Meurtre de Patricia Bouchon : pas de traces ADN pour faire le lien avec l'accusé mais un comportement suspect

Des centaines d'analyses ADN ont été effectuées dans l'enquête sur le meurtre de Patricia Bouchon. Elles n'ont pas permis de mettre en évidence la culpabilité de Laurent Dejean. Ce dernier est jugé en appel pour meurtre devant la cour d'assises du Tarn.
Laurent Dejean dans le box des accusés devant la cour d'assises du Tarn à Albi. Devant lui, son avocat maître Chebbani. Juillet 2021.
Laurent Dejean dans le box des accusés devant la cour d'assises du Tarn à Albi. Devant lui, son avocat maître Chebbani. Juillet 2021. © Vincent Desplanche pour FTV

Un expert biologiste a témoigné au procès en appel de Laurent Dejean devant la cour d’assises du Tarn. Pendant près de deux heures, il a expliqué et donné les conclusions des nombreuses analyses réalisées pour l’enquête sur le meurtre de Patricia Bouchon. Les traces d’ADN souvent si précieuses dans les affaires criminelles n’ont pas permis de mettre en évidence la culpabilité de Laurent Dejean.

La joggeuse a disparu le 14 février 2011 à Bouloc vers 4h30. Elle a vraisemblablement été tuée route de Fronton à Bouloc sur un chemin privé où de nombreux effets lui appartenant ont été trouvés ainsi que d’importantes traces de sang. Son corps a été découvert le 29 mars 2011, soit 42 jours plus tard, à plus de 10 kilomètres de là, à Villematier. Il était sous un pont dans un fossé en partie immergé dans de l’eau et de la boue. Elle a été violemment frappée au visage et elle est décédée par asphyxie suite à un étranglement.

Des profils ADN masculins incomplets qui ne correspondent pas à Laurent Dejean

De nombreux prélèvements ont été faits sur les vêtements et sur les objets trouvés mais les profils ADN correspondent à ceux de Patricia Bouchon. Quelques profils ADN incomplets masculins ont été trouvés sur son tee-shirt et sur son soutien-gorge mais ils ne correspondent pas à celui de Laurent Dejean. Et ils n’ont rien donné quand ils ont été comparés avec les profils du FNAEG (Fichier National des Empreintes Génétiques).

-"Est-il possible, demande l’avocat général, que les scellés aient été contaminés avant de vous parvenir ?"
-"Je ne sais pas,
répond l’expert biologiste, mais cela existe". "Cependant, précise-t-il, quand il y a une contamination, le profil ADN est très beau et très complet".

Des vêtements ont été saisis aussi chez Laurent Dejean mais plusieurs années après la découverte du corps de Patricia Bouchon. Des pantalons, des vestes, des chaussures. Aucun profil ADN ne correspond à celui de la victime.

L'avocat général, Chantal Firmigier Michel et les avocats de la famille de Patricia Bouchon
L'avocat général, Chantal Firmigier Michel et les avocats de la famille de Patricia Bouchon © Vincent Desplanche

Maître Lena Baro, avocate de la famille Bouchon interroge l’accusé. Elle lui rappelle une question des gendarmes lors de sa garde à vue.

-"Quand on vous demande si on peut trouver des traces de votre ADN sur Patricia Bouchon, vous répondez : 'C’est impossible, je n’ai pas mis mon ADN sur son visage, je n’ai tué personne'. Pourquoi vous parlez de son visage alors que vous ne savez pas comment elle est morte ?"
-"Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça," répond Laurent Dejean.

Accusé du meurtre de Patricia Bouchon, Laurent Dejean a souvent fait des déclarations étranges pendant l’enquête. Elles sont devenues suspectes. La diffusion d’un portrait-robot en octobre 2013 avait déjà conduit les gendarmes vers ce suspect. Il n’existe pas de preuves matérielles.
En 2019, devant la cour d’assises de la Haute-Garonne, l’avocat général avait d’ailleurs demandé l’acquittement mais les jurés ont condamné Laurent Dejean à 20 ans de réclusion criminelle.

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