Souillac : le projet de cité de la mode et du luxe validé, à la colère des riverains

Des riverains ont manifesté leur opposition au projet lors du dernier conseil communautaire. / © JP Jauze
Des riverains ont manifesté leur opposition au projet lors du dernier conseil communautaire. / © JP Jauze

La déclaration d'utilité publique d'une grande "cité de la mode et du luxe" à Souillac a été validé par le conseil communataire du Cauvaldor à Vayrac ce lundi 25 mars. Un gigantesque projet imaginé pour redynamiser l'économie, auquel s'opposent de nombreux riverains. 

Par Amy Mcarthur

Cité de la mode et du luxe, village des marques, pôle Tourisme-Shopping-Culture-Gastronomie... le gigantesque projet de la communauté de communes des Causses et vallée de la Dordogne (Cauvaldor) est toujours dans la phase conception, mais sa description est alléchante.

Ce projet immobilier et commercial pharaonique de 30 hectares et 130 millions d'euros d'investissement doit regrouper une centaine de magasins mais aussi un centre de formation, des restaurants et un hôtel 5 étoiles. Sorte de noyau du luxe dans un village de 3 700 âmes niché entre les causses du Lot et la vallée de la Dordogne. 

Son but est de redynamiser l'économie à Souillac, village où l'on a vu 60 magasins fermer depuis les années 80, où le centre-ville se vide petit à petit et où les habitants se sentent oubliés par les pouvoirs en place. 

Pourtant, le projet ne fait pas l'unanimité dans le territoire. Lors du dernier conseil communautaire à Vayrac, durant lequel a été voté la déclaration d'utilité publique du projet, une association de riverains a manifesté sa colère. 

Eric Marlot et Jean-Pierre Jauze étaient sur place : 
 
Souillac : le projet de cité de la mode et du luxe validé, à la colère des riverains

Le maire de Souillac défend son projet 

Face aux critiques des riverains qui le prennent à parti, le maire de Souillac Michel Sanfourche défend la cité de la mode et du luxe : "J'estime que c'est un projet qui est vital pour Souillac, on n'aura pas d'autres opportunités. Si on ne la saisit pas, on continuera à mourir notre belle mort," souligne-t-il, convaincu. 

Les riverains du quartier du viaduc Timbergues-Aubugues le sont moins. Elodie Rouzies est co-présidente de l'association de défense du quartier formée par des habitants quand ils ont eu vent de ce projet d'envergure. 

"C'est un projet non-viable et utopique, tout est dans la folie des grandeurs !" critique-elle. "Il y a 60 magasins vides au centre-ville. Pourquoi on ne les réinvestit pas, au lieu de construire un village des marques en périphérie ?" 
 

Elle voit une certaine hypocrisie dans un projet qui attirerait les visiteurs loin du centre-ville qu'il est censé redynamiser. D'autres inquiétudes portent sur les conséquences humaines, environnementales et  économiques sur le territoire. 

"La majorité du financement du projet viendra du privé, mais la communauté de communes devra quand même payer une partie. Les gens ont peur de voir leurs taxes augmenter," souligne-t-elle. 

L'association a créé une pétition en ligne qui compte à ce jour un peu plus de 100 signatures. 

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