Montpellier, première ville de France à adhérer au réseau international "La Ville des Enfants" initié par le sociologue italien Francesco Tonucci

Publié le
Écrit par Armelle Goyon

Rendre la ville aux enfants : c'est le leitmotiv de Francesco Tonucci. Le chercheur italien s'est rendu pour la première fois en France. Le maire de Montpellier a annoncé l'adhésion de la ville au Réseau International de la Ville des Enfants.

Des enfants qui jouent librement dans la rue. Seuls, sans surveillance et surtout sans entraves. Un rêve. Depuis quelques années, à cause de la circulation, des angoisses des parents, de la violence supposée, cette chose si naturelle relèverait presque de l'utopie.

Mais pas pour cet homme : Francesco Tonucci est un chercheur italien en psycho-pédagogie.

Prendre les intérêts et les jeux des enfants comme mesure de la conception de nos villes : Francesco Tonucci en a toujours été convaincu, c'est  LA solution pour créer des espaces urbains "heureux", respirables, accueillants et conviviaux pour tous. S'il s'agit bien d'une voie révolutionnaire, ce n'est pas pour autant une utopie, dit-il. Mais encore faut-il consentir collectivement à inverser l'ordre de nos priorités et à bousculer des préjugés profondément ancrés.

Son livre "La ville des enfants" a révolutionné la politique de la ville dans de nombreuses cités partout dans le monde. Et aujourd'hui, peut-être à  Montpellier.

"Francesco Tonucci est un grand penseur de la place des enfants dans notre société. Depuis que je suis maire, j'essaie de concevoir une politique publique pour une ville à "hauteur d'enfants". Je pense aux photographies de Robert Doisneau où l'on voit les enfants qui vont à pied à l'école. Ca a complètement disparu et il faut que l'on retrouve ça", explique Michael Delafosse, Maire de Montpellier.

La ville des enfants 

Construire la ville des enfants, un projet à Montpellier, une réalité à Fano en Italie sur les bords de l'Adriatique. Depuis 30 ans, sous l'égide de Francesco Tonucci, c'est toute une ville qui a décidé de franchir le pas. De devenir un laboratoire pour renouer avec la ville d'antan où existait la place des enfants. Un temps où le grand méchant loup, la peur et l'insécurité se trouvaient dans la forêt et non pas au coin de la rue.

Dans cette perspective, le projet de « ville des enfants », qui s’appuie notamment sur le point de vue des enfants en âge de fréquenter l’école primaire, est susceptible de bénéficier à l’ensemble de ses habitants. 


"La ville moderne doit avoir le désir et l'orgueil de redevenir le lieu de jeu des enfants. Quand les enfants retourneront dans les rues des villes, les villes seront sûres. C'est le paradoxe : on ne laisse pas sortir les enfants en pensant que c'est la rue qui est dangereuse alors que la rue est dangereuse parce qu'on ne laisse pas sortir les enfants", confie Francesco Tonucci, auteur de "La Ville des Enfants"

Réduire la place de la voiture, permettre aux enfants l'accès aux lieux publics, à la culture, au sport, aller à l'école tout seul. 

Une expérience menée depuis 30 ans en Italie et qui fédère 200 villes dans le monde pour construire des cités apaisées pour tous.

En adhérant officiellement au réseau de la Ville des Enfants, Montpellier s'engage à devenir à son tour un laboratoire comme Fano. Et devient la première ville française à franchir le pas.