Lot : dans les bacs de tri sélectif on trouve de tout, cadavres d'animaux, moteurs, produits explosifs ou du verre

De nombreuses incivilités ont été constatées par les agents du Syndicat Mixte d'Energies du Lot. Têtes de sanglier, bouteilles de gaz, pneus, radiateurs sont retrouvés dans les poubelles. Les centres de tri tirent la sonnette d'alarme sur une situation dangereuse qui dure depuis plusieurs semaines.
Il y a quelques semaines, une tête de sanglier a été retrouvée dans les bacs de tri sélectif dans l'un des centres du Lot. 2021.
Il y a quelques semaines, une tête de sanglier a été retrouvée dans les bacs de tri sélectif dans l'un des centres du Lot. 2021. © Syded Lot

"Nos agents sont à bout", s'inquiète Louis-Adrien Dubuc, responsable des centres de tri pour le département du Lot. Depuis quelques semaines, de nombreuses "incivilités" ont été constatées dans les bacs de tri sélectif de plusieurs centres du département.
Des bouteilles de gaz, radiateurs, pneus et même des cadavres d'animaux ont été retrouvés dans les poubelles. "Nous avons de plus en plus d'objets indésirables, lourds, depuis quelques semaines. Nous retrouvons souvent ce type d'objets dans les bacs de tri, mais depuis plusieurs semaines, la situation s'aggrave", regrette-t-il. 

"Une situation qui met en danger la sécurité et la santé des agents"

Après la découverte de ces objets, Louis-Adrien Dubuc, a donc souhaité tirer la sonnette d'alarme : "nos agents sont à bout face à toutes ces incivilités. Ces objets qui peuvent paraître lourds comme les radiateurs par exemple rendent difficile le travail de nos agents qui est déjà assez pénible."

Une situation qui peut être également très dangereuse pour la sécurité et santé des employés travaillant dans les centres : "nous avons retrouvé des bouteilles de gaz dans les bacs. Imaginez si ces bouteilles ne sont pas bien triées, cela peut entraîner un départ de feu. Nous avons également retrouvé des cartouches pleines qui peuvent à tout moment exploser !" 

Une cartouche pleine a été découverte dans les bacs de tri sélectif.
Une cartouche pleine a été découverte dans les bacs de tri sélectif. © Syded Lot

Déposer de tels objets dans les bacs jaunes et verts n’est pas anodin. Après avoir été collecté, le contenu des bacs est trié sur l’une des 3 usines du Syded. Et c’est là que le plus pénible commence pour les agents. Certes, les machines permettent d’effectuer un premier tri. Mais la plupart de déchets se retrouvent sur les tapis de tri. Imaginez le poids d’un radiateur ou l’odeur d’un cadavre d’animal qui a séjourné plusieurs jours à l’air libre…

Le Syded du Lot dans son communiqué.

Le responsable du centre de tri ignore la raison de ces "incivilités" qui se sont produites dans les trois centres dont disposent le département du Lot : "je ne comprends pas pourquoi il y a autant d'erreurs, nous avons la chance dans le Lot d'avoir de nombreux centres de tri qui sont bien desservis, tout cela ne devrait pas arriver", déplore Louis-Adrien Dubuc.

Une tête de sanglier retrouvée dans les bacs de tri sélectif 

Il y a quelques semaines, les agents des centres de tri ont fait une étrange découverte. Une tête de sanglier, photo à l'appui, a été retrouvée dans les bacs de tri sélectif. Ce n'est pas la première fois que l'équipe fait ce genre de rencontre : "nous avons déjà eu des cadavres d'animaux, des chats, blaireaux. Nous ne savons pas d'où viennent ces animaux. Ce n'est pas lié à la chasse, souvent ce sont des animaux écrasés sur les routes. Mais quand on voit que ces animaux morts sont mis dans les bacs de tri sélectif, on peut se demander s'il n'y a pas une intention malsaine derrière. Ce ne sont pas de simples erreurs. " 

Pour stopper ces incivilités, le Syndicat mixte d'Energies du Lot, le Syded, organise la semaine prochaine des opérations de porte-à-porte pour sensibiliser les Lotois. "Nous allons cibler les tournées et analyser celles qui peuvent poser problème. Il faut que les habitants du Lot comprennent que d'envoyer ce genre d'objets aux agents qui travaillent pour la collectivité est loin d'être un cadeau", conclut Louis-Adrien Dubuc.

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