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Interdite, la battue au loup n'a finalement pas eu lieu dans le Lauragais

Une quarantaine d'éleveurs étaient présents ce samedi matin près de Ribouisse (11) pour cette battue au loup. / © Juliette Meurin / France 3 Midi-Pyrénées
Une quarantaine d'éleveurs étaient présents ce samedi matin près de Ribouisse (11) pour cette battue au loup. / © Juliette Meurin / France 3 Midi-Pyrénées

Ils avaient choisi le jour de la visite de François Hollande en Occitanie pour organiser une battue au loup dans l'Aude. Battue aussitôt interdite par la Préfecture. Les éleveurs de brebis ont finalement renoncé à leur projet, après avoir obtenu un rendez-vous avec François Hollande à Castelnaudary.

Par Laurence Boffet

Ils n'avaient pas choisi la date par hasard et comptaient bien profiter de la venue de François Hollande dans la région pour se faire entendre. Une quarantaine d'éleveurs de l'Aude se sont retrouvés ce samedi matin sur la commune de Ribouisse (11) dans le Lauragais, aux confins de l'Ariège et de la Haute-Garonne pour une battue au loup. Une battue illégale qu'ils comptaient maintenir quand même, malgré l'interdiction préfectorale. Les agriculteurs se sont finalement ravisés alors qu'une délégation de la FRSEA (Fédération Régionale des Syndicats d'Exploitants Agricoles) et des Jeunes Agriculteurs doit être reçue ce samedi après-midi à Castelnaudary, par le Président de la République en marge de sa visite. 

Depuis de nombreux mois, les éleveurs de brebis de l'Aude, de l'Aveyron et de la Lozère dénoncent des attaques du loup sur leurs troupeaux. Après avoir bloqué le Viaduc de Millau cet été pour se faire entendre, ils avaient obtenu de la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, la création de brigades d'abattage, des brigades anti-loup qui viendront en appui des éleveurs touchés par les attaques.

Pour la FDSEA de l'Aude, à l'initiative de cette battue, il y a urgence à agir : "à cause du loup, l'élevage ovin est en danger sur notre département" insiste-elle dans un communiqué. " Les moyens de protection, prévus dans le cadre du Plan Loup ne sont pas adaptés" au sytème de production extensif et de plein air, selon elle et "ils ne permettent pas une réelle protection des troupeaux". Selon le syndicat, le loup officiellement présent sur le territoire du Razès depuis 2013 , aux confins de l'Aude et de l'Ariège, "a déjà coûté près de 90 000 euros en indemnisations de dommages et plus de 150 000 euros en moyens de prévention". 

Voir ici le reportage de Juliette Meurin et Jean-Yves Bascands :
Une battue illégale au loup finalement annulée dans le Lauragais
Ils n'avaient pas choisi la date au hasard et comptaient justement sur la venue de François Hollande pour se faire entendre. Des éleveurs du Lauragais avaient prévu une battue illégale au loup ce matin. Elle a été annulée au dernier moment, lorsqu'ils ont obtenu un entretien avec le Président de la République.  - Juliette Meurin / Jean-Yves Bascands
A l'appel de la FRSEA, une manifestation d'agriculteurs anti-loups est par ailleurs organisée ce samedi soir à partir de 19h30, à Rodez, dans l'Aveyron alors qu'une conférence d'information sur le loup est programmée à 20h00.

Les députés facilitent les tirs de loup en montagne

Le 12 octobre 2016, les députés ont adopté, contre l'avis du gouvernement, des amendements pour faciliter les tirs de prélèvement de loups dans les territoires de montagne en s'écartant du cadre juridique national et européen. Ces amendements adoptés à l'occasion du projet de loi Montagne précisent que "les moyens de lutte contre les grands prédateurs d'animaux d'élevage sont adaptés, dans le cadre d'une gestion différenciée, aux spécificités des territoires, notamment ceux de montagne". 
Les auteurs de l'amendement jugent que "le principe de protection stricte des espèces contenu dans la Convention de Berne et la Directive Habitats n'est plus adapté pour ces grands prédateurs qui nuisent aux systèmes d'exploitation agro-écologiques de notre pays". Le ministre de l'Aménagement du Territoire Jean-Michel Baylet a plaidé en vain que "la politique actuelle était équilibrée", rappelant que Ségolène Royal avait relevé de 12 à 36 le nombre de loups pouvant être tués chaque année, dans le cadre d'arrêtés préfectoraux.
En 2015, près de 9.000 bêtes, essentiellement des ovins, tuées par des loups ont fait l'objet d'une indemnisation. En 2015, l'Etat a versé 19 millions d'euros pour aider les éleveurs à se protéger du loup et pour les indemniser après des attaques de troupeaux.

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