Mardi gras : le "Karnaval des gueux" de Montpellier interdit de manifestation par mesure de sécurité

Comme chaque année, un arrêté préfectoral vient d'interdire la manifestation du "Karnaval des gueux" dans le centre-ville de Montpellier qui est annoncée pour ce mardi 21 février. Le préfet met en avant le caractère illégal du rassemblement et les troubles à l'ordre public des années passées.

L’arrêté préfectoral signé ce lundi interdit la manifestation du mardi 21 février 2023 (18h00) au mercredi 22 février (5h00) dans le centre de Montpellier, dans un périmètre comprenant les secteurs Ecusson, Gare Saint-Roch et Plan Cabanes.

"Le rassemblement illégal du "Karnaval des Gueux", préparé de manière clandestine en l’absence de toute concertation avec les services de la préfecture et de la mairie, génère tous les ans des troubles à l’ordre public (recherche de l’affrontement avec les forces de l’ordre, incendies de poubelles, dégradations de biens publics et privés, consommation excessive d’alcool sur la voie publique…)" explique la préfecture de l'Hérault dans un communiqué.

En raison du risque avéré de troubles à l’ordre public, le préfet de l’Hérault Hugues Moutouh a décidé, par arrêté, d’interdire la manifestation non déclarée du «Karnaval des Gueux» qui est annoncée le mardi 21 février 2023 dans le centre-ville de Montpellier.

Hugues Moutouh, préfet de l'Hérault.

Communiqué de presse du 20 février 2023.

Sécurité et trouble à l'ordre public

Le Karnaval réunit chaque année plusieurs centaines de participants autour du Peyrou. Les carnavaliers représentent des gueux, des pauvres et des mendiants qui déambulent en guenilles avec impertinence envers les passants. Mais la politisation du mouvement s'est souvent soldée par des débordements, des incivilités voire du saccage et des arrestations, comme ce fut le cas en 2017, 2018 et 2019 en fin de manifestation.

"Certains groupuscules d’ultra-gauche détournent la liberté de manifester en vue de constituer des attroupements dont les seuls objectifs sont de troubler la tranquillité publique, se livrer à des dégradations et agresser les forces de l’ordre. Participer dans ces conditions à un tel attroupement constitue un délit" affirme Hugues Moutouh, préfet de l’Hérault.

Pour prévenir les débordements de la manifestation qui a lieu chaque année malgré l'interdiction préfectorale, des mesures spécifiques sont mises en place.

  • La consommation et le transport d’alcool sur la voie publique, ainsi que la vente à emporter de boissons alcoolisées seront interdites dans les mêmes conditions de lieu et de temps. 
  • Un dispositif spécifique de maintien de l’ordre sera mis en place, avec l’appui des CRS, pour faire respecter ces mesures d’interdiction.

Tout contrevenant à cette interdiction s’expose aux sanctions pénales prévues aux articles 431-3 et suivants du code pénal : 6 mois d’emprisonnement et 7.500 € d’amende pour les organisateurs, et une contravention de 4ème classe (135 euros) pour les participants.