Etang de Thau : les conchyliculteurs victimes de la canicule et de la “Malaïgue” appellent à l'aide

L'étang de Thau. Image d'illustration / © Claudia Schillinger/creative commons
L'étang de Thau. Image d'illustration / © Claudia Schillinger/creative commons

La canicule des derniers jours et le manque de vent sont synonymes d'épisode de "malaïgue" pour la lagune de Thau. Conséquence, le manque d'oxygène et l'importante température de l'eau augmentent la mortalité des coquillages et déciment principalement les huîtres et les moules.

Par Fabrice Dubault

Les fortes chaleurs d’une durée et d’une intensité exceptionnelles conjuguées à l’absence de vent ont favorisé l’apparition d’un phénomène naturel connu, appelé la «Malaïgue» sur une partie de la lagune de Thau.

Il se caractérise par une coloration blanche de l’eau due à un manque d’oxygène (entre 0,05 et 2 mg/l observés) et une hausse de température de l’eau entre 28 et 30° observés.
Il provoque à ce seuil élevé, une mortalité de certains coquillages notamment les huîtres et les moules, mais aussi des poissons et des algues présents dans l’étang.
 

Les coquillages restent commercialisés sans restriction et peuvent être consommés sans danger

Des pertes de production pouvant aller jusqu’à 100 % sont observées sur le secteur Ouest de l’étang vers Marseillan et Mèze, pour les huîtres et toute la production de moules est impactée.
Le phénomène disparaîtra naturellement avec l’arrivée d’un vent suffisant et d’une baisse des températures, mais il a déjà notablement impacté les mas ostréicoles du bassin de Thau.
 
Etang de Thau : les conchyliculteurs victimes de la canicule et de la "Malaïgue" appellent à l'aide
La canicule des derniers jours et le manque de vent sont synonymes d'épisode de "malaïgue" pour la lagune de Thau. Conséquence, le manque d'oxygène et l'importante température de l'eau augmentent la mortalité des coquillages et déciment principalement les huîtres et les moules. - F3 LR - Reportage : A.Duffaud et R.Carayon
 

Des aides agricoles et des allègements de taxes


Face à l’ampleur du phénomène, la préfecture de l'Hérault a décidé de mobiliser le dispositif des calamités agricoles, qui fera l’objet dès cette semaine d’une enquête préliminaire pour constater les pertes de productions.
Le fond national de gestion des risques agricoles sera sollicité dans les meilleurs délais. Les producteurs sont invités à rassembler dès maintenant les éléments nécessaires aux déclarations de pertes de production.

Les organismes sociaux (MSA et ENIM) sont mobilisés. Ils faciliteront la prise en charge de cotisations ou/et autoriseront de facilités de paiement.
Les dossiers de prise en charge de cotisations, disponibles sur le site internet de la MSA Languedoc sont à adresser à la MSA avant le 31 août, sans attendre le classement en calamité agricole.

Les collectivités territoriales, le conseil départemental de l'Hérault et le conseil régional Occitanie ont annoncé qu’ils se mobilisent auprès des producteurs. Organisation du ramassage et élimination des déchets de production, prise en charge financière en lien avec l’Etat, facilités de paiement des redevances d’occupation du domaine public, exonérations de taxe, etc., seront étudiées dans les prochains jours pour accompagner les filières ostréïcoles et mytilicoles.

Le dispositif «agir ensemble» sera mobilisé rapidement pour accompagner les professionnels les plus en difficultés en lien avec les opérateurs bancaires et les organismes sociaux, afin de lisser les pertes de trésoreries et faciliter la reprise d’activité.
 

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