Viols par surprise par un retraité niçois : des victimes témoignent devant la cour criminelle de Montpellier

Le violeur présumé, âgé de 67 ans à l’époque des faits, comparaît devant la cour criminelle de Montpellier depuis lundi 25 octobre pour "viols par surprise", une première en France. Deux femmes abusées ont aujourd'hui témoigné ; elles évoquent à chaque fois le même scénario.

Jack Sion, 74 ans aujourd’hui, se faisait passer pour un playboy de 37 ans. Sous le pseudonyme d’Anthony Laroche, architecte d’intérieur monégasque, il manipulait des femmes rencontrées sur Internet. Avant de les inviter chez lui.

A son domicile plongé dans le noir, les femmes étaient alors attachées au lit, yeux bandés, ignorant tout de la véritable identité de celui avec qui elles allaient échanger des rapports sexuels.

Le stratagème se répète : un scénario digne du roman "50 Nuances de Grey" – le consentement en moins. Au domicile de l’accusé, les enquêteurs retrouvent un carnet contenant près de 350 noms et descriptions de femmes. Si 3 d'entre elles ont porté plainte, elles pourraient être des dizaines, sinon des centaines, à avoir été victimes de la supercherie.

Des témoignages concordants

"La seule chose à laquelle j’ai pu me raccrocher, c’est sa voix", une voix rassurante, explique une des victimes devant la caméra de Brut. "Il m’a dit : va dans la salle de bain, déshabille toi, mets le bandeau et quand tu es prête, tu viens me chercher, je te ramènerai dans la chambre".

Dupée par ses belles paroles, elle se rend chez lui sans méfiance. Et ne s’aperçoit du subterfuge qu’à la fin du rapport, lorsqu’elle parvient à ôter son bandeau.

Le soir de la fête de la musique, la chambre est éclairée par les réverbères. Et l’homme qui se trouve à ses côtés n’a rien à voir avec Anthony Laroche, avec qui elle échangeait depuis déjà plusieurs semaines – y compris par téléphone. "Je suis avec un inconnu à qui je n’ai jamais parlé, et surtout à qui je n’ai jamais donné mon consentement.".

Devant la cour, deux femmes ont déjà pu témoigner. Elles ont décrit le même mode opératoire.

Une "peur de vieillir" ?

L’une des femmes victimes des manipulations de l'accusé n’a pas porté plainte, rapporte notre reporter présente au tribunal. Elle aussi trompée sur son identité, elle explique, une fois passés les sentiments de colère et de trahison, avoir "cherché à comprendre". Et décrit un homme "instable", rongé par la peur de vieillir et d’être seul, avec qui une relation d’amitié finit même par s’instaurer.

Une expertise psychologique a relevé hier que l'accusé était au contraire "un séducteur compulsif". 

Le verdict du procès, qui intervient après une longue bataille judiciaire visant à déterminer si les charges étaient suffisantes, devrait être connu dès jeudi 28 octobre.
Déjà entendu pour des faits similaires, Jack Sion n’avait jamais été poursuivi. Mais il encourt aujourd’hui jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

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