Montpellier : les policiers se mobilisent pour dénoncer les propos de Christophe Castaner

Partout en France, les policiers ont prévu de se mobiliser ce vendredi 12 juin pour dénoncer les propos tenus par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. A Montpellier, à 12h, symboliquement, ils ont jeté à terre leurs menottes devant l’hôtel de police.  
Les policiers se sont rassemblés devant l'hôtel de police de Montpellier - 12.06.20
Les policiers se sont rassemblés devant l'hôtel de police de Montpellier - 12.06.20 © FTV - O.Boisson

C'est "en colère", que les policiers ont prévu de se mobiliser ce vendredi 12 juin. Lancée à l'appel du syndicat Unité SGP Police, cette mobilisation a pour but de dénoncer les propos tenus par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, lors d’une conférence de presse organisée lundi 8 juin.

 

On fait savoir à notre ministre que la coupe est pleine, on est arrivés au bout du bout,

 

confie Bruno Mengibar, secrétaire départemental Unité SGP Police de l'Hérault, syndicat majoritaire. 

 

 

Incompréhension

 

Ces derniers jours, plusieurs rassemblements contre le racisme et les violences policières ont été organisés en France, faisant écho à l'affaire George Floyd,  survenue aux Etats-Unis. 

Face à ce mouvement de protestation contre les violences policières, Christophe Castaner a annoncé plusieurs mesures. Notamment une "suspension systématique en cas de soupçon avéré d'actes ou de propos racistes".

 

 

Des propos qui ont immédiatement provoqué une vague d'indignation chez les policiers. "On attend qu’il revienne sur tout ce qu’il a dit, ces choses là on ne peut pas les entendre. La présomption d’innocence est pour tout le monde. On a les mêmes droits que les autres citoyens. Alors ses propos sont incompréhensibles. Il n'y a aucune comparaison à faire entre la société américaine et française. On ne comprend vraiment pas ce qu’il se passe", s'indigne Bruno Mengibar.

 

 

"On est à bout"

 

Gilets jaunes, Covid-19… "On est à bout depuis de nombreux mois maintenant. On a l’impression de n’avoir aucune reconnaissance de la part de notre gouvernement", exprime Joseph Galera, porte-parole du syndicat Alliance Police Nationale à Montpellier.

Alors c'est un geste symbolique qu'on souhaité faire les policiers. A 12h, ils ont déposé leurs menottes devant l'hôtel de police de Montpellier. 

 

Les policiers ont déposé leurs menottes devant l'hôtel de police de Montpellier.
Les policiers ont déposé leurs menottes devant l'hôtel de police de Montpellier. © FTV - O.Boisson

 

Par ailleurs, lors de cette conférence de presse, Christophe Castaner a également annoncé vouloir mettre fin à la méthode d’interpellation policière controversée de la "prise par le cou, dite de l’étranglement". Pour abandonner cette méthode, il a précisé que les policiers devaient disposer "d’autres moyens techniques d’interpeller". L’utilisation du pistolet à impulsion électrique (PIE) pourrait être une option.

 

On peut accepter l’utilisation du PIE, mais cela ne doit pas remettre en cause nos techniques d’intervention, 

 

précise Bruno Bartocetti, secrétaire régional Unité SGP Police de l'Hérault. Bruno Mengibar, de son côté crie à l'incohérence, "il ya pas si longtemps on nous parlait de supprimer le taser et aujourd’hui on veut le généraliser… Je ne comprends plus rien. On va où ?", s'interroge-t-il. 

 

photo d'illustration -
photo d'illustration - © FTV - O.Boisson

 

Premières discussions insuffisantes

 

Hier, les syndicats de police ont été reçus par le ministre de l'Intérieur, afin d'engager une discussion. "Il nous a surtout écoutés. Il semblerait qu’il soit prêt à revenir sur ses propos, on attend", précise Bruno Bartocetti. 

Suite à cette rencontre "insuffisante", les policiers de l'Hérault s'étaient rassemblés devant la préfecture de Montpellier à 19h30. Pour l'heure, ils attendent des réponses concrètes de la part de Christophe Castaner, sans quoi ils ont prévu de poursuivre le mouvement. 

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
police société sécurité manifestation économie social violence faits divers