ces chercheurs, l’agroforesterie est un chemin vers une agriculture durable et un moyen de lutte contre le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité.
C'est aussi une source d'économie pour les agriculteurs :
les noyers qui entourent la parcelle étudiée seront vendus, quand ils seront matures, entre 800 et 1.000 euros l’unité.


Reportage de Thierry Will, Valérie Banabera et Elvira Diaz.
Dans l’Hérault, des chercheurs étudient l’agroforesterie afin de lutter contre le réchauffement climatique
A Restinclières, dans l’Hérault, se trouve le plus vaste et le plus ancien domaine expérimental en agroforesterie d’Europe. Mais qu’est-ce que l’agroforesterie ? Nous avons rencontré des chercheurs. Ils nous expliquent le concept et les bienfaits de cette pratique agricole peu connue. - France 3 LR

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