VIDEO. Malgré la baisse des ventes, les vins biologiques affichent leur optimisme au salon MillésimeBio de Montpellier

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Le salon MillésimeBio, grand rendez-vous des viticulteurs et des acheteurs de vins biologiques a ouvert ses portes au parc des expositions de Montpellier. Et la filière se veut optimiste. Si le tassement des ventes de vins en France les concerne aussi, les vignerons passés en bio assurent tirer toujours leur épingle du jeu. Rencontre avec Guillaume Compagnon, Pierre Guyon et Maxime Calas, trois jeunes viticulteurs convaincus de faire le bon choix, pour leur avenir et celui de la planète. ©C.Alazet / L.Florentin / F.Paul-Paslier / C.Calmels/ FTV

Le salon MillésimeBio, grand rendez-vous des viticulteurs et des acheteurs de vins biologiques revient à Montpellier. Et la filière se veut optimiste. Si le tassement des ventes de vins en France les concerne aussi, les vignerons passés en bio assurent tirer toujours leur épingle du jeu.

L'Occitanie est le premier vignoble biologique de France. Elle compte deux fois plus de viticulteurs bio qu'il y a cinq ans. Dans un contexte de baisse de la consommation de vin et d'inflation, la culture biologique du vin continue de séduire les jeunes vignerons, convaincus que l'avenir est dans cette façon de travailler la terre, sans pesticides.

De jeunes viticulteurs militants

Assis derrière le stand de sa coopérative, dans le corner du salon MillésimeBio réservé aux jeunes vignerons, Guillaume Compagnon fait déguster ses premières cuvées bio. Il a repris l’exploitation familiale il y a 10 ans, et poursuivi la conversion en bio d'une partie de ses vignes, commencée par son père.

"J'ai deux exploitations, l'une en conventionnel et l'autre en bio. J'apprécie vraiment de travailler mes vignes en bio. Il faut plus anticiper, s'adapter au climat, qui change d'une année sur l'autre. J'envisage d'ailleurs d'aller plus loin, vers la biodynamie. J'étudie les possibilités pour l'instant", explique en souriant le jeune viticulteur de Laudun dans le Gard.

Dans le stand d'à côté, Pierre Guyon, lui aussi jeune viticulteur à Laudun, est sur la même longueur d'onde : le label bio pour l'instant, la biodynamie plus tard.

C'est une autre façon de travailler, je passe plus de temps dans mes vignes mais j'y suis bien, alors ce n'est pas un problème. Mon père travaillait déjà comme ça et je n'ai jamais envisagé de cultiver autrement qu'en bio.

Pierre Guyon, viticulteur à Laudun

Dans la cave coopérative où il apporte son raisins, 10% de la production est en bio. 55 hectares supplémentaires terminent leur conversion en bio cette année et 20 autres hectares viendront s'ajouter en 2024.

Une filière toujours en croissance

Dans l'ensemble du vignoble français, si les conversions en bio ont marqué le pas l'an dernier, c'est aussi parce que les années précédentes ont atteint des niveaux records de conversion, selon Sudvinbio, l'association organisatrice du salon MillésimeBio.

En 2021, les conversions ont quand même augmenté de 23%, selon l'Agence Bio, l'agence française pour la promotion et le développement de l'agriculture biologique. Le vignoble bio français s'étend sur 90 300 hectares et, toujours en 2021, la filière a dépassé les 1,2 milliard d'euros. La France est d'ailleurs devenue, en terme de surfaces cultivées, le premier vignoble européen. Et l'Occitanie, la première région bio d'Europe. 

Il y a 30 ans, pour le premier salon MilésimeBio, il y avait une quinzaine de vignerons pour à peu près autant d'acheteurs. Aujourd'hui, nous avons 1 500 exposants et nous attendons 10 000 visiteurs sur les trois jours du salon.

Nicolas Richarme, directeur de Sudvinbio, organisateur du salon MilésimeBio 2023

Dans les allées du salon, aux côtés des jeunes vignerons, des vétérans : 87 des 1472 exposants sont en bio depuis plus de 30 ans, convertis avant même la création du salon. Et, nouveaux comme anciens le disent : pas question de travailler la terre autrement.

Rares sont les convertis par seul intérêt commercial, parce que la valorisation du vin bio est meilleure que celle du vin traditionnel. Ici, c'est la conviction qui l'emporte : les pesticides sont nocifs pour la nature et pour l'homme, il est plus que temps de s'en passer.

Un intérêt bien compris par les autres alcools, invités à participer au salon MilésimeBio depuis trois ans: bières, cidres et spiritueux affichent eux aussi de plus en plus souvent le label AB sur leurs étiquettes.