Sète : les opposants au parking souterrain de la place Aristide Briand dénoncent un projet à contresens de l'écologie

A Sète, face à la pénurie de zones de stationnement, la mairie prévoit de construire un nouveau parking souterrain de 300 places sous l'historique place Aristide Briand, au cœur du centre ville. Les opposants dénoncent un projet dépassé qui ne répond pas aux enjeux écologiques et de qualité de vie.

A Sète, presqu'île traversée de canaux au territoire géographiquement contraint, circuler en voiture peut parfois devenir une gageure. Avec 184.500 déplacements quotidiens et une fréquenation touristique en hausse constante qui s'étale désormais sur la quasi totalité de l'année, la mobilité y est devenue un véritable casse-tête, comme le soulignait il y a un an, un article du quotidien Les Echos. Trouver une place pour stationner relève souvent du défi.

A contresens de l'Histoire

D'où l'idée de la municipalité de construire un nouveau parking souterrain dans le cœur historique de Sète : la place Aristide Briand, communément appelée "l'Esplanade" par les Sétois. Un projet dont le coût est estimé entre 10 et 12 millions d'euros. Ses opposants le jugent à contresens des enjeux environnementaux et de qualité de vie actuels. Ils se sont mobilisés à deux reprises ces derniers jours, manifestant sur les lieux pour faire passer leur message :

Ça va augmenter le nombre de voitures sur les quais du centre ville pour accéder à ce parking. Et puis, il va y avoir 2 ans de travaux pendant lesquels on n'aura plus aucun endroit que nos enfants jouent et pour prendre un café en terrasse.

Une manifestante opposée au projet

Le cœur battant de la vie du centre ville

Aujourd'hui, la place Aristide Briand abrite plusieurs terrasses de bars/restaurants, un kiosque à musique, une fontaine, un manège, une aire de jeux pour enfants et de nombreux arbres. Il accueille aussi chaque mercredi une partie des étals du marché hebdomadaire, et ponctuellement des brocantes et autres événements culturels ou gastronomiques. 

Tout cela devrait disparaître le temps des travaux, qui devraient durer 2 ans et pourraient commencer au premier trimestre 2022. Si les commerces et le kiosque retrouveront ensuite leur place, le sort de l'aire de jeux n'est pas tranché et les arbres devraient être replantés en moins grand nombre. C'est ce que révélait récemment un article de nos confrères du Midi Libre.

Les parkings actuels saturés

Un mal pour un bien selon la municipalité, qui entend ainsi répondre aux besoins de stationnement accrus ces dernières années. Pour ce seul été 2021, la fréquentation des parkings existants a augmenté de 30% pour celui des Halles, de 11% pour celui sous le Canal et de 30% pour le parking des Trois-digues, aux abords des plages du Lido.

La navette fluviale, transport de demain ?

Mais pour les opposants, les voitures sont déjà trop nombreuses en centre ville. Ils préconisent des parkings extérieurs desservis par des navettes fluviales aux fréquences élargies (depuis le début du mois de mai, plus de 72.000 passagers ont emprunté la navette reliant le centre au parking gratuit du Mas Coulet en entrée de ville, et la navette avec Mèze via l'étang de Thau a transporté plus de 52.000 personnes). L'un des manifestants estime cette solution réalisable :

Sur l'entrée est, il y a de la place pour des parkings. Les canaux pourraient être utilisés pour du transport en commun navigable, il suffit de doubler ou tripler l'offre existante et de mettre en place des parkings extérieurs.

Un manifestant opposé au projet

Sans attendre le dépôt du permis de construire, ils envisagent des recours et se sont constitués en collectif. Ils sont soutenus par les opposants politiques à l'actuelle municipalité Divers Droite.

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