Occitanie : les forains inquiets pour leur saison estivale, "le pass sanitaire c’est rédhibitoire pour la fête"

Après une courte reprise, le secteur forain craint de nouveau une chute de la fréquentation. En cause : le pass sanitaire, obligatoire depuis une semaine pour accéder aux gros sites, mais aussi l'annulation d'événements plus réduits.
Fête foraine en octobre 2020 (image d'illustration).
Fête foraine en octobre 2020 (image d'illustration). © maxppp Lionel Le Saux

L’été semblait plutôt bien commencer. Après un an sur courant alternatif, entre reprises et confinements, les mois de juin et juillet se sont traduits par une affluence "pas exceptionnelle mais agréable" sur les sièges des manèges et auprès des machines à barbe à papa. Mais "dès que les signaux sont revenus au rouge dans les médias, et que les annonces du gouvernement ont été faites, ça a été le toboggan, la catastrophe, la pente vertigineuse", déplore Stéphane Dubief, secrétaire général de la Fédération des Forains de France.

Le pass ne passe pas

Leur activité de loisirs est soumise au pass sanitaire, appliquée depuis le 21 juillet. Le QR code, preuve d’une vaccination, d’un test ou d’une immunité, est obligatoire pour accéder aux sites qui rassemblent plus de 30 stands et attractions, selon le protocole communiqué par le gouvernement.
Pour ce représentant du secteur, la conséquence est simple : "C'est l'abandon de l’affluence." "C’est rédhibitoire, ajoute-t-il. C’est vraiment contraignant. Pas pour le forain, mais pour les clients qui viennent, qui se disent : "On est fliqués."." D’autant que la mesure prévoit un contrôle du certificat, mais aussi d’une pièce d’identité".

Certains sites se sont adaptés et prévoient des postes de dépistage antigénique gratuit à l’entrée. C’est le cas à l’Europark de Vias-Plage ou au Luna Park du Cap d’Agde. Suffisant pour booster la fréquentation ? "Ça fait rentrer les gens au compte-goutte, doute le professionnel basé entre l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Les gens, quand ils voient que c'est trop long ou qu'on va leur demander quelque chose avec laquelle ils ne sont pas forcément d'accord, ils font demi-tour.".

Annulations d'événements

Autre inquiétude : l’annulation des petits événements, comme les fêtes votives, celles qui conjuguent habituellement manèges avec bal ou lâcher de taureau. Pourtant, leur taille réduite ne leur impose pas les mêmes restrictions "On se retrouve avec des municipalités qui disent : "Même avec le pass sanitaire, nous, on applique le principe de précaution. On est dans une zone un peu compliquée au niveau sanitaire, donc on ne maintient pas la fête." regrette-t-il.

L’an dernier, de nombreuses communes de l’Hérault avaient ainsi renoncé, au grand dam des forains.

Depuis un an, leurs manifestations se sont enchaînées. Elles se déroulaient encore en mars à Nîmes et à Béziers, ou en mai à Sète.

A l'heure où les départements touristiques du sud de la France connaissent une nouvelle flambée épidémique, leurs représentants envisagent à nouveau d’autres actions. Ils estiment ne pas se sentir écoutés par le gouvernement et préviennent : "On ne pourra pas supporter encore ces choses-là longtemps.".

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société loisirs sorties et loisirs économie