Poursuite du confinement : entre colère des opposants et soutien de députés et médecins

Le premier ministre a tenu un point d’étape du confinement, ce jeudi 12 novembre. Message principal : les règles du confinement restent inchangées. A Montpellier, restaurateurs et commerçants s’insurgent, tandis que certains députés de la majorité défendent la décision.
 
Le premier ministre a tenu une conférence de presse jeudi 12 novembre pour faire le point sur la situation sanitaire.
Le premier ministre a tenu une conférence de presse jeudi 12 novembre pour faire le point sur la situation sanitaire. © Ludovic Marin / AFP
Les règles du confinement resteront inchangées « au moins pour les quinze prochains jours », a annoncé Jean Castex lors d’une conférence de presse jeudi 12 novembre, estimant qu’ « il serait irresponsable de lever et même d’alléger le dispositif ».

Un allègement du confinement pourrait avoir lieu dès le 1er décembre si la situation sanitaire s’améliore, mais ces mesures seraient strictement limitées aux commerces et ne concerneraient ni les bars et restaurants, ni les salles de sport.

« Chaque jour passé met en péril nos commerçants »

Lourdement touchés depuis le début de la crise, les commerçants n’ont pas tardé à réagir à ces annonces. André Deljarry, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Hérault, a crié sa colère.
 
« Même si je comprends l’urgence sanitaire, chaque jour passé met en péril nos commerçants. Derrière des établissements, ce sont des vies entières que nous mettons en péril », a écrit l'entrepreneur dans un communiqué de presse. Le président de la CCI approuve les aides financières de l’Etat, mais estime qu’elles « ne peuvent combler le manque à gagner de ces mois cruciaux que représentent novembre et décembre ».
 

Une réouverture au 1er décembre est donc désormais impérative, sans quoi ce sont nos commerces que nous tuons !

André Deljarry, président de la CCI de l'Hérault

 
De plus, si les mesures étaient allégées au 1er décembre, elles seraient strictement limitées aux commerces, et ne concerneraient ni les bars et les restaurants, ni les salles de sport. « Quelle entreprise peut tenir sans espoir ? Quelle entreprise peut tenir sans chiffre d’affaires ? » demande André Deljarry.
 

« Si on relâche les mesures, des gens vont mourir dans les couloirs des hôpitaux ! »

Le médecin et député LREM Jean-François Eliaou, quant à lui, défend le prolongement du confinement : « On l’a vu au mois de mars, les mesures de confinement sont efficaces pour faire reculer l’épidémie. Et pour l’instant on n’a pas trop d’autre solution, même si l'espoir d'un vaccin est là, il est encore lointain ». 

Jean-François Eliaou s'appuie sur sa profession de médecin pour analyser la situation. Il alerte sur un nombre d’entrées en réanimation très inquiétant : « Les mesures du gouvernement n’ont pas pour but de ménager les médecins, elles ont pour but d’éviter que les gens meurent dans les couloirs des hôpitaux ! »

Pour le député, le but du gouvernement est de faire diminuer la circulation du virus rapidement afin que les fêtes de fin d’année puissent avoir lieu :
 

Si nous brisons trop tôt les mesures de confinement, on ne pourra pas faire nos courses de Noël et on ne pourra pas se réunir en famille. Il faut être responsable.

Jean-François Eliaou, médecin et député LREM

« On n'a presque plus de lits disponibles en réanimation »

Xavier Capdevilla, chef du service réanimation au CHU de Montpellier, évoque également une « situation très tendue » à l’hôpital. « Aujourd’hui en réanimation, je n’ai qu’une seule place pour un patient Covid et plus aucune place pour les patients non Covid », alerte t-il.

 

Xavier Capdevilla, chef du service réanimation au CHU de Montpellier; devant un patient atteint de défaillance respiratoire.
Xavier Capdevilla, chef du service réanimation au CHU de Montpellier; devant un patient atteint de défaillance respiratoire. © FTV


Le médecin insiste sur la difficulté de ce deuxième confinement : 

La deuxième vague est beaucoup plus importante que la première en Occitanie. Nous devons donc gérer plus de patients Covid, tout en continuant à accueillir les patients de la vie de tous les jours.

Xavier Capdevilla, chef de service réanimation au CHU à Montpellier

Au CHU de Montpellier, près de 60 % des opérations chirurgicales ont été déprogrammées pour faire face à l'afflux de patients. 
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