Un plateau granitique, un parc naturel et une race de vache : découvrez l'Aubrac en Lozère

Au printemps 2018, l'Aubrac est devenu le 53ème parc naturel régional français. Le plateau volcanique et granitique valorise ainsi son patrimoine et ses traditions aux confins de la Lozère, de l'Aveyron et du Cantal. Le résultat de 15 ans de travail.
Le plateau de l'Aubrac, GR65 entre Nasbinals et Prinsuejols en Lozère- 31/07/2019
Le plateau de l'Aubrac, GR65 entre Nasbinals et Prinsuejols en Lozère- 31/07/2019 © Aurélie Audureau / MaxPPP
Quinze ans, le temps nécessaire pour faire travailler ensemble trois départements, situés à l'époque dans trois régions différentes (deux aujourd'hui : Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes).

A l'origine de ce combat, un enfant du pays, le Lozérien André Valadier.

Depuis toujours, cet éleveur, 86 ans aujourd'hui, lutte contre la désertification de ce territoire particulièrement enclavé.

Pour celui qui a porté le projet du Parc Naturel Régional Aubrac, il fallait absolument valoriser les richesses de ce territoire, sa nature, son agriculture et son artisanat.
 

On a réfléchi à ce que pouvait apporter une orientation vers le tourisme, vers l'artisanat, l'accueil ... Le panier de l'Aubrac contient des produits carnés de qualité, des produits laitiers, des spécialités culinaires, un couteau. Tout ça était issu du patrimoine et du troupeau et dans ce panier, il y a les moteurs de l'économie aujourd'hui.- André Valadier

Concilier protection de l'environnement et aménagement du territoire, développement économique et préservation du patrimoine, c'est la mission du parc naturel régional de l'Aubrac, 53 ème et dernier-né des parcs naturels français.
 

Un label qui attire les touristes...


Sur les chemins de randonnée, les marcheurs sont nombreux. Et enchantés par le paysage de ce plateau granitique et volcanique, situé à 1.300 mètres d'altitude.

Un paysage de silence et de solitude, particulièrement apprécié par les pélerins de Compostelle, comme vous pouvez l'entendre dans ce reportage d'Ophélie Le Piver et Yannick Le Teurnier.
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Le parc naturel régional de l'Aubrac, un label pour préserver et développer le territoire. ©F3LR /FTV


Chaque année, 20 000 marcheurs venus du monde entier, choisissent le chemin de l'Aubrac pour leur pèlerinage.

Un chemin, reconnu depuis 20 ans au patrimoine mondial de l'UNESCO.
 

Et valorise l'artisanat 


Dans ce territoire de 2 300 km2, le savoir-faire ancestral des couteliers a traversé le temps.

Le couteau de Laguiole, outil quotidien des agriculteurs et des éleveurs pendant des siècles, s'est aujourd'hui largement ouvert au grand public, basant son succès sur sa solidité légendaire.

Pour le président directeur général de "La Forge de Laguiole", Thierry Moysset, "le territoire de l'Aubrac a toujours eu son couteau et son couteau a toujours été le couteau de Laguiole.".
 

C'était un outil quotidien que les agriculteurs, les éleveurs, les gens en estives utilisaient en permanence. Vous avez toujours besoin d'un couteau pour manger, pour couper un ficelle, pour couper une branche. Donc en fait, le couteau était vraiment l'outil qui accompagnait les gens au quotidien.


La vache Aubrac, emblème du plateau


Qui de la vache ou du plateau a donné son nom à l'autre ? Sur l'Aubrac, les avis divergent...

Ce qui est sûr, c'est que la race petite, robuste et rustique convient parfaitement aux conditions climatiques du plateau du Massif central, comme l'explique Pierre Serre, qui élève 80 vaches pour leur viande.
 

Ici on est à 1300m d'altitude, on a des printemps froids et des automnes froids et c'est une vache qui supporte bien les températures basses, comme on les monte tôt au mois de mai, il fait souvent froid et c'est une vache qui garde un bon état corporel pendant cette période-là.


Avec sa robe fauve, ses yeux maquillés de noir et des cornes en forme de lyre, la vauche Aubrac est même l'égérie de la région.

Dans ce reportage d'Ophélie Le Piver et Yannick Le Teurnier, découvrez comment l'Aubrac, considérée comme dépassée et peu productive avait pratiquement disparu dans les années 70.
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La vache Aubrac ©F3LR /FTV

Une poignée d'éleveurs, dont André Valadier, décident alors de se battre pour sauver ces vaches emblématiques. Ils y parviennent grâce à un exigeant travail de sélection.

En 20 ans, le nombre de bêtes a doublé dans les troupeaux français : on en compte aujourd'hui plus de 230.000.

Synonyme de terroir et de qualité, la viande d'Aubrac séduit et correspond parfaitement au goût des consommateurs, pour ses qualités gustatives autant que pour son mode d'élevage.

Pour Yves Chassany, le président de l'association pour la sélection de la race Aubrac, "la viande rouge très vif, avec un persillé très marqué, donne un produit très goûteux mis en valeur par de nombreux chefs".

Et puis en même temps, aujourd'hui, le consommateur est soucieux des pratiques d'élevage et donc le fait que la race Aubrac pratique la transhumance, qu'elle aille à l'herbe au maximum donne aujourd'hui des garanties tout-à-fait élémentaires dans nos sociétés.


Prochaine étape cruciale pour la préservation du territoire, tant apprécié par les touristes, et la survie des élevages, la protection des lacs et rivières de l'Aubrac.
 
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