Le nouveau centre du monde du surréalisme se trouve dans le Lot dans la maison d'André Breton

Le Centre international du surréalisme a été inauguré le 20 mai 2023. Il prend racine à Saint-Cirq-Lapopie, dans le Lot, dans l’ancienne maison de l’écrivain André Breton, créateur du mouvement. L’occasion d’y découvrir deux expositions surréalistes.

Salavador Dali, en 1965, avait décrété que la gare de Perpignan était "le Centre du monde ". Le centre de son monde à lui, surréaliste, dans lequel il aurait eu ses meilleures idées de tableaux.

Mais, depuis le 20 mai 2023, le Centre du monde des surréalistes se trouve désormais à Saint-Cirq-Lapopie, ville médiévale du Lot, dans laquelle une maison, perchée sur une falaise, devient le Centre international du surréalisme.

Elle fut, pendant quinze ans, la résidence d’André Breton, créateur du surréalisme, courant artistique et littéraire né à la fin de la première guerre mondiale.

Lorsqu'il vit la maison pour la première fois, l'écrivain la décrit comme « une rose impossible dans la nuit ». Impossible alors pour lui de « se désirer ailleurs ». 

Une « maison-poème » 

C’est en 1950 qu’André Breton découvre Saint-Cirq-Lapopie. Il fait de cette maison sa demeure, plus ancienne bâtisse du village. Le poète y accueille tous les étés, entre 1951 et 1966, ses amis, ses artistes, ses peintres et écrivains, qui baignent dans le mouvement surréaliste d’après-guerre.  

Rachetée par la commune en 2016, l’ancienne résidence d’André Breton devient, avec ce musée, « une maison poème », comme l’explique Clément Gaësler, conservateur du patrimoine. « On a voulu éviter toute formalisation, au sens poétique du terme », en proposant un lieu d’exposition évolutif, mais aussi un lieu de rencontre et d’accueil, pour des artistes et chercheurs en résidence.

Deux expositions à découvrir 

« Le surréalisme, c’est créer une réalité supérieure à la guerre et au malheur », affirme Laurent Doucet, de l'association « la rose impossible » responsable de la maison André Breton. 

L’imaginaire comme échappatoire à une réalité trop brutale. 

André Breton publie en 1924 le Manifeste du surréalisme, qui théorise le mouvement d'avant-garde. Pour lui, c'est une exploration de l'inconscient et de l'imaginaire, grâce au rêve. Il le définit comme « un automatisme psychique pur », une façon d'exprimer ses pensées sans filtre. Des artistes comme Dali, Miro, Magritte, Dora Maar ou Giacometti rejoignent le mouvement. Abstraites ou figuratives, leurs œuvres s'affranchissent de toute volonté et tendent vers une liberté et un lâcher-prise. 

Deux expositions sont à découvrir au Centre international du surréalisme. Une permanente, avec des œuvres d’après-guerre, à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. On peut notamment y découvrir une malle géante, avec différents objets, inspirés du cabinet de curiosité d'André Breton. 

L'autre exposition est temporaire et s'intitule « surréalisme et alchimie ». Rassemblant des œuvres plus récentes, elle s’achèvera au mois d’octobre.