Gilets jaunes : Acte VI à la frontière espagnole

Des "gilets jaunes" ont appelé à bloquer le passage des camions aux frontières. Comme ici au péage du Boulou, au sud de Perpignan. / © A. Sabatier
Des "gilets jaunes" ont appelé à bloquer le passage des camions aux frontières. Comme ici au péage du Boulou, au sud de Perpignan. / © A. Sabatier

Les gilets jaunes avaient annoncé une grande manifestation à la frontière espagnole, au niveau du péage du Boulou, au sud de Perpignan. 

Par Olivier Le Creurer

Les forces ont freiné la mobilisation des gilets jaunes qui ont mis quelques heures à converger vers le péage du Boulou. De nombreux cars, 700 motards sont attendus au sud de Perpignan. En fin de matinée, plusieurs centaines de gilets jaunes étaient sur place dans une ambiance plutôt bon enfant. "Nous sommes des pacifistes," assure Dominique. 

A 11h, alors qu'ils étaient cantonnés à l'entrée de l'autoroute, les Gilets jaunes ont été autorisés à se positionner à hauteur de la barrière de péage par le Préfet des Pyrénées-orientales à condition qu'ils laissent passer les voitures et ne bloquent pas le passage des camions mais les ralentissent seulement. 

A 11h45, les manifestants occupent les voies de l'A9, désormais bloquée dans les deux sens. Les voitures passaient au compte-goutte. A 12h30, les poids lourds sont finalement détournés vers les routes nationales pour éviter d’emprunter l’autoroute A9
 


Avec Priscillia Ludovsky

Comme elle l'avait annoncé, Priscillia Ludovsky, figue emblématique des gilets jaunes, est venue soutenir le mouvement à la frontière espagnole : "Il faut être en région parce qu'il n'y a pas que Paris et il est important qu'il n'y a pas systématiquement de casse. Il n'y a pas de mot d'ordre parce qu'il n'y a pas de chef. Chacun fait ce qu'il veut mais maintenant ce serait bien que l'on soit entendu. 

Bloquer, c'est la seule façon qu'on a de se faire entendre parce qu'en tant que citoyen, on est rien apparemment. Ce serait bien que l'on soit plus entendu


Ici, il y a le symbole de l'Europe. Il y a un problème en France, en Europe, un problème de pouvoir d'achat. Si on n'est pas entendu en France, on sera peut-être entendu si on  a un écho en Europe. J'espère qu'un président qui se dit démocratique ne refuse pas un référendum, que ce soit le peuple qui décide. Mais quand on voit ce qui c'est passé avec le référendum chez les Catalans, on peut se poser des questions.

Bloquer, c'est la seule façon qu'on a de se faire entendre parce qu'en tant que citoyen, on est rien apparemment. Ce serait bien que l'on soit plus entendu."
 

 Vers 16h, les manifestants ont été chassés hors de l'autoroute à coups de gaz lacrymogènes et se sont massés sur un pont, jetant des objets sur l'axe routier. "L'autoroute est en train d'être nettoyée pour permettre la reprise normale du trafic", a précisé la préfecture. Peu avant 19h, l'A9 était de nouveau ouverte dans les deux sens.

Dans la nuit de vendredi à samedi, une dixième personne est décédée en marge du mouvement. Un automobiliste est mort après avoir percuté un camion bloqué à un barrage filtrant de "gilets jaunes", à l'entrée d'autoroute de Perpignan-sud.

Des "gilets jaunes" ont appelé à bloquer le passage des camions aux frontières. Des gendarmes ont ainsi débloqué vers 06H00 l'autoroute A63 à hauteur de Biriatou à la frontière entre la France et l'Espagne, où une cinquantaine de "gilets jaunes" bloquent des poids-lourds depuis trois heures du matin.

Des blocages ont également été signalés dans la nuit dans le Nord, sur les autoroutes A2 et A22, à la frontière belge.
 
 

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