Lot : un an après la mort de Morgan Keane, tué par un chasseur, les propositions de ses amies face aux sénateurs

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Écrit par Cécile Frechinos
Morgan Keane
Morgan Keane © Claire Dubray

Le 2 décembre 2020, Morgan Keane, 25 ans, décédait sous la balle d'un chasseur. Un an plus tard, ce 7 décembre, ses amies à l'origine du collectif "un jour un chasseur" ont exposé au Sénat leurs propositions pour sécuriser la chasse.

Le ton assuré et déterminé, elles ont livré leur analyse de la situation. Face aux sénateurs qui composent la mission de sécurisation de la chasse, Mila Sanchez et Léa Jaillard disent vouloir impulser le MeToo de la chasse. 

Ces jeunes femmes ont créé il y a un an le collectif "un jour un chasseur", suite à la mort de leur ami, Morgan Kean, tué accidentellement par un chasseur. 

Depuis 12 mois, elles collectent, compilent, rassemblent des témoignages et des photos d'incidents ou d'accident de chasse, partout en France. Une vingtaine par jour leur parviendrait.  

Et ce sont ces témoignages qu'elles sont venues livrer ce mardi 7 décembre 2021 au Sénat.

" Il y a un libération de la parole des ruraux. Le sentiment d'insécurité est grand à la campagne"

Mila Sanchez et Léa Jaillard face aux sénateurs

Une pétition de 120 000 signatures 

Si les jeunes Lotoises ont été auditionnées, c'est que leur engagement a fait grand bruit. Elles ont en effet lancé une pétition sur la plateforme en ligne du Sénat pour demander une meilleure réglementation de la chasse. Et celle-ci a recueillie plus de 120 000 signatures. 

Un chiffre record qui a permis de déclencher pour la première fois au Sénat, une mission conjointe de contrôle suite à la création d'une pétition en ligne. 

5 propositions phare 

Mila Sanchez et Léa Jaillard sont donc venues exposer aux sénateurs les propositions portées par leur pétition : 

  • Deux journées par semaine sans chasse, le mercredi et le dimanche
  • Une formation plus stricte et un renforcement des règles de sécurité, comme le passage de l’âge minimum pour le permis de chasse de 16 à 18 ans
  • Un plus grand contrôle et suivi des armes de chasse et des comportements à risque
  • Des sanctions pénales à la hauteur des délits commis par les chasseurs
  • Et enfin, la libération de la parole et la reconnaissance des victimes de la chasse par l’État

Pour renforcer leurs propositions les deux jeunes femmes ont martelé un chiffre. 428 morts en 22 ans. Ce serait le nombre de décès liés à la chasse d'après leurs données. 

Mila Sanchez et Léa Jaillard ont également fait savoir aux sénateurs qu'il y avait en France plus de 15 millions de ruraux. Dont 1 million de chasseurs. 

"Il y a tant de personnes dans ces campagnes qui nous disent ne plus oser se promener ou aller courir, il faut pouvoir se partager la nature"

Des mesures concrètes

Les deux jeunes femmes ont été interrogées par les sénateurs sur les mesures concrètes qu'elles souhaiteraient voir appliquer pour renforcer les mesures de sécurité qui encadrent la pratique de la chasse.

Ces dernières ont insisté sur la nécessité de créer un périmètre de sécurité autour des habitations. 

Aujourd'hui les armes ont une portée de 3 km et il n'y a pas de murs dans les forêts, il faut donc créer des distances de sécurité.

Léa Jaillard et Mila Sanchez

Les deux Lotoises ont également fait état de difficultés à rapporter les incidents de chasse. " Tout le monde se connaît à la campagne. Certains ont peur des représailles s'ils portent plainte à la Gendarmerie", a déclaré Mila Sanchez face aux sénateurs. 

Elle a donc proposé de créer des référents indépendants auprès desquels la population pourrait signaler ces incidents. Enfin, les deux jeunes femmes ont insisté sur l'importance d'apporter un soutien psychologique et financier aux victimes de ces accidents de chasse. 

Le rapport de cette mission sera rendu à l'été 2022.

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