Drame de Millas : un TER a effectué la liaison entre Perpignan et Ille-sur-Têt pour la première fois depuis l'accident

Millas (Pyrénées-Orientales) - c'est le premier TER à effectuer la liaison Perpignan/Ille-sur-Têt depuis l'accident de car mortel - 21 mai 2020. / © F3 LR M.Tamon
Millas (Pyrénées-Orientales) - c'est le premier TER à effectuer la liaison Perpignan/Ille-sur-Têt depuis l'accident de car mortel - 21 mai 2020. / © F3 LR M.Tamon

La ligne SNCF entre Perpignan et Ille-sur-Têt a rouvert ce jeudi matin. Soit 2 ans et demi après la collision entre un TER et un car scolaire, qui a causé la mort de 6 enfants au passage à niveau de Millas. Les usagers de cette liaison réclamaient la réouverture de cette ligne depuis septembre.

Par Fabrice Dubault

30 mois après le dramatique accident de car scolaire à Millas qui a coûté la vie à 6 enfants, le 14 décembre 2017, un TER commercial a rallié ce jeudi, Perpignan à Ille-sur-Têt. Prévu en mars, puis reporté en avril et à nouveau reporté en mai, le redémarrage du trafic ferroviaire était attendu depuis septembre dernier.

Pour les usagers de cette ligne régionale des Pyrénées-Orientales, après des années de galère, c'est un soulagement. Même s'ils partagent la peine des familles des victimes, ils soulignent que jamais une ligne SNCF ne sera restée fermée aussi longtemps après un accident.

Enric Balaguer a repris le TER ce jeudi matin. Ce militant du transport ferroviaire, habitant la vallée, a été marqué, comme tout le monde, par la tragédie... mais pour lui, la reprise du trafic n'avait que trop tardé.
 

C'est difficile à dire dans ce cas précis, mais le train est un mode de transport plus sûr que le car ou la voiture, c'est aussi moins polluant. Il fallait donc que les trains recirculent sur cette ligne et que la vie reprenne normalement.

 
Millas (Pyrénées-Orientales) - les forces de l'ordre attendent le premier TER effectuant la liaison Perpignan/Ille-sur-Têt depuis l'accident de car mortel - 21 mai 2020. / © F3 LR M.Tamon
Millas (Pyrénées-Orientales) - les forces de l'ordre attendent le premier TER effectuant la liaison Perpignan/Ille-sur-Têt depuis l'accident de car mortel - 21 mai 2020. / © F3 LR M.Tamon

Pour les familles et les proches des 6 victimes décédées et des 18 collégiens gravement blessés, c'est l'émotion qui domine.
D'ailleurs, à leur demande, la SNCF et la Région Occitanie ont revu les horaires de passage des trains à Millas. Il n'y aura donc pas de TER aux heures de début et de fins des cours du collège.

Le père d'un des collégiens décédés dans l'accident a encore du mal à en parler et préfère mettre l'accent sur la sécurisation des passages à niveau.
 

C'est mon combat depuis la perte de mon fils. Le risque zéro cela n'existe pas mais il faut tout faire pour sécuriser au mieux les passages à niveau.


Pour certains élus, cette reprise du trafic ferroviaire aurait même pu attendre la rentrée scolaire de septembre.

Retrouvez tous nos articles sur le drame de Millas.
Millas (Pyrénées-Orientales) - des témoignages en souvenir des 6 enfants victimes de l'accident - 21 mai 2020. / © F3 LT M.Tamon
Millas (Pyrénées-Orientales) - des témoignages en souvenir des 6 enfants victimes de l'accident - 21 mai 2020. / © F3 LT M.Tamon


Une reprise progressive du trafic


Pour commencer, 6 allers-retours quotidiens sont programmés jusqu'à dimanche, avant de monter à 8 dès lundi 25 mai. L’offre sera alors équivalente à celle d’avant l'accident.
Seule la partie Perpignan/Ille-sur-Têt sera effectuée en train, des autocars assureront la jonction finale entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent.
 

Du côté de l'enquête, la conductrice du car scolaire est toujours mise en examen pour "homicides involontaires", concernant les 6 collégiens décédés. Elle continue d'affirmer que le passage à niveau était ouvert quand son car s'est engagé pour le franchir. Ce que conteste formellement la SNCF.

Selon le rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) publié en mai 2019, l'erreur humaine est à l'origine du drame.
Le scénario le plus probable de cet accident est "la non-perception par la conductrice de l'autocar de l'état fermé du passage à niveau malgré la signalisation en place", estime le BEA, qui a écarté un dysfonctionnement des équipements ferroviaires.
 

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