Mois sans tabac en Occitanie : un an après, que sont-ils devenus ?

Arrêter de fumer, la décision est plus facile à prendre à plusieurs. L’année dernière cinq personnes originaires de la région Occitanie avaient participé au défi du Mois sans tabac, nous les avions suivis. Un an après, que sont-ils devenus ?

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Illustration © P LAPOIRIE/Maxppp
Ils s’étaient donné le mois pour arrêter de fumer. Yoanna, Steven, Sarah, Clémentine et David avaient décidé de relever le défi. Tous avaient tenus le mois complet. Mais ont-ils tenu un an ? Nous avons cherché à les recontacter, Steven et Clémentine nous ont répondu. Un an après, retour sur une expérience qui peut parfois changer une vie.
Steven, 27 ans, fume, ou plutôt fumait, depuis l'âge de 13 ans. Soit la moitié de sa vie. Il a arrêté l’année dernière, avec l’opération « Mois sans tabac ». Aujourd’hui la cigarette c’est du passé pour lui.

Je ne me vois plus du tout entrer dans un tabac pour m’acheter un paquet de clopes.

 

Deux craquages


Au cours de l’année, Steven a craqué deux fois.

"Au nouvel an, j’en ai vraiment eu envie, et je me suis laissé tenter en me disant que ce serait la seule cigarette que je fumerais cette année."

Et pour l’instant, il a réussi. Son deuxième craquage concerne la cigarette électronique. Steven est un fumeur « plaisir » comme on dit. Et pour lui l’été a été très difficile.

On sort avec les potes, il fait beau, on fait des barbecues, alors forcément pour moi l’envie reprend, on voit ses potes fumer aussi.


Steven reprend alors la cigarette électronique. Celle qui l’a aidé à tenir au début. Seulement il réduit le dosage. De 0,6 milligrammes de nicotine, il passe à 0,3 milligrammes. Il fumera quotidiennement jusqu’à la moitié du mois de septembre. Maintenant, il se contente de sortir son « électronique » le week-end.
 

L’entraide


S’il a tenu, c’est principalement grâce à l’entraide. Tous les jours pendant un mois, Steven publie sur la page Facebook des Occitans sans tabac un sondage, avec plusieurs choix : "Je tiens le coup même si j'y pense parfois", "Je tiens le coup sans même y penser", ou bien "J'ai craqué". Son défi, tous les jours cocher la bonne case, « je tiens le coup, même si j’y pense parfois ».
 

Que du positif


Finances, dépendances… toutes les raisons sont bonnes pour arrêter de fumer. Mais la santé, reste sans doute la meilleure des motivations.

Je dors beaucoup mieux, et surtout moi qui était sujet aux migraines, j’en avais environ trois au quatre par mois, là je n’ai plus rien. J’ai dû en avoir deux en tout, depuis que j’ai arrêté de fumer.

 

La cerise sur le gâteau



J’ai retrouvé le goût, lâche le toulousain, enthousiasmé ! La petite anecdote :

"Ma copine me fait toujours le même tiramisu, avec un ingrédient secret et j’ai toujours cherché ce que c’était, et là j’ai enfin trouvé ! Elle met une liqueur de cerise spéciale."
 

Une belle leçon de vie


Avec le recul, arrêter la cigarette, c’est la meilleure décision, que le jeune toulousain ait pris de toute sa vie.

Ca me donne de l’espoir pour d’autres choses, c’est une belle leçon de motivation. Je me dis maintenant que ce que je veux faire, je peux vraiment le faire.

 
En moyenne, Clémentine fume 15 cigarettes par jour. Ou plutôt, fumait. Pour son Mois sans tabac, plutôt que d’arrêter brusquement, cette étudiante avait choisi de réduire  progressivement sa consommation. Passant à deux ou trois cigarettes le premier samedi, une seule le dimanche. Puis plus rien pendant sept mois.
 

Plus rien pendant sept mois


Elle a tenu sept mois. Pendant ces « longs mois », la jeune fille a ressenti un gros manque, elle a d’abord compensé par la nourriture. Mais en quelque mois elle a pris six kilos. Alors elle décide de réagir et se met au sport :

J’ai essayé de compenser autrement, j’ai repris le sport, trois fois par semaine à peu près je faisais de la fitness.

 

Le stress des exams


Petit à petit, elle reprend, d’abord en soirée avec ses amis, puis lors des périodes d’exams :

"J’étais beaucoup trop stressée. Je ne pensais qu’à ça, alors j’ai repris régulièrement."

Aujourd’hui, l’étudiante fume entre quatre et sept cigarettes par jour. Si elle n’a pas réussi à arrêter, cette expérience lui aura permis de réduire sa consommation.
 

Sept mois de souffrance


Quand elle regarde en arrière, novembre 2017 lui parait bien loin :

«  Pour moi ces sept mois ont été synonyme de souffrance, j’y pensais tout le temps, après manger surtout », la clope indispensable pour Clémentine.
« A la fin j’avais du mal à dormir carrément », ajoute-t-elle.

Jamais sans ses clopes


Clémentine le sait, elle est dépendante à la cigarette. Elle ne sort d’ailleurs jamais sans un paquet, « surtout quand je vais voir des amis, je fume beaucoup plus en présence de gens. »

Même si Clémentine a vraiment envie d’arrêter, aujourd’hui elle ne sent pas prête à « revivre ces sept mois de souffrance ». Si elle retente l’expérience, elle se fera aider, elle en est sûre.
 
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