Santé : face à la pénurie de médecins, de nombreux services des urgences risquent de fermer à l'approche de l'été dans le Languedoc

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Les médecins urgentistes commencent à se faire de plus en plus rares. Montpellier, Perpignan, Bagnols... la liste des services des urgences menacés de fermer à l'été ne cesse de s'allonger. Explications.

En Occitanie, selon l'ARS, 98,3% de la population vit à moins de trente minutes d’un service d’urgence ou d’un médecin correspondant du SAMU.

Pourtant de nombreux services d'urgence menacent de fermer leur portes faute de personnel, ce qui n'augure rien de rassurant à l'approche de l'été, avec l'afflux touristique et les bobos des vacances.

Un système de santé atrophié à l'approche de l'été   

Au CHU de Montpellier, les effectifs sont loin d'être complets. Philippe Peretti, secrétaire général adjoint CGT de l'établissement, raconte : "Il manque 330 postes d'infirmiers et 170 aides-soignants. Le problème est vite réglé : 20% des lits sont fermés, quelques salles opératoires aussi et les collègues sont sur les rotules."

Le service des urgences de Montpellier n'a, quant à lui, pas prévu de fermer à l'été. Philippe Peretti pointe un autre risque.

Il a été évoqué de fermer les urgences de jour d'Agde mises en place pour l'été d'habitude et les urgences de Sète. Même si nous on ne craque pas, il va falloir faire du tri dans la gestion des patients.

Philippe Peretti, secrétaire général adjoint CGT CHU Montpellier

Le 17 mai dernier, les médecins urgentistes du CHU de Béziers manifestaient aussi leur dépit face à une situation qui se répètent dans la plupart des établissements : un manque de personnel qui provoque l'engorgement des urgences.  Les Biterrois demandent l'embauche de deux infirmiers, deux aides-soignants et un brancardier. Pour l'instant, la direction ne propose qu'un seul poste supplémentaire.

Les urgences des Pyrénées-Orientales et du Gard aussi sur la sellette 

A Perpignan, les patients affluent déjà même si le coup d'envoi de l'été n'a pas été donné. L'hôpital n'a pas les capacités pour gérer ce flux. Ce manque de moyens et d'effectif inquiète les équipes à l'approche de l'été. Les urgences risquent simplement de mettre la clef sous la porte.

Même décision pour la direction de l’hôpital de Bagnols-sur-Cèze, situé à une heure de route au nord de Nîmes :  le service des urgences pourrait peut-être fermer la nuit pour l'été. Interrogé par nos confrères de Midi Libre, Boris Vigne, représentant syndical à Bagnols, déplore : "C’est resté à l’état de rumeur pendant plusieurs semaines mais la menace de fermeture certaines nuits est bien réelle aujourd’hui."

L'Agence régionale de santé est consciente des problèmes à venir et indique dans un communiqué : "Des actions complémentaires sont nécessaires pour que le manque de professionnels de santé ne constitue pas un frein à l’offre de soins sur le territoire tout au long de la période estivale." L'ARS appelle ainsi à la mobilisation des acteurs de santé du territoire durant tout l'été.

"Les urgences, c'est pas automatique"

L'ARS de l'Occitanie lance une large campagne de communication pour aider à désengorger les services des urgences : "Les urgences, c’est pas automatique". Le service régional de santé détaille dans un communiqué : "La campagne se déroulera tout l’été pour favoriser en priorité le recours au médecin généraliste et aux dispositifs de régulation téléphonique avant de se rendre aux urgences."

L'Occitanie compte 39 sites d'urgences publics et 27 privés. Pour défendre leurs postes et tenter de trouver des bras supplémentaires, les syndicalistes de la CGT se réuniront devant la gare Saint-Roch de Montpellier le 3 juin. Ils espèrent alerter sur l'urgence de la situation et tiendront un bureau d'embauche.