Montpellier : des policiers formés par la SPA pour appréhender la maltraitance animale

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Pendant trois jours, à Montpellier, la brigade d'enquête de la SPA forme des policiers à reconnaitre des animaux maltraités. Ils apprennent aussi à agir en conséquence.

Chaque année à l'approche de l'été, des milliers d'animaux sont abandonnés en France. En 2019, 16 894 chats, chiens et autres rongeurs ont été laissés sur la route des vacances. D'autres ne sont pas délaissés mais maltraités.

Un phénomène qu'il faut prendre en compte et auquel les policiers de Montpellier sont en train d'être formés.

Des cas graves détectés dans la région

En novembre dernier, un refuge horrifique a été découvert dans l'Hérault. Une dizaine de bêtes mortes ont été retrouvées dans un refuge animalier de Lunel, attachées au plafond. Certaines sont probablement mortes dans cette position. Une trentaine d’autres animaux, vivants, ont été saisis.

En février 2020, 14 chevaux sont retrouvés affamés dans le Gard. 

Pour lutter contre ces dérives, les policiers ne peuvent intervenir légalement que face à un flagrant délit pour interpeller directement les responsables de maltraitance.

Le pôle investigation de la SPA les accompagne, enquête et prend en charge les animaux. Or c'est aussi aux policiers d'assurer une part de travail. Un rôle que sont en train d'apprendre les équipes des brigades de Montpellier.

Une absence de formation initiale des policiers

Si les policiers sont de retour sur les bancs de l'école pour cette formation de trois jours, c'est parce que la maltraitance animale n'est pas mentionnée dans leur cycle de formation.

Le premier écueil concerne l'absence de sensibilisation pour les forces de l'ordre sur la maltraitance animale qui n'est pas dispensée dans les structures de formation initiale.  

Christelle Sollier responsable pôle d'investigation policière/SPA

Pourtant, les policiers sont confrontés régulièrement à des signalements d'animaux en détresse. Laurent Balsan, directeur de police municipale de Montpellier

service surveillance et environnement urbain, détaille : "On est surtout sollicités pour les maltraitances sur la voie publique, pour les animaux des personnes en errance. Et aussi sur les chiens laissés sans soins dans les balcons ou dans les voitures."

Ces situations se révèlent compliquées : il faut d'abord localiser le propriétaire et surtout obtenir son accord pour intervenir dans son espace privé. La formation permet de savoir comment agir pour traiter ces cas en toute légalité. 

Des maltraitances floues dans la loi

La maltraitance animale peut prendre plusieurs formes. Pourtant, aucun texte juridique ne définit précisément les contours de cette cruauté. Seul l'article L214-1 du code rural et de la pêche maritime indique : "Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce."

Ces besoins vitaux correspondent aux cinq libertés fondamentales du bien-être animal. A savoir : avoir à manger et à boire, ne pas souffrir de contraintes physiques, ne pas être sujets aux maladies, être libre d'exprimer le comportement propre à l'espèce, ne pas avoir peur.

L'abandon est quant à lui inscrit au code pénal et passible de deux ans de prison et 30 000€ d'amende.

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