Ligne TGV Perpignan/Barcelone : 2 fois moins de trains directs à partir du 11 décembre

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Le nombre de trajets aller-retour quotidien directs entre les gares de Perpignan et de Barcelone sera bientôt réduit de moitié. Passant de 4 par jour à 2, à partir du 11 décembre 2022. L'accord établi entre la SNCF et la Renfe espagnole, il y a 10 ans, avec l'ouverture du tunnel du Perthus a vécu.

La guerre du transport ferroviaire passager international fait rage en Europe. Et les compagnies nationales veillent à préserver leur pré carré. Malheureusement, ce sont presque toujours les usagers et clients qui pâtissent de ces situations complexes.

Pour exemple, la SNCF et la Renfe cesseront en décembre l'exploitation conjointe de la ligne à grande vitesse entre la France et Barcelone ouverte en 2013. Avec 4 TGV empruntant le tunnel du Perthus dans chaque sens tous les jours, la ligne ne fonctionnait qu'à 30% de sa capacité. A partir du 11 décembre, il n'y aura plus que 2 rotations par jour.

2 allers-retours directs par jour

Les seuls trains qui assureront désormais les liaisons directes entre Perpignan et Barcelone sont en fait des TGV SNCF roulant entre Paris et Barcelone via Perpignan.

Ces trains destinés à faire l'ensemble du trajet en journée, en 7 heures environ, sont donc programmés au départ des 2 gares en matinée.

Départs de Paris à 10h14 et 12h14, arrivées à Barcelone respectivement à 16h54 et 19h32 (avec un stop à Valence TGV). Ces TGV passant à Perpignan à 15h30 pour le premier et 19h32 pour le second.

Idem en sens inverse, avec 2 départs de Barcelone, à 8h15 et 9h10, donc passage à Perpignan à 9h37 et 10h45.

Des trajets 3 fois plus longs avec correspondance(s)

Aucun départ donc au-delà de 9h10 depuis Barcelone et avant 15h30 depuis Perpignan. Ce qui rend impossible de faire un trajet aller-retour direct dans la journée. C'est un gros handicap pour les voyages d'affaires notamment.

Reste les TER et les Intercités qui font plusieurs rotations par jour mais avec des correspondances à Gérone et/ou à Port-Bou. Mais le trajet est alors très long. Il faut compter entre 3h30 et 4h15 contre 1h25 pour les TGV directs.

RENFE n'a pas obtenu les liaisons demandées en France

Dans le même temps, la compagnie espagnole Renfe espérait obtenir l'autorisation de la France d'opérer 2 liaisons internationales avec ses trains AVE à grande vitesse. Une desserte Lyon/Barcelone et une autre Marseille/Madrid.

Les 2 trajets via Montpellier et Perpignan auraient permis 2 liaisons A/R de plus Perpignan/Barcelone et une Perpignan/Madrid.

Mais la compagnie espagnole, qui a pourtant déposé un dossier il y a plusieurs mois, n'a pas à ce jour obtenu d'autorisation de circuler sur le réseau français géré par SNCF réseau.

Le gouvernement de Catalogne espère trouver en 2023, un accord avec un opérateur ferroviaire pour relancer le marché entre Barcelone et l'Occitanie. "Nous souhaitons profiter de la libéralisation du ferroviaire pour développer une offre entre la Catalogne (Barcelone, Lérida, Tarragone et Gérone) et les principales villes d’Occitanie et de Catalogne Nord : Toulouse, Montpellier et Perpignan" expliquait en août 2022, Ricard Font, secrétaire général de la vice-présidence du gouvernement catalan, à nos confrères de l'Indépendant.

Sans parler de la rentabilité d'un tel projet et du coût très important du péage ferroviaire du tunnel du Perthus, il ne faut pas oublier que la construction de la LGV entre Perpignan et Montpellier ne sera pas achevée au mieux avant 2040 voire 2045. Le tout pour une facture astronomique de plus de 6 milliards d'euros.

Les réactions politiques

Pour le maire de Perpignan, cette réduction de service est un coup dur pour le cité catalane. Louis Aliot parlent même de "décisions qui contreviennent aux engagements nationaux et européens pour créer une véritable liaison ferroviaire entre France et Espagne de Paris jusqu'à Barcelone ou Madrid" dans une lettre adressée ce 25 octobre au PDG de la SNCF.

La situation s'aggrave pour une ligne déjà sous-exploitée à ce jour. Lors de son ouverture, une dizaine d'aller-retour journaliers était programmée. Le compte n'y est pas. La nouvelle réduction de la ligne trahit davantage les belles promesses initiales. Avec une liaison Perpignan-Barcelone en 1h20 au lieu des 44 minutes prévues initialement, et surtout aucun aller-retour possible dans la même journée, il est difficile d'y voir une quelconque volonté de développer économiquement le territoire.

Louis Aliot, maire RN de Perpignan.

Extrait d'un courrier du 25/10/2022 envoyé à Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF.

Il appelle Jean-Pierre Farandou à renouer la concertation et à organiser une rencontre sur le sujet.

Ce qui est vrai pour Perpignan, l'est aussi pour Montpellier. Car les TGV SNCF-RENFE supprimés s'arrêtaient à Montpellier. Et les 2 projets de liaisons RENFE vers l'Espagne devaient aussi y transiter.

"Un fiasco sur toute la ligne" comme le souligne l'ancien maire de Montpellier dans un récent tweet.

Philippe Saurel y voit même un mépris des pouvoirs publics pour Montpellier...

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