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Disparues de la gare de Perpignan : quatre victimes sur le chemin de Jacques Rançon

Illustration / © RAYMOND ROIG / AFP
Illustration / © RAYMOND ROIG / AFP

Elles sont quatre jeunes femmes à avoir croisé en 1997 et 1998 le chemin de Jacques Rançon, le tueur présumé de "la gare de Perpignan", qui comparaît à partir de lundi devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales.

Par OLC avec l'AFP

Voici les victimes présentées par ordre chronologique:
 

Babeth (*), 18 ans, la première victime

Rançon, sorti de prison à Amiens pour viol, est arrivé depuis 4 jours dans la région de Perpignan. Il veut mettre son passé loin derrière lui. Babeth rentre du travail. Le 10 septembre 1997, elle emprunte un pont peu après minuit quand elle est saisie par le cou, projetée contre la rampe du pont et ses vêtements arrachés.

"Laisse-moi te toucher, je ne te ferai rien, j'ai besoin de tendresse", lui dit son agresseur qui la maintient au sol. Elle se débattra et devra la vie aux voitures qui passaient par là. "Ne vous inquiétez pas, c'est ma femme et on se dispute", tentera-t-il de se dédouaner auprès de ces témoins. Elle décrira son agresseur comme un homme d'une quarantaine d'années, grassouillet, visage rond, accent du nord. Longtemps, l'enquête pour tentative de viol restera sans suite.

 


Moktaria Chaïb, 19 ans, tuée et mutilée le 20 décembre 1997 

Cette étudiante, après avoir dîné et regardé la télévision, quitte le domicile d'un ami pour rentrer à pied chez elle, dans une résidence universitaire. Son corps mutilé, les seins et les parties génitales découpés, est découvert le lendemain. C'est finalement une trace ADN sur sa chaussure droite qui permettra d'identifier Rançon en octobre 2014.

Et quand il avouera, à la sixième audition, il racontera avoir agi par "pulsion" et être "malade". Il précisera avoir mutilé la victime pour ne pas laisser de traces sur le corps. Il affirmera aussi que "c'est la première et seule fois" qu'il a commis un tel acte.

 

Jessica (*), 19 ans, laissée pour morte

Le 9 mars 1998, peu avant 21h00, Jessica attend son petit ami sous le porche de son immeuble. C'est alors qu'un homme l'accoste et lui demande de l'aider pour rejoindre son appartement au 2e étage car il se dit trop ivre. La jeune femme se méfie car elle ne l'a jamais vu. Mais l'homme se laisse tomber sur elle, sort un couteau, la blesse sous le sein gauche.


Elle tente de s'échapper, glisse. Lui, l'enjambe et quand il est sur le point de l'achever, des voisins interviennent. Elle décrit son agresseur: homme de 40 ans, yeux bleus, 1,65 m, dents en mauvais état. L'enquête ne donne rien.

Aller lui faire l'amour, la violer mais moi je dis faire l'amour


Le 15 octobre 2014, en apercevant dans la presse la photo de Rançon interpellé la veille pour le meurtre de Moktaria Chaïb, Jessica reconnaît son agresseur et alerte les enquêteurs. Il admettra l'avoir agressée parce qu'il était ivre. Il dira aussi qu'il avait garé sa voiture pour "aller lui faire l'amour, la violer mais moi je dis faire l'amour" car il n'avait "jamais eu de Noire".  


Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, l'auto-stoppeuse tuée

Cette jeune femme de 22 ans arrive en train le 16 juin 1998 à 21h02 à Perpignan. Elle dîne dans un établissement face à la gare. Puis elle part en stop avec ses deux valises entre 22H00 et 23H00. Elle voulait se rendre chez ses parents à Toulouges (Pyrénées-Orientales). Son corps atrocement mutilé, éviscéré, sans tête et sans mains pour empêcher son identification, sera retrouvé dix jours plus tard dans un terrain vague, jusqu'à six mois pour d'autres parties du corps. 


Rançon, qui venait de quitter ce même bar, a avoué avoir pris la jeune femme dans sa voiture et l'avoir conduite sur les lieux où le cadavre a été trouvé. Il a également reconnu le viol, le meurtre et les mutilations. Selon lui, il n'avait jamais croisé Marie-Hélène auparavant. Cependant, la mère de la victime travaillait avec la compagne de l'époque de Rançon. Et ce dernier a donné 50 francs (7,5 euros) pour une gerbe à l'occasion des funérailles.


(*): Prénoms d'emprunt

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